Les français doivent-ils se retirer?

Publié le par Ben

La cérémonie d'hommage s'est tenue dans la cour des Invalides, à Paris. Nicolas Sarkozy a épinglé la légion d'honneur sur les cercueils des dix soldats tués.


Bonjour à tous, mes très chers amis !

De nouveau à vos côtés pour parler de l’Asie, j’aimerais commenter le « sondage du jour » (puisqu’il en faut un !) paru dans le Parisien : 55% des Français sont favorables au retrait d’Afghanistan des troupes tricolores. Je ne sais pas si c’est parce que le Président de la République a fait un discours sur le sujet que les citoyens, par réaction, préfèrent dire le contraire ; mais pour une fois, je suis bel et bien d’accord avec la position Elyséenne.

 Dans le fond, beaucoup de mal a été dit de cette guerre, soit-disant illustrative de la stratégie géopolitique pétrolière américaine. Rappelons surtout le contexte qui a permis au conflit de voir le jour : le traumatisme du 11 Septembre, et la certitude absolue qu’il ne fallait laisser au terrible Ben Laden aucune possibilité de trouver un toit en des terres hospitalières.

Autrement dit, il fallait éliminer toutes les nations islamistes de la planète.

Cette façon de faire vous paraîtra peut-être malsaine. Mais la généralisation du terrorisme et son utilisation par un grand nombre d’Etats ne pourrait conduire qu’à l’anarchie générale, à la disparition de la notion même d’Etat. Par conséquent, il fallait répondre rapidement à la menace : nous avons envahi l’Afghanistan et chassé Ben Laden, le conduisant certainement à aller se réfugier… ailleurs.

 Certes. Mais imaginons maintenant (même si à titre personnel, je n’adhère pas à ces positions) que les motifs de cette guerre aient été beaucoup plus malsains. Qu’au fond, nos justifications officielles étaient fallacieuses et cachaient des intentions bien moins morales : les réserves pétrolières afghanes.

 Il n’empêche que nous y sommes allés ! Et que nous y sommes encore. Et quand bien même nous aurions menti aux peuples du monde, nous avons chassé les taliban et promis la démocratie aux Afghans. Je voudrais faire appel à vous, mes chers lecteurs. Pas à votre connaissance de la géostratégie ou des tactiques militaires : juste à votre bon sens. Lorsque l’on commence quelque chose, lorsque l’on promet quelque chose, lorsque l’on fait mal à quelqu’un pour son propre bien… n’est-on pas en devoir d’aller jusqu’au bout de ce qu’on fait ? De lui donner ce qu’on lui a promis, ce pour quoi il a souffert ?

Envahir un pays en lui promettant la démocratie et repartir parce que nous avons perdu des soldats, pardonnez-moi, mais c’est de l’irresponsabilité. Quelle crédibilité aurions ensuite face à la Russie, la Chine, l’Iran ? Qui demain, pourra incarner la vraie défense de valeurs humanistes, si ceux qui les appliquent ne sont pas en mesure de les défendre, ni de les apporter aux autres ? Refusent de combattre pour elles ?

 

 

Présence des Taliban : faible (gris), forte (rose) et permanente (rouge).

Mais plus encore, que se passera-t-il si nous abandonnons les Afghans à leur deuil ? Les taliban, déjà très proches de Kaboul, finiront par vaincre une armée officielle mal armée et peu expérimentée, dont la fidélité est encore chancelante. Nous nous retrouvons alors avec une République islamiste sur le dos, capable d’organiser des réseaux et d’armer des terroristes.

 Et ensuite, c’est à Paris, Londres, Rome, Berlin ou Madrid que le sang coulera.

L’idée du retrait est une idiotie et un non sens. C’est aussi admettre que nos soldats sont morts pour rien : voilà qui est, pour une démocratie digne de ce nom, fière de l’être et consciente de sa propre fragilité, inconcevable.

Nous ne gagnerons peut-être pas cette guerre : ce bourbier aura peut-être raison de nos meilleurs régiments. Mais abandonner trop tôt, c’est trahir notre identité.

Mais ceux qu’il faut réprimander sont sans doute ceux qui ont posé cette question. Car ce que tout bon citoyen humaniste et démocrate doit se demander, c’est plutôt de savoir comment nous traitons (et a fortiori les américains) nos prisonniers. C’est de savoir si la stratégie actuelle est bien la bonne, et si, plutôt que de se retirer, il ne faudrait pas revoir notre façon de lutter contre la guérilla. Voilà la vraie question.

Et n’oublions pas enfin, que ce conflit n’est pas qu’une guerre. Ce sont aussi des juristes, sociologues, politologues et autres, de nombreux pays, venus apprendre aux Afghans ce qu’est l’Etat de droit. Venus former les futurs fonctionnaires. Venus essayer de comprendre une société et lui greffer les germes de la démocratie, quand bien même ce pays reste divisé, belliqueux et complexe (Cf. guerres entre tribus et ethnies). Si faute de soldats, nous évacuons aussi ces gens là, alors le début du XXIè siècle débutera par une victoire des théocrates, des obscurantistes et des despotes.

 

Ben

(Remonté !)

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Publié dans International

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H
http://www.dailymotion.com/video/x52lzk_la-realite-afghane-par-eric-margoli_news
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S
Mon cher Benoît, Je profite de l'occasion de passer sur ton blog pour lire cet article sur la présence française en Afghanistan, sujet qui m'intéresse beaucoup, et aussi m'énerve, au regard du traitement des infos par les médias, à nouveau déplorable (victimisation omniprésente, sensationnel primordial).Mais cependant un truc me chiffone. Je te cite "Lorsque l’on commence quelque chose, lorsque l’on promet quelque chose, lorsque l’on fait mal à quelqu’un pour son propre bien… n’est-on pas en devoir d’aller jusqu’au bout de ce qu’on fait ? De lui donner ce qu’on lui a promis, ce pour quoi il a souffert ? "Est-ce que cependant, et pourtant ce n'est pas mon plus grand défaut d'être pessimiste, la France notamment en s'engageant s'est seulement rendu compte que cette lutte contre le terrorisme est une lutte sans fin, sans vainqueur ni vaincu ? Je suis persuadé qu'au final ces soldats, tout conscients des risques qu'ils étaient, seront morts pour rien.
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B
J'ai peur de ne pas avoir dit clairement ce que je pensais, juste au-dessus.En gros, pour moi, la question n'est pas la même.La question n'est pas : peut-on forcer un pays à la démocratie?Mais bien : Peut-on, EN FAISANT QUELQUE CHOSE AU LIEU DE NE PAS ARRETER CE QUE L'ON FAISAIT AVANT, abandonner un peuple à la dictature théocrate?Voilà... Je suis moi-même indécis, bien sûr. Mais j'ai choisi de prendre parti, aussi allergique suis-je de la diplomatie américaine.
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B
La véhémence de ton article me choque, houhou. Je ne suis pas un adepte du politiquement correct gnan-gnan, mais... bref. Je suis sans doute sur ce point, trop anglo-saxon... ou trop grec.C'est un peu comme la Chine et les J.O., ce débat là. Au fond, on s'est mis à critiquer la présence de la compétition chez nos amis de l'Empire du Milieu plusieurs années après la décision réelle. C'était trop tard, et il fallait laisser la place au sport, et cesser de donner mauvaise conscience à des sportifs qui s'y préparaient depuis des années, eux aussi.L'Afghanistan, c'est pareil. Ca pose la question, très théorique, qui est celle de savoir si l'on a le droit de forcer un pays à la démocratie. Du moins, c'est votre point de vue.Libre à vous de penser qu'une démocratie, même à l'étranger, ne vaut pas une guerre. Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire : nous nous sommes engagés dans un conflit, dans un pays, qui n'était pas le nôtre.Ta question, Gilles, est intéressante. Peut-on forcer un peuple à la démocratie? En fait, moi, je me poserait plutôt celle de savoir si l'on a le droit de l'abandonner à la dictature, alors même qu'on a les moyens de l'éviter.Si le peuple ne veut pas de la démocratie, alors celle-ci se tuera elle-même. L'histoire montre qu'il leur en faut bien moins que ça...Et maintenant que nous y sommes, nous avons un choix à faire. Ou bien laisser un régime SANGUINAIRE reprendre sa place et continuer à pendre haut et court tout contestataire. Ou bien continuer de lui résister, tout en sachant qu'on aurait jamais du commencer.Mais qu'on ne vienne pas, dans le même temps, reprocher à Nicolas Sarkozy de traiter avec les dictatures, ou ne rien faire officiellement pour le Tibet. C'est du même ordre. En gros : les affaires internes des autres, c'est pas les nôtres.Je sais que c'est plus grave, et qu'on parle de tanks, de missiles, de guerre. Je sais que l'on meurt, là-bas, que le sang coule. Mais réfléchissez bien à quoi peut mener votre raisonnement. Rappelez-vous aussi de ce que l'Histoire nous enseigne. De Juin 44 : étaient-ils obligés?Et demandez-vous quoi faire, si demain, les néo-fascistes prennent le pouvoir de l'autre côté du Rhin ou en Belgique. Vous contenterez-vous de froncer les sourcils?Et si ce n'est "pas pareil", quelle est la différence entre les allemands et les afghans?... C'est loin?
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H
Je ne veux pas être vulguaire. Mais je n'ai jamais lu un raisonnement aussi stupide. L'idée de dire ' j'y suis, j'y reste' est du n'importe quoi.Les USA se sont engagés tête baissés dans un conflit où la démocratie n'a jamais été un objectif. Nous sommes passés d'un règlement de compte entre les USA et Ben Laden en raison de la présence américaine en Arabie et nous voilà entraîné dans ce qui est considéré dans l'ensemble du monde musulman comme une croisade évangeliste. La présence française en Afghanistan est un accident de parcours. Vouloir y rester à tout prix est ni sensé, ni responsable. Il n'appartient ni à la France, ni aux usa de décider de l'avenir de l'Afghanistan.Persister dans cette voie, c'est faire le jeu des extrémistes de tout bord.Si la France se sent guidée par Dieu comme Bush pour répandre les valeurs occidentales. Dans ce cas bienvenue à la guerre sans fin en Afrique, asie et même russie.Vous délirez complètement et je vois que Bush a fait du bon boulot dans vos têtes. Vous considérez que la démocratie en France se défend à KAboul, hé bien engagez vous et allez aider les américains à massacrer les populations civiles.
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