LE RECHAUFFEMENT PAS CLIMATIQUE
Bonjour, mes amis !
N’ayant toujours aucune actualité nationale à me mettre sous la dent, si ce n’est, peut-être, l’intervention de F. BAYROU sur Europe 1 ce matin et les petites luttes intestines entre socialistes à La Rochelle, j’ai aujourd’hui décidé de vous parler de réchauffement climatique.
Rassurez-vous : je n’ai pas l’intention de prouver par a + b qu’il est débile de le contester. Celui qui, en occident, penserait encore qu’il ne s’agit que d’un « nouveau but d’existence qu’on créé les élites pour les classes basses de la société » (comme on l’entend de la bouche même de certains professeurs de Sciences Po…) ou que d’une « invention de scientifiques destinée à déstabiliser l’occident » ne peut être qu’un borné, ou un non-informé. Ou, ce qui est en général le cas, les deux. Des scientifiques ont tenté de prouver que la Terre avait des périodes de réchauffement naturelles, ce qui est entièrement vrai : mais jamais le monde n’a connu un changement d’une telle ampleur. Le réchauffement est cinq ou six fois plus intense et plus rapide que ce que nous avons jamais connu naturellement. Voici quelques graphiques tirés de Wikipedia, pour rappel.


Nous savons tous très bien quels enjeux sont derrière un tel constat : réchauffement général, tempêtes, ouragans, montée des eaux… Les premiers effets secondaires de la fièvre planétaire sont d’ores et déjà visibles ; il y a de nos jours deux fois plus de tempêtes aux USA que dans les années 1930. L’ouragan Gustave est là pour nous le rappeler douloureusement. Et les exemples, bien sûr, ne manquent pas.
Le problème présente sans doute deux aspects distincts. Il y a bien sûr les diverses catastrophes qui vont finir par nous retomber sur le nez, dues à la modification des courants de l’Atlantique Nord. Jusqu’à présent, ils nous garantissaient un climat tempéré et stable. Mais dans l’ouest de la France, on nous prévoit déjà un climat de tempêtes régulières et puissantes, avec à la clef quelques raz de marée et destructions sur les côtes. Les forces de la physique purgeront toujours les déséquilibres climatiques, et parfois, avec une grande violence.
Et puis, il y a l’aspect plus global, sans doute plus terrible encore. Avec la montée des eaux, des régions entières, autrefois civilisées, vont sombrer. Il s’agit bien sûr d’une catastrophe humanitaire, car cela privera des milliers de personnes de leur foyer et de leurs terres natales, à jamais. Mais je crois bien qu’hélas, il y a pire.
Car le véritable enjeu du réchauffement climatique est avant tout diplomatique. Il l’est dans la recherche de solutions (je vous en parlerai un autre jour), mais aussi dans la gestion des conséquences de la crise.
Il est extrêmement difficile d’imaginer un pays organisant sa propre évacuation, son propre décès, sans se plaindre auprès des autres.
« Se préparer pour le jour où notre pays n'existera plus est très douloureux, mais je pense que c'est ce que nous devons faire. »
Ces mots de Tong, président des Kiribati (petit Etat insulaire du Sud Pacifique gagné par les eaux) sont émouvants et sages. Mais qui dit qu’ils seront les mêmes dans la bouche d’un leader plus important, lui aussi impuissant en regardant sa nation couler ? En voyant sa culture disparaître ?
Qu’allons nous faire de tous ces « réfugiés écologiques », de plus en plus nombreux ? Un pays comme la Nouvelle-Zélande, en ce moment même, mène de front plusieurs négociations, afin de pouvoir accueillir prochainement les habitants des petites îles menacées de couler. Quelle contrepartie ont-il à offrir ?
Imaginons que cela se passe –et cela se passera – dans des parties extrêmement sensibles de l’Afrique. Il y a aura fatalement des conflits entre minorités, entre les réfugiés et les Etats. Que faire lorsque tous ces réfugiés réclameront leur droit de vote ? Lorsque des minorités, pour exister, décideront de prendre les armes ? Lorsqu’un pays, pour éviter la destruction, choisira de prendre les terres de son voisin ? On peut tout à fait imaginer aussi qu’une nation souhaitera protéger une minorité parce que leur pays était autrefois leur allié. Cela rappelle une situation bien tragique qui à l’époque, concernait un certain Empire Austro-Hongrois.
Ce qu’il faut bien comprendre, mes amis, c’est que la montée des eaux et la disparition de régions, ou de pays entiers perturbera profondément l’ensemble de la planète. Bien sûr, ce sera une tragédie pour ceux qui perdront leur « Chez moi ». Mais cela chamboulera aussi complètement les pays épargnés, avec à la clef, sans doute, des conflits sociaux ou culturels, mais aussi hélas, armés.
Dès lors, on comprend mieux pourquoi le prix Nobel de la Paix a été attribué à Al Gore. Je voulais simplement vous dire, aujourd’hui, que la menace n’est pas simplement climatique. Reste à savoir si la communauté internationale réagira ; sans doute a-t-elle, comme beaucoup, tendance à confondre le « sans précédent » avec l’improbable. Après tout, j’aurais pu écrire cet article au conditionnel…
Ben
PS : Je viens de rajouter le discours d’Al Gore sur VdG.TV. Je le trouve personnellement très beau…