Le Président et l'opposition : le rien contre le vide?

Publié le par Ben

Bonjour à tous, chers amis !

 

Que de polémiques sur l’Afghanistan ! Quelle question n’ai-je pas posée… Cela aura au moins eu le mérite de poser vraiment la question, et de vous mettre sous les yeux tous les arguments pour vous forger un avis.

Mais revenons dans nos frontières pour parler un peu de cuisine politique. Il y a, visiblement, une vraie question qui émerge de plus en plus dans le débat politique français. C’est celle de l’avenir du PS. Avec la Fête de la Rose, grand-messe socialiste, défilé de toutes les grandes personnalités du parti ayant pour ambition le Premier Secrétariat voire la Présidence de la République, nous pouvons avoir un aperçu de la machine politique et de son état d’esprit.

Il faut bien le dire, la situation politique française frise l’incompréhensible. Nous avons à la tête de l’Etat un gouvernement très impopulaire et mal aimé. Les français s’accordent pour dire qu’ils sont insatisfaits et déçus. Il y a un an précisément, « tout devenait possible » ; le retour à la réalité fut brutal. Il y a un an, les Royalistes et Bayrouistes étaient « rétros » et ne comprenaient rien à rien.


Et alors ?

 

Car assez paradoxalement, alors que tous les indicateurs, et en particulier le moral général, sont au plus bas, les français s’accordent aussi pour dire que l’opposition n’obtiendrait pas de meilleurs résultats (64% en Juillet, selon un sondage de l’IFOP). A cela, il y a une double explication.

 

En ce qui concerne le MoDem, il faut bien voir qu’il s’agit d’un parti qui est en cours de construction. De fait, il a pour l’instant très peu d’idées à défendre, et doit encore établir son programme. Les conventions du parti (voir vidéo) et l’Université d’Eté devraient peu à peu faire émerger un programme concret. Sans cela, l’étiquette de « nini » resterait définitivement collée au jeune Mouvement, et je serai l’un des premiers votants à refuser un parti qui se contente d’une posture. Mais pour avoir vu nos idées européennes s’épanouir lors de la Convention, je suis certain du contraire. La présentation du programme et des mesures CONCRETES sera sans doute déterminante quant à l’avenir du parti, à condition donc, qu'il finisse par sortir d'un silence qu'il ne mérite pas. Il a de vraies positions, des mesures réelles et simples à défendre. Si les ténors du parti se décident à bouger, évidemment...

 


 


La seconde explication est la situation désastreuse du PS. Embourbé dans des guerres de clans, empêtré dans les ambitions personnelles et les arrivismes de tout crin, il semble impossible de lui redonner une vraie vision. Cela fait près de 5 ans que le PS se contente de se définir négativement, « contre la droite », mais il n’a pas su rénover son propre message. Et pourrait-on confier la réforme du pays à quelqu’un qui ne sait même pas se changer lui-même ? De ce point de vue, le centre a réalisé un effort historique : celui de se décaler sur l’échiquier droite-gauche, et de s’ouvrir à une nouvelle génération politique, perdue depuis 2002.


Car c’est là, à mon sens, tout l’enjeu : le centre-gauche. Ce qui peut donner des fondations au MoDem, le rendre plus fort, est la « libération » par le PS de cet électorat, qu’il doit tenter de capter. Et c’est d’autant plus vrai qu’en ne trouvant pas de rassembleur, le PS exacerbe ses tensions internes, entre centre-gauche, gauche et gauche forte. Au risque sinon de la scission, au moins de désistements. Nul ne sait, à l’heure actuelle, si le PS est social-démocrate, ou socialiste comme autrefois. Quel est son rapport au marché. J’ai beau suivre leur actualité, je ne le sais pas moi-même (et pourtant, j’ai déjà plusieurs fois voté pour lui !).

 

Contrairement à ce que l’on dit, le flou n’est pas au centre, il est à ce que l’on considère comme la gauche : la gauche elle-même ne sait plus ce qu’elle est, parce que le PS ne sait pas quelle gauche il est. Parce que le PS ne sait plus ce qu'il défend ou récuse.

 

 

Les deux partis de l’opposition sont donc dans une situation de faiblesse historique, incapables de s’opposer véritablement au Président et de se présenter clairement aux français. L’exécutif est donc à la fois très libre d’agir, d’un point de vue politique, mais complètement coincé dans ses moyens à la fois économiques et médiatiques. Le Président est en train de se rabattre sur l’International et la mémoire nationale (comme ce fut le cas aujourd’hui à Maillé) pour, tout en ne rien faisant, récupérer des points dans l’opinion. En restant inactif, il est déjà remonté de 5-6 points depuis mai.

 

Depuis un an, la politique française est un désert (Cf pour mémoire, mon article sur Les Rois du Désert. Je reste persuadé que le travail silencieux du MoDem finira par payer.). Même l'UMP, premier parti français, menace de fermer des permanences tant son budget va mal...

 

Si on vous avait parlé de président doué pour l’international et peu entreprenant en interne il y a deux ans, cela aurait sûrement sifflé les oreilles de je-ne-sais-qui. Mais évidemment, le peuple oublie vite. Les Présidents, comme les slogans. Comme quoi, tout est possible.


 

Ben

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Publié dans Politique de Cuisine

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Ton billet, Ben, est dans l’air du temps. Alors que sonne la fin de la trêve estivale et que la rentrée n’est pas loin, nous serions comme placés dans un entre-deux. Une bien morne rentrée se profile, comme si notre pays n’avait plus d’allant.Un gouvernement qui ne semble plus avoir de prise sur le réel.Et, comme tu le soulignes, le paysage politique semble d’une atonie incroyable.Nos concitoyens, tout à leurs préoccupations, ne semblent plus avoir de prise sur leur destin. Et surtout c’est comme s’ils n’attendaient plus guère de l’opposition.<br /> Plus d’un an omniprésidence aura laminé notre pays. Beaucoup se sont résignés et camperaient dans la posture d’un "quatre ans encore à attendre".<br /> Mais quelles alternatives crédibles s’offrent à nos concitoyens ?Il est vrai que les oppositions ont du mal à se faire entendre comme telles.<br /> Ce Parti socialiste où l’on se jauge avant La Rochelle et surtout dans la perspective de Reims. Un parti actuellement tout à la lecture des 21 motions qui ont été déposées.Au passage, je ne partage pas tout à fait ton point de vue par rapport au positionnement idéologique du PS ; dans sa déclaration de principes (article 6), ce parti reconnaitrait enfin du bout des lèvres la social-démocratie. C’est certes timide, mais c’est une avancée qu’il faut souligner et qui personnellement me satisfait.<br /> Et ce Mouvement Démocrate que l’on aurait tendance à croire aux abonnés absents. Un travail silencieux est en cours, ça ne se voit pas encore. C’est un sacré défi pourtant qui mobilise les énergies.Réflechir à un programme, c’est un peu comme s’il y avait trois temps à appréhender en simultané :- L’immédiat, c’est le temps où on est capable de réagir à l’actualité (point très perfectible)- Le moyen terme, c’est le programme de 2012 dont il convient de jeter les bases.- Le long terme, c’est aussi mener une réflexion sur un projet de société durable pour faire face aux enjeux du XXI° siècle.
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