C'est Noël, en Belgique aussi!

Publié le par Ben

Nous voici donc (déjà) au 24 Décembre, avec, comme chacun sait, un sacré programme politique.

Et Papa Noël arrive avec son lot de cadeaux et de surprises.

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Oui, sous leur sapin, les belges auront cette année un gouvernement. Depuis plusieurs mois maintenant (196 jours exactement), la Belgique n'avait en effet plus de gouvernement, et le pays sombrait dans les affres de la division. Car la Belgique est composée de deux communautés, l'une Wallonne (francophone) et l'autre Flamande (néerlandaise), qui sont en très forte tension en ce moment. Pourquoi?

Il faut dire d'une part, qu'il y a une forte inégalité entre les deux communautés. Ainsi, les Flandres présentent un taux de chômage très peu élevé, et une économie en bonne santé. Au contraire, les Wallons sont plus proches de la situation française, embourbés dans un marasme qui est loin d'être catastrophique, mais usant. Cela explique en partie la montée du nationalisme sécessioniste flammand.

Bruxelles, ville Wallonne en plein milieu des Flandres, est un cas particulier, puisque les Bruxellois sont en majorité centralisateurs et fédérateurs, loin des divisions connues en Belgique. Il faut dire que l'Etat Belge, de nos jours, est pour ainsi dire morcelé. Il comprend au total huit parlements (Chambre des Représentants, Sénat, Parlement Flammand, Parlement de la Communauté Française, Parlement de la Communauté Germanophone, Parlement Wallon, Parlement Bruxellois, et Assemblée de Commissions communautaires) et six exécutifs en plus du gouvernement fédéral. Comment peut-on concevoir l'unité dans une telle structure?!

Aussi, les Flamands demandant plus de pouvoirs (compte-tenu de leur poids) et les Wallons leur refusant, la Belgique s'est peu à peu embourbée dans la situation que l'on connaît aujourd'hui : aucun gouvernement, et un pays quasiment à la dérive. Plusieurs pouvoirs locaux se mettent à chicaner sur la langue à employer, interdisant le français sur les panneaux ou lors des Conseils municipaux, par exemple. Miss Belgique a créé un scandale (elle aussi!) lorsque les belges ont appris qu'elle ne parlait pas Flamand. Bref, tant de tension, et de "prises de têtes", qui n'auraient jamais eu lieu si la Belgique était sereine.

Le gouvernement intérimaire, dirigé par Guy Verhofstadt, est un gouvernement formé de personnalités de tous horizons : flamands, wallons, socialistes, conservateurs, et autres. Il aura la charge de gérer les affaires courantes. Il devra aussi parer à des urgences, comme l'élaboration du budget (espérons que celui-ci servira à quelque chose!), et la prise de mesures afin de régler la question de la hausse des prix du carburant et de l'alimentaire. Pour ce faire, il dispose de trois mois. Trois si petits mois, au-delà desquels il faudra, à nouveau, former un gouvernement. La tâche et les enjeux s'annoncent lourds, extrêmements lourds : Monsieur Verhofstadt s'est vu confié la mission de renouer le dialogue entre les communautés.

Nombreux sont ceux qui, déjà, imaginent une France avec une région en plus. Je tiens à dire à ces personnes que le meilleur moyen de sauver la Belgique, c'est d'abord de croire en elle. Croire en la Belgique, c'est croire en toutes les valeurs de l'Europe. C'est croire au dialogue entre les cultures, aux concessions, au partage. C'est croire en une utopie, qui n'est réalisable qu'ici, et qu'avec la volonté de tous. L'Europe ne se fera pas sans accrocs : à nous de les mépriser, à nous de les dépasser. Flamands et Wallons ne doivent pas céder aux tentations de la division, à la tentation de "classer l'affaire". Ne lâchons rien, et discutons, encore, encore et encore. 
C'est aussi ça, le rêve Européen. L'Europe, ce n'est pas dire que l'on peut former une unité, ensemble. L'Europe, ce n'est pas dire que nous nous ressemblons.

L'Europe, comme la Belgique, c'est dire que l'on veut être ensemble. Et ça suffit pour l'être.

Souhaitons donc bon courage au nouveau premier ministre belge... et espérons que le Père Noël, cette année, se mettra aux moules-frites! Car ce cadeau de Noël n'est qu'un répit. Un simple répit.

Ben

Source : Lemonde.fr


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Publié dans International

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G
Un an s'est écoulé depuis la rédaction de ton article !Et depuis, il y a un gouvernement (celui du démocrate chrétien Yves Leterme) qui semble tenir grâce (ou à cause c'est selon) de la crise financière.Présent dans le plat pays depuis trois mois, je dois d'avouer que la Belgique et la société belge sont compliqués. Mais curieusement, c'est cela qui fait leur charme !Bien que la scission ne soit pas à l'ordre du jour (du moins, c'est une hypothèse écartée), il n'en demeure pas moins que la Belgique reste un pays qui peine à se forger une identité et un côté patriotique. Enfin, il faut tout de même noter, nous Français, notre méconnaissance de notre voisin. On croit connaître la Belgique alors qu'on ne regarde jamais au-delà de la Wallonie et de Bruxelles.PS : juste une chose : ne dis jamais que Bruxelles est une ville wallonne, tu risquerais de te faire remonter les bretelles par les Belges quelques soient leurs origines (LOL) En effet, les Flamands considèrent Bruxelles comme une ville flamande (car elle se trouve dans la province du Brabant) et les Bruxellois ne se considèrent ni comme Wallons ou Flamands mais seulement Bruxellois ! Le plus juste c'est de dire que Bruxelles est une ville bilingue fortement francophone et située en région flamande !
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P
Je me doutais que tu nous pondrais quelque chose pour Noël, je ne m'imaginais pas que ce serait ça! Joyeux Noël à toi!
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