L'éducation est-elle faite pour faire penser ou pour faire apprendre?
Bonjour à tous!
Le récent attentat terroriste au Pakistan n'a je l'espère échappé à personne : sa principale victime fut Bénazir Bhutto. Cette mort m'affecte profondément, et je consacrerai sans doute un article à cette grande femme très prochainement, après m'être renseigné.
Mais le thème du jour est un thème plus léger : l'éducation (Oui, je sais : dans le genre léger, j'ai trouvé mieux!). Je m'inspire ici d'un article du Monde que vous pouvez retrouver ici.

Vous pouvez y constater deux choses : d'une part, que la maîtrise de la langue française est nécessaire à la bonne marche des autres matières, et d'autre part, que les élèves savent de moins en moins bien leur chronologie historique (et je n'ose imaginer le niveau général d'apprentissage). J'aimerais commenter ces observations.
En ce qui concerne la langue française, il y a pour moi un problème majeur dans la vision qu'ont les français de l'Education Nationale.
Le niveau d'orthographe chez les jeunes est affligeant. Leur vocabulaire est restreint, et il n'est donc pas étonnant que l'on tourne vite en rond en lisant une rédaction qui ne comporte que 100 mots différents sur 700. Leur notion de la ponctuation et de la structuration rythmique de la phrase est tout à fait relative. Voilà pour le constat (à propos duquel je n'ai aucun chiffre officiel, il s'agit d'un constat personnel, que certains pourraient contester dans leurs commentaires). Mais pourquoi nous, plus que nos vieux?!
Je me rappelle maintenant d'un sondage réalisé sur un échantillon d'élèves représentatif, et dont j'ai perdu la source (désolé encore), qui affirmait que le facteur déterminant dans nos chances de réussite scolaire (et non pas notre réussite en tant que telle) n'était pas le niveau social de l'entourage, mais plutôt l'idée de l'école qu'il avait et qu'il transmettait à l'enfant. Ainsi, il n'y a pas de réel besoin que les parents aident au devoir lourdement, du moment qu'ils contrôlent que tout est fait, et qu'ils expliquent à l'enfant que l'école est quelque chose de très important. Cela peut expliquer pourquoi certains enfants issus de milieux aisés mais "négligeants" vis-à-vis de la vie quotidienne de leur enfant peuvent échouer lamentablement, malgré un accès à la culture potentiellement facilité.
Je voudrais aussi ajouter que les parents qui - et c'est tout à leur honneur - réclament des dictées afin d'améliorer le niveau orthographique de leur progéniture ont une vision complètement fausse de l'orthographe et de la grammaire. Ils ne s'apprennent pas par coeur, ou par des leçons qu'on applique dans des phrases du genre "Sujet-verbe-complément". Non : la véritable fibre littéraire, le véritable sens de la langue, s'acquiert en lisant, et non en écrivant.
Et j'en arrive là à lier le double dilemme de l'apprentissage des dates et de l'orthographe. Il y a eu un amalgame formidable issu - à mon avis, pensez-en ce que voulez - à la mentalité "bien pensante" de la gauche caviar (PAN! Je frappe dur!). Sous Jospin, souvenez-vous, il était devenu très à la mode de valoriser le "pense par toi même", et de dévaloriser le bourrage de crâne au profit de la saine logique : une petite tête bien faite valant mieux qu'une petite tête bien remplie.
Certes, répondrais-je, mais il y a ici à poser une question de poids : et pourquoi pas les deux?
Au risque de paraître débile, ou provocateur, je suis de ceux qui pensent qu'on ne réfléchit jamais mieux qu'en ayant la tête bien fournie, et avec un minimum de bagage culturel. Je suis aussi de ceux qui pensent que les devoirs de leçon et l'apprentissage des dates ne sont pas du "bourrage de crâne" : c'est tout simplement indispensable.
APPRENONS AVANT DE PENSER, QUE DIABLE! Parce que penser, c'est mettre des choses les unes en face des autres. C'est s'inscrire dans une matière, qui a ses propres concepts, ses propres données et ses propres règles : c'est s'inscrire dans l'histoire d'une matière et s'y coller pour mieux la rendre présente.
Tout comme il n'y a aucun intérêt pour un lecteur à lire un résumé de toutes les thèses historiques sur un sujet donné (une récitation), il est profondément agaçant pour la première personne au courant de lire un sujet qui n'évoque même pas ce que d'autres ont pu dire (trou noir culturel et pensée autisto-autarcique). C'est le principe même de la recherche et du raisonnement en société : on écoute les autres et on critique, on soutient ou l'on combat, et l'on propose. Sauf que pour cela, il faut savoir ce que les autres disent.
Ainsi, de la même manière qu'il faut lire ceux qui écrivent déjà pour apprendre à écrire, il faut lire Keynes et Von Hayek avant de disserter sur l'origine de l'investissement comme source de croissance économique. De même, je propose d'apprendre le contexte historique de 1852 avant d'évoquer l'apparition du second empire en France. Et je pourrais continuer longtemps...
Ca parait logique comme ça, mais sous prétexte de valoriser l'intelligence, on la rend stérile puisque ignorante. L'intelligence ne fonctionne que si on l'alimente.
Certains diront que je m'égare. Ils ont sans doute raison : l'étude que j'évoque ici a été réalisée auprès d'enfants du primaire et du collège, qui n'ont encore ni la culture ni la maturité pour disserter (c'est ce que j'appelle pompeusement "penser"). Mais je voulais par un "coup de gueule" franc et provocateur, rappeler que les interrogations surprises, et l'apprentissage par coeur des leçons ne sont peut-être pas une tarre. L'enjeu ensuite, devient alors de faire prendre du recul à l'enfant. Mais seulement ensuite.
Ainsi, ceux qui ont compris mon article comprendront aussi que son titre est une question complètement absurde.
Ben
Envie d'être tenu(e) au courant des nouveaux articles? Inscris-toi à la NEWSLETTER!
Le récent attentat terroriste au Pakistan n'a je l'espère échappé à personne : sa principale victime fut Bénazir Bhutto. Cette mort m'affecte profondément, et je consacrerai sans doute un article à cette grande femme très prochainement, après m'être renseigné.
Mais le thème du jour est un thème plus léger : l'éducation (Oui, je sais : dans le genre léger, j'ai trouvé mieux!). Je m'inspire ici d'un article du Monde que vous pouvez retrouver ici.

Vous pouvez y constater deux choses : d'une part, que la maîtrise de la langue française est nécessaire à la bonne marche des autres matières, et d'autre part, que les élèves savent de moins en moins bien leur chronologie historique (et je n'ose imaginer le niveau général d'apprentissage). J'aimerais commenter ces observations.
En ce qui concerne la langue française, il y a pour moi un problème majeur dans la vision qu'ont les français de l'Education Nationale.
Le niveau d'orthographe chez les jeunes est affligeant. Leur vocabulaire est restreint, et il n'est donc pas étonnant que l'on tourne vite en rond en lisant une rédaction qui ne comporte que 100 mots différents sur 700. Leur notion de la ponctuation et de la structuration rythmique de la phrase est tout à fait relative. Voilà pour le constat (à propos duquel je n'ai aucun chiffre officiel, il s'agit d'un constat personnel, que certains pourraient contester dans leurs commentaires). Mais pourquoi nous, plus que nos vieux?!
Je me rappelle maintenant d'un sondage réalisé sur un échantillon d'élèves représentatif, et dont j'ai perdu la source (désolé encore), qui affirmait que le facteur déterminant dans nos chances de réussite scolaire (et non pas notre réussite en tant que telle) n'était pas le niveau social de l'entourage, mais plutôt l'idée de l'école qu'il avait et qu'il transmettait à l'enfant. Ainsi, il n'y a pas de réel besoin que les parents aident au devoir lourdement, du moment qu'ils contrôlent que tout est fait, et qu'ils expliquent à l'enfant que l'école est quelque chose de très important. Cela peut expliquer pourquoi certains enfants issus de milieux aisés mais "négligeants" vis-à-vis de la vie quotidienne de leur enfant peuvent échouer lamentablement, malgré un accès à la culture potentiellement facilité.
Je voudrais aussi ajouter que les parents qui - et c'est tout à leur honneur - réclament des dictées afin d'améliorer le niveau orthographique de leur progéniture ont une vision complètement fausse de l'orthographe et de la grammaire. Ils ne s'apprennent pas par coeur, ou par des leçons qu'on applique dans des phrases du genre "Sujet-verbe-complément". Non : la véritable fibre littéraire, le véritable sens de la langue, s'acquiert en lisant, et non en écrivant.
Et j'en arrive là à lier le double dilemme de l'apprentissage des dates et de l'orthographe. Il y a eu un amalgame formidable issu - à mon avis, pensez-en ce que voulez - à la mentalité "bien pensante" de la gauche caviar (PAN! Je frappe dur!). Sous Jospin, souvenez-vous, il était devenu très à la mode de valoriser le "pense par toi même", et de dévaloriser le bourrage de crâne au profit de la saine logique : une petite tête bien faite valant mieux qu'une petite tête bien remplie.
Certes, répondrais-je, mais il y a ici à poser une question de poids : et pourquoi pas les deux?
Au risque de paraître débile, ou provocateur, je suis de ceux qui pensent qu'on ne réfléchit jamais mieux qu'en ayant la tête bien fournie, et avec un minimum de bagage culturel. Je suis aussi de ceux qui pensent que les devoirs de leçon et l'apprentissage des dates ne sont pas du "bourrage de crâne" : c'est tout simplement indispensable.
APPRENONS AVANT DE PENSER, QUE DIABLE! Parce que penser, c'est mettre des choses les unes en face des autres. C'est s'inscrire dans une matière, qui a ses propres concepts, ses propres données et ses propres règles : c'est s'inscrire dans l'histoire d'une matière et s'y coller pour mieux la rendre présente.
Tout comme il n'y a aucun intérêt pour un lecteur à lire un résumé de toutes les thèses historiques sur un sujet donné (une récitation), il est profondément agaçant pour la première personne au courant de lire un sujet qui n'évoque même pas ce que d'autres ont pu dire (trou noir culturel et pensée autisto-autarcique). C'est le principe même de la recherche et du raisonnement en société : on écoute les autres et on critique, on soutient ou l'on combat, et l'on propose. Sauf que pour cela, il faut savoir ce que les autres disent.
Ainsi, de la même manière qu'il faut lire ceux qui écrivent déjà pour apprendre à écrire, il faut lire Keynes et Von Hayek avant de disserter sur l'origine de l'investissement comme source de croissance économique. De même, je propose d'apprendre le contexte historique de 1852 avant d'évoquer l'apparition du second empire en France. Et je pourrais continuer longtemps...
Ca parait logique comme ça, mais sous prétexte de valoriser l'intelligence, on la rend stérile puisque ignorante. L'intelligence ne fonctionne que si on l'alimente.
Certains diront que je m'égare. Ils ont sans doute raison : l'étude que j'évoque ici a été réalisée auprès d'enfants du primaire et du collège, qui n'ont encore ni la culture ni la maturité pour disserter (c'est ce que j'appelle pompeusement "penser"). Mais je voulais par un "coup de gueule" franc et provocateur, rappeler que les interrogations surprises, et l'apprentissage par coeur des leçons ne sont peut-être pas une tarre. L'enjeu ensuite, devient alors de faire prendre du recul à l'enfant. Mais seulement ensuite.
Ainsi, ceux qui ont compris mon article comprendront aussi que son titre est une question complètement absurde.
Ben
Envie d'être tenu(e) au courant des nouveaux articles? Inscris-toi à la NEWSLETTER!
Publicité