La Grande Dame s'en va...
Mes chers lecteurs,
Vous avez sans doute tous entendu la triste nouvelle hier : Sœur Emmanuelle, grande figure de la charité chrétienne, est décédée hier à l’âge de 99 ans, dernier pied de nez d’une vieille dame à la gouaille légendaire.
Si elle a su être, comme Lemonde.fr le titre ce matin, une véritable icône médiatique, c’est d’abord grâce à son humour, son franc-parler incroyable, mais aussi sa liberté. La vieille dame s’était exprimée en faveur du mariage des prêtres, de l’usage de la pilule, etc.
Elle a aussi, surtout même, littéralement donné sa vie aux pauvres, aux abandonnés du système. Elle a mis les mains dans la boue, elle s’est battue pour les autres ; et c’est sans doute ce qui a fait sa grandeur d’âme. Ce qui doit faire d’elle un modèle.
Mais comme d’habitude, je ne puis en rester au larmoyant niveau du JT de 20 heures… Car sa mort, peu de temps après celle d’une autre grande figure, l’Abbé Pierre, doit nous interroger franchement sur ce que notre société véhicule, dans ses représentations et aussi, parfois, dans ses idées arrêtées.
Car ce qu’il y a derrière cette admiration envers ces personnalités, c’est la forme la plus pure de la foi chrétienne. C’est le don, l’affection, parfois même, le sacrifice. Les Français, Catholicophobiques chroniques, ont été en admiration devant ce qui caractérise, au premier chef, la foi ! Voilà qui surprend. Désintéressés, l’Abbé Pierre et Sœur Emmanuelle ont donné au nom de Dieu, plus qu’une vision politique de la société. L’opinion devrait s’en rendre compte. Car cela fait miroiter une réalité importante : être chrétien, ce n’est pas être un pantin de Rome. C’est avant tout mettre les mains dans la boue, et par pitié, c’est s’élever au dessus du débat sur la contraception, sur le divorce. C’est avant tout un mode de vie.
C’est croire, c’est aimer l’autre, quel qu’il soit, et peu importe en quoi il croit.
Hommage donc, à une femme qui a su vivre vraiment sa foi, et prendre un peu de hauteur. Nous autres, chicaneurs, et moi le premier, semblons bien petits…
Il y a parfois des moments où le silence est préférable.
Ben