Allocution de Nabot-Naparte Ier (III) : Société
Bonjour à tous!Nous nous retrouvons donc pour une second jour d'affilée afin de parler de l'interview du Nabot-souverain à propos des questions de société, interview mené par Yves Calvy.
Celui-ci a d'ailleurs l'art de pointer là où ça fait mal : il aborde le président sans détour sur la question des travailleurs immigrés sans papiers : va-t-il enjoindre à l'administration d'être clémente?
Notez que nous parlons ici d'un cas d'actualité, de sans-papiers résidant en France depuis assez longtemps, et possédant un emploi dans un secteur en manque de main d'oeuvre (restauration/hôtellerie).
Le chef de l'Etat a répondu de façon très ferme : "Je demande qu'on applique la loi". Cette même loi, je le rappelle, affirme qu'il faut parler Français, avoir un emploi et vouloir être français pour le devenir. "Je ne suis pas un Roi", renchérit-il, et il ne peut pas demander à l'administration d'aller contre ses propres textes... Il précise d'ailleurs que 22% des travailleurs immigrés irréguliers sont au chômage.
J'avoue que ce chiffre m'a marqué : cela veut surtout dire que 78% des sans-papiers travaillent!! Nous sommes loin de l'image du sans-papier caché, vivant aux crochets d'une famille généreuse... Toujours est-il que ce cas d'actualité me laisse perplexe. La politique (honteuse) de Sarkozy en matière de renvoi des immigrés est régie par la loi que je viens d'énnoncer. Je me demande, en sachant que ces travailleurs sont ici depuis 10 ans et travaillent, pourquoi l'administration annonce en prévision qu'un de ces sans-papiers sur deux risque d'être renvoyé... Vous trouvez pas ça beaucoup? Quelqu'un qui travaille depuis 10 ans en France doit surement parler français correctement, non? Et ils ont des contrats de travail, puisque c'est la source de la polémique. Ils paient même des impôts... vraiment, je suis perplexe. Ces gens là sont sûrement intégrés... pourquoi un sur deux?
Surtout en sachant que dans le cadre de la politique "d'immigration choisie", je suis certains qu'ils seraient capables, une fois de retour dans leur pays, d'être acceptés en France!!! bref... Comme il dit "J'essaye de construire les bases d'un débat responsable sur l'immigration" : il a voulu sortir cette question du débat entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Vous vous doutez bien que je me suis énervé à cet instant. Il a clivé le problème de la banlieue. Il a clivé le problème environnemental. Il a clivé tout ce qu'il trouvait pour se démarquer et apparaître comme "le candidat du changement" qui lutte contre ce qu'il appelle "la pensée unique". Et il revendique un débat responsable sur l'immigration?! Tss...
Concernant les problèmes dans l'éducation nationale, il a souligné qu'il souhaitait continuer à réduire les effectifs. Il considère en effet que la hausse pratiquée depuis 15 ans n'a rien pu faire pour améliorer les résultats de notre système scolaire. "On n'a pas les résultats à la hauteur de l'effort financier" : ça en dit long sur sa façon de voir les choses ; l'éducation est le "résultat" d'un "effort financier", comme des actions en bourse... (Soupir). Notons tout de même que la hausse des effectifs du personnel de l'éducation nationale ces dernières années était (peut-être?) due à l'augmentation du nombre d'élèves. Je dis ça comme ça... Après tout, il justifie la baisse des effectifs par celle des élèves ; mais apparemment, à ses yeux, l'inverse ne serait pas vrai.
Cela dit, sa politique ne sera pas mauvaise, sur certains points. Il veut réforme le bac en rééquilibrant les sections L,ES,S : enfin! Il souhaite aussi supprimer certaines sections désertées : pourquoi pas... même si j'ai tendance à me méfier de la proportion que cette réforme prendra, dans un sens ou dans l'autre.
Il s'inquiète aussi qu'il y ait des élèves sortant de primaire sans lire, écrire, compter : il veut lutter contre ça. Ca me rappelle le constat d'un candidat aux présidentielles, il n'y a pas si longtemps... qui, déjà?!
Toujours est-il qu'il compte compenser la baisse du nombre de profs par des heures supplémentaires. Lorsque Calvy lui annonce que 65% de ceux-ci refusent d'en faire, il esquive...
Il néglige les manifestations lycéennes, mais il les comprend. "Quand on est jeune, on est forcément inquiet", dit-il. Je vous invite à méditer cette phrase : je trouve cela très grave. L'image du jeune n'est pas celle d'une personne inquiète, au contraire. La jeunesse, c'est l'insouciance, c'est ce qui la fonde... non? Ca en dit long sur la personnalité du président et ses tourments...
Vous devez le sentir : je me lasse. Demain, je ne parlerai pas de la troisième partie de son interview : je me suis rendu compte, en relisant mes notes, qu'il y avait trop peu de choses à commenter. En cette période de partiels, je n'ai -hélas- guère le temps de rédiger des articles de qualité et je m'en excuse ; si en plus je dois parler à sa place...
Sur ce, passez tous un très bon dimanche!
Ben (complètement planant et shooté aux cours de Droit administratif)
PS : Envie d'être tenu(e) au courant de la parution de nouveaux articles? INSCRIS TOI A LA NEWSLETTER!
Publicité