Allocution de Nabot-Naparte Ier (II) : L'économie
Bonjour à tous!J'aborde aujourd'hui le fond du contenu économique de la dernière intervention du Président.
La (mauvaise) intervieweuse, V. Augier, a décidé d'aborder le problème avec le coût de l'énergie en France, et, entre autres, le prix du gaz.
Sa contre-attaque est immédiate : il commence par affirmer que si les prix ont monté, c'est d'abord au passage à l'euro. Ce qui est faux : les calculs de la BCE établissent l'inflation générée par ce passage à moins de 0,5%... ce qui est très inférieur aux 3,5% que nous sommes en train de connaître! Toutefois, il est évident que si inflation il y a eu, c'est sur les prix du quotidien (baguette, alimentaire, etc.) ce qui fait que le ressenti est plus fort que les effets (et les effets, plus fort chez les plus démunis).
Ensuite, Sarkozy se défend à l'aide de la hausse du prix du baril de pétrole, qui a doublé depuis le début de son quinquennat. Certes. Mais ce qu'il faut bien remarquer, c'est que la hausse du baril, par le phénomène des marchés monétaires, à été amoindrie par la force de l'euro. Si l'on avait appliqué une politique monétaire moins rigoureuse comme il l'a souhaité durant sa campagne, les prix à la pompe auraient encore plus monté. Il est franchement culotté, en se défendant derrière le prix du baril, tout en tapant sur la BCE et sa politique rigoureuse...!
Alors, bien sûr, il rappelle qu'il a défiscalisé les heures sup', ce qui, selon lui, a permis de dégager le pouvoir d'achat (+28% d'heures sup' depuis la réforme). Mais il y a des questions auxquelles il ne répond pas : qui en profite? quelles classes sociales? Les heures sup' sont-elles réparties entre de nombreux français (qui en font chacun une petite) ou seuls quelques uns d'entre eux en font beaucoup? Ces heures supplémentaires supplémentaires (!) sont-elles bel et bien payées, ou retransformées en RTT? Tant de questions auxquelles il est impossible de lui arracher une réponse. Faute de journaliste compétente.
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Il précise ensuite que "les 35 heures ont baissé les salaires réels". Je me suis demandé s'il comptait vraiment se faire comprendre en affirmant cela. C'est un raisonnement économique simple. En fait, en disant cela, il ne parle pas du salaire en chiffres (900, ou 1100€) situé en bas de la feuille de paye du français moyen, mais tout simplement de son pouvoir d'achat. Sa phrase revenait à dire "Les 35h ont baissé le pouvoir d'achat". Pourquoi? Je suppose qu'il voit ça de la manière suivante : si les français travaillent moins pour le même salaire, cela veut dire que leur salaire vaut moins de travail. Que leur salaire a donc moins de valeur. Vous me suivez? Pour autant, c'est un raisonnement qui peut se contredire, puisqu'il raisonne en économie fermée. En effet, la droite critique les 35 heures parce qu'elles ont affaibli la compétitivité du travailleur français (qui attire moins les investisseurs étrangers parce qu'il bosse moins). Elle accuse donc la gauche d'avoir pensé l'économie comme si les frontières étaient fermées, et que les investisseurs continueraient à investir en France malgré cela. Mais dire que les 35 heures ont contribué à la baisse des salaires réels revient en fait à dire que le travail des français est entièrement, de la même manière, redistribué aux français. Ce qui est aussi raisonner en économie fermée. Si les 35 heures ont fait du mal, j'ai plus tendance à croire qu'il est partagé entre le pouvoir d'achat et la balance du commerce extérieur. Mais sans doute m'égare-je....
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Toujours est-il que défiscaliser les heures supplémentaires, c'est donner la preuve qu'on ne veut pas supprimer les 35 heures complètement. Pourtant, Sarkozy les accuse de tous les maux. Pourquoi? Il faudrait poser la question au président...
Il a par ailleurs régulièrement promis des baisses d'impôts dans plusieurs domaines (sous réserve qu'il y ait des négociations salariales par branches), et annoncé ce qu'il appelle "un projet de société", la généralisation de l'intéressement. Il a aussi promis la généralisation du RSA (dont F. Fillon avait fixé le prix à 5 milliards ; puis M.
Hirsch l'a abaissé à "1 à 3" milliards ; le Président parlait hier soir de 1,5 milliards...) et un requalibrage de la prime pour l'emploi (qui devrait, en résumé, la retirer aux classes moyennes). Il a aussi promis que l'on pourrait cumuler sa retraite liquidée et un salaire, si l'on souhaite travailler au-delà de l'âge légal de la retraite.Comment financer toutes ces mesures? Ca, il ne l'a pas dit. Bien sûr, "23 200 fonctionnaires n'ont pas été remplacés cette année". A titre de précision, je tiens à rappeler que l'Etat comporte 5 179 881 fonctionnaires, et la mairie de Paris 50 000 : cela vous donne idée de l'ampleur de son action. Il n'y a pas de petits profits, certes, mais les gains restent minimes. Et Pujadas de dire très justement : "Mais le décifit continue de se creuser en 2008". Il sera aggravé de 10 milliards par rapport à 2007 cette année (à 52 milliards) ; les mesures d'économie lancées (la "Réforme Générale des Politiques Publiques", RGPP) prévoient 5 milliards d'économies d'ici à 2011... je vous laisse sourrire en rappelant que la France doit retrouver l'équilibre d'ici 2012, pour ne pas subir les foudres européennes.
Au final, donc, beaucoup d'excuses, quelques mesures, et rien pour les financer.
Ca promet.
Ben
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