Casse toi alors, pauvre con!
Rien de tel qu'un petit billet d'humeur (destructrice) pour se remettre en train, un jour de rentrée!
Retrouvez cette vidéo sur le site du Parisien : http://www.leparisien.fr/home/index.htm
Ah! Quel fou rire m'a envahi, aux côtés d'un père et d'une mère complices, lorsqu'hier soir, nous avons appris la nouvelle!
A vrai dire, je savais que le Président avait un certain goût pour ce que j'appelle la "logique facile" (vous savez, cette faculté qu'il a de faire gober des énormités, en vous démontrant par A plus B que tout est logique ; en général, il suffit de regarder la fragilité des hypothèses de ses raisonnements pour en saper les fondations), mais il a battu tous les records hier, lorsqu'un visiteur du salon de l'agriculture a refusé de le saluer assez violemment :
"Touche moi pas, tu me salis!
_ Casse toi alors pauvre con!"
Avouez que c'est du bon sens : que vient faire cette personne là, si elle ne désire pas voir le président? Qui aurait l'idée d'aller au salon de l'agriculture s'il n'y a pas le président... ?! Encore une fois, interpréter ses propos revient à comprendre à quel point il se prend pour le nombril du monde - de son monde-.
Car au-delà bien sûr de cette remarque acide, il y a la question du comportement de Nabot-Naparte Ier, chef de l'Etat Français, qui, à défaut d'en avoir la caractéristique physique, se doit de faire preuve d'une grandeur morale irréprochable.
Le mot "irréprochable" n'est pas choisi au hasard. Je me souviens encore de ce prospectus, qui, ayant insidieusement atteint le fond de ma boîte aux lettres, (et paré d'un gigantesque buste du futur empereur!) m'avait forcé à lire le programme électoral du candidat :
Je souhaite une démocratie irréprochable.
(sic!)
(Le bougre avait d'ailleurs menacé de le placer dans la Constitution, ce qui, vous vous en doutez, aurait constitué une révolution juridique sans précédente).
Quelle démocratie que celle qui, par la voix de son plus haut représentant, non seulement injurie ses citoyens, mais en plus, les invite à partir! Ce n'est pas l'idée que je me faisais d'un tel régime.
D'ailleurs, depuis tout petit, on m'a appris - visiblement à tort - que le-monsieur-dans-la-télé-qui-parle-beaucoup est un très grand monsieur, respectable au possible, et qu'il nous représente tous.
Sans doute, le sucesseur dudit monsieur a un peu tendance à oublier qu'il est président avant d'être lui-même. Cela fait partie de sa personnalité : impulsif, naturel. Trop naturel. Car lorsqu'un homme qui, à cause d'une remarque aussi bête qu'inutile, perd à ce point ses moyens et son sens de la République, je serais presque tenté (et c'est bien la première fois!) d'approuver Marine Le Pen :
"Il faudrait penser à lui retirer le bouton nucléaire. C'est inquiétant."
"Inquiétant" est le mot. Car au fur et à mesure qu'il règne sur nos contrées, nous découvrons un président dont la mentalité est simple : quand un dérailleur bloque, il préfère forcer sur la pédale que de saisir un pot de graisse et remettre la chaîne en place. Sarkozy est en somme à l'image des dictateurs révolutionnaires : moins ça va, plus il se radicalise! De la rupture, nous sommes en train de passer à la faille. A quand le gouffre?
Sans compter, bien évidemment, l'image internationale que donne une telle vidéo. Notre souverain s'est à ce point "peoplisé" que les journaux du monde entier le suivent partout (et davantage pour sa vie privée que pour sa politique, ce qui est compréhensible, vu qu'il brasse de l'air plus qu'il n'agit) : la vidéo s'est répandue dans les journaux et sites internationaux à la vitesse de l'éclair. Notre politique étrangère les faisait rire? Notre président les fait rouler par terre! Une preuve :
"Les Etats-Unis ont Britney Spears. Mais les Français ont Sarkozy!"
(Le Washington Post)
Au fond, quoiqu'il fasse, j'ai bel et bien l'impression que Sarkozy est et sera toujours un petit empereur. Avec un petit e.
Et voilà comment on insulte quelqu'un sans être vulgaire. J'ai sans doute été excessivement méchant. Mais j'ai la naïveté d'estimer que ce genre d'article vaut mieux que de répondre par une réplique bien fraîche du genre...
Ben
PS : Voici, pourquoi pas, un élément intéressant à remarquer : au journal de 18h du Dimanche 24 Février 2008, France Inter a cité mot pour mot les paroles du président ; Europe 1 s'est contenté de parler de "réponse fleurie"....
PPS : Envie d'être tenu(e) au courant de la parution d'un nouvel articles? INSCRIS TON MAIL DANS LA RUBRIQUE "NEWSLETTER"!