Le courage, c'est les étoiles

Publié le par Ben

Mes très chers lecteurs,

 

De manière complètement opportuniste, je profite de mes révisions de Politiques économiques pour vous proposer un sujet qui s’imposera bientôt de plus en plus dans l’actualité, avec l’arrivée des élections de Juin : l’Europe.

 

Je crois vous avoir déjà fait part de mon agacement sur certains sujets, tant la crise aurait pu représenter une opportunité formidable pour les fédéralistes. Mais le fait est, je pense, que nous devons continuer à défendre avec acharnement cette position ; non pas qu’il s’agisse là d’une ambition réalisable immédiatement, bien sûr. Mais plutôt, nous avons le devoir de continuer à proposer cette alternative, car un jour viendra où elle sera la seule crédible. J’ai la ferme conviction, mes amis, que l’Histoire nous mènera, quoiqu’il arrive, à ce que nos ancêtres avaient annoncé dès les années 1950 : une fédération.

Il faut d’ailleurs dire que notre continent se trouve dans une situation relativement ubuesque, due à l’histoire de la construction de l’union. L’échec de la CED en 1954 a incité les responsables à chercher une nouvelle voie pour garantir la paix et la mutualisation des destins.

Cette voie fut clairement définie par Maastricht, en 1992, avec la perspective de se doter d’une Union Economique et Monétaire (UEM).

 

Emerge dès lors un problème immense : nous avons créé un système dont nous n’exploitons pas l’avantage. L’union monétaire est une réalité, mais l’union économique est encore largement une utopie… fédéraliste !

Nous avons réussi à créer la monnaie commune : l’euro est un succès international reconnu, et sa solidité, farouchement défendue par la BCE, est encore prouvée par le nouveau record face au dollar ce matin. Si j’avais le temps, je vous expliquerai en quoi l’euro nous a évité bien des soucis, contrairement à l’opinion répandue…

Cela dit, il est vrai que la BCE est extrêmement rigoureuse, bien plus que la Fed (USA). Là encore, les critiques fusent. Mais a-t-on au moins conscience de la complexité du travail de notre banque centrale ? Elle doit fixer un taux d’intérêt commun, elle doit gérer une monnaie commune, et rendre ses décisions crédibles pour 16 nations, 16 situations différentes, 16 politiques budgétaires. Il est littéralement impossible de mettre tout le monde d’accord : une politique plus expansive désavantagerait certains pays, et vice-versa. La BCE fait donc le choix, arbitraire, de défendre l’euro.

 

Voilà donc l’alarmant constat que nous ne cessons de faire, en étudiant l’économie européenne : notre politique monétaire et budgétaire ne sont pas adaptées, pas coordonnées, parce qu’il existe une monnaie pour 16 configurations différentes. Reste donc à savoir ce qu’il faut faire.

Kant affirme, de manière provocante, que l’on est toujours libre. Libre à nous, donc, de choisir entre sortir de l’euro, ce qui signifierait l’implosion de l’union, ou l’affirmation d’une véritable politique budgétaire européenne. Son émergence sera longue, car les Etats, et surtout leurs élites, défendent leur souveraineté avec acharnement.

Mais un consensus est possible ! Bien plus efficace que la remise en cause de l’indépendance ou des objectifs de la BCE, la création d’un budget européen pour amortir les chocs de la politique monétaire dans certains Etats est une bonne solution de départ, si tant est que la consultation / coordination budgétaire générale devienne réelle. Cette dernière existe en effet dans les textes, mais pas dans les faits.

Une seconde étape sera celle autour de l’intégration de nouvelles politiques au sein de l’union ; en confiant davantage de compétences aux institutions communautaires, nous contribuerons à leur donner plus de poids, en vue d’atteindre une masse critique.

 

La question n’est pas de supprimer l’Etat. La question est d’arriver à créer un réel bloc continental coordonné, mes amis. Si demain, la BCE va dans un sens, et que nous continuons à aller dans l’autre, alors il n’y a aucun doute : les Etats-Unis continueront à être devant. Alors même que notre capital humain, technologique et commercial est largement supérieur.

 

Le XXIè siècle sera celui du choix, entre l’union et la division. Cette situation hybride ne mènera nulle part. Nous n’avons pas d’autre possibilité que de nous décider : nous unir ou nous diviser. Nous battre, ou subir.

 

Ben

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Publié dans Europe

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T
C'est encore un très beau texte que tu as écrit. Il exprime très bien les mêmes interrogations que je peux avoir au sujet du devenir de l'Europe qui serait à la croisée des chemins en ce début de XXI° siècle. AmicalementThierry=> super ce nouveau dizagne de VdG :-)
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