Schiismes, tensions et chaises musicales
Rappel : Ce qui est écrit petit est pour ceux qui ont du temps et qui ont les neurones frais!
Bonjour à tous!
Chose promise, chose dûe.

Vous aurez sans doute tous remarqué la toute dernière mode au sein de la "gauche" française : être de droite. On n'a jamais rien vu de pareil : c'est une Révolution, et certainement pas celle qu'on attendait d'eux!
B. Delanöe, avec son livre "De l'Audace", a le premier commencé à remuer le cocotier. Il y a annoncé : "Je veux que la gauche se réconcilie avec le libéralisme". Sic!
La première chose à remarquer, c'est tout simplement qu'une telle prise de position en dit long sur les contradictions internes au PS. Que la remarque provienne d'un Jospiniste forcené, c'est-à-dire d'un soutien à l'un des grands dirigeants interventionnistes français de la fin du XXè, est assez évocateur. Qui plus est, on en viendrait presque à se demander à quoi sert le clivage que l'UMPet le PS défendent tant s'ils s'accordent tous les deux sur l'incontestabilité du libéralisme. On nous baratinait sur "un vrai débat entre deux choix de société" dans l'entre-deux-tours : est-ce réellement le cas ? Ou n'a-t-on en vérité pas franchement le choix? La vie aurait-elle été si différente sous Royal que sous Sarkozy ? Y en avait-il un seul qui proposait un vrai changement radical de la nature profonde de l'Etat ?
La seconde chose à évoquer est sans doute le petit truc qui permet à Delanöe de donner le ton sans pour autant se contredire complètement. La différence fondamentale entre ce que l'on interprète d'un propos et ce qu'il veut dire en fait provient souvent du double-sens des termes employés. Nous en avons ici un exemple parfait : le libéralisme comme l'entend B. Delanöe est l'idée générale de liberté, de défense des libertés publiques sous toutes ses formes. En aucun cas le libéralisme économique stricto-sensu. Je n'ai hélas pas la citation pour le prouver. Mais pour résumer, disons qu'il voulait dire par là que la gauche devrait laisser un espace supplémentaire à la liberté publique générale (exemple : rendre moins systématique l'intervention de l'Etat dans les problèmes sociaux et laisser les partenaires sociaux négocier). Il a réussi à frapper l'opinion en employant un mot qu'elle déteste, mais le fond n'est peut-être pas si énorme...
Dans le fond, on assiste là à une mode. Un certain nombre d'éléphants du PS se mettent à soutenir l'idée (Vals, par exemple), et d'autres restent plus orthodoxes. Mais c'est une mode, et c'est tout. Bien sûr, il faut attendre pour voir : mais je doute que l'idée soit suivie des faits. C'est d'une part surtout lié à l'impuslion de Delanöe ; or, cette impulsion est davantage le fruit d'une posture que d'une conviction. C'est d'autre part contraire à une bonne partie des aspirations de la gauche du PS.
Nous assistons là à un moment vraiment crucial, (ce n'est pas du baratin!) de l'histoire politique de notre pays. J'ai le sentiment (peut-être erroné) qu'il va s'agir là de savoir quel parti occupera l'espace du centre gauche en France. Et ce n'est pas rien. L'échiquier est complexe : un Besancenot qui monte en puissance, et surtout, un CAI (Centre à l'Avenir Indéterminé) encadrent le vieux PS. Pourra-t-il se trouver une place ? La question peut se poser, d'autant que le PS n'a jamais été si près d'un schiisme. Les deux tendances (gauche-gauche/centre-gauche) n'ont jamais été si opposées. Elles se sont affrontées avec pertes et fracas sur la question de l'alliance avec le MoDem. Qu'en adviendra-t-il lorsqu'il faudra parler de la ligne même du parti ? Le PS est une gigantesque machine à vapeur, qui écrase ses militants au profit d'une doctrine définie par les oligarques du parti, les fameux "éléphants". Si eux se déchirent, c'est tout le parti qui peut trembler. Et justement, le débat est devenu indispendable.
C'est l'heure.
Ben
Bonjour à tous!
Chose promise, chose dûe.

Vous aurez sans doute tous remarqué la toute dernière mode au sein de la "gauche" française : être de droite. On n'a jamais rien vu de pareil : c'est une Révolution, et certainement pas celle qu'on attendait d'eux!
B. Delanöe, avec son livre "De l'Audace", a le premier commencé à remuer le cocotier. Il y a annoncé : "Je veux que la gauche se réconcilie avec le libéralisme". Sic!
La première chose à remarquer, c'est tout simplement qu'une telle prise de position en dit long sur les contradictions internes au PS. Que la remarque provienne d'un Jospiniste forcené, c'est-à-dire d'un soutien à l'un des grands dirigeants interventionnistes français de la fin du XXè, est assez évocateur. Qui plus est, on en viendrait presque à se demander à quoi sert le clivage que l'UMPet le PS défendent tant s'ils s'accordent tous les deux sur l'incontestabilité du libéralisme. On nous baratinait sur "un vrai débat entre deux choix de société" dans l'entre-deux-tours : est-ce réellement le cas ? Ou n'a-t-on en vérité pas franchement le choix? La vie aurait-elle été si différente sous Royal que sous Sarkozy ? Y en avait-il un seul qui proposait un vrai changement radical de la nature profonde de l'Etat ?
La seconde chose à évoquer est sans doute le petit truc qui permet à Delanöe de donner le ton sans pour autant se contredire complètement. La différence fondamentale entre ce que l'on interprète d'un propos et ce qu'il veut dire en fait provient souvent du double-sens des termes employés. Nous en avons ici un exemple parfait : le libéralisme comme l'entend B. Delanöe est l'idée générale de liberté, de défense des libertés publiques sous toutes ses formes. En aucun cas le libéralisme économique stricto-sensu. Je n'ai hélas pas la citation pour le prouver. Mais pour résumer, disons qu'il voulait dire par là que la gauche devrait laisser un espace supplémentaire à la liberté publique générale (exemple : rendre moins systématique l'intervention de l'Etat dans les problèmes sociaux et laisser les partenaires sociaux négocier). Il a réussi à frapper l'opinion en employant un mot qu'elle déteste, mais le fond n'est peut-être pas si énorme...
Dans le fond, on assiste là à une mode. Un certain nombre d'éléphants du PS se mettent à soutenir l'idée (Vals, par exemple), et d'autres restent plus orthodoxes. Mais c'est une mode, et c'est tout. Bien sûr, il faut attendre pour voir : mais je doute que l'idée soit suivie des faits. C'est d'une part surtout lié à l'impuslion de Delanöe ; or, cette impulsion est davantage le fruit d'une posture que d'une conviction. C'est d'autre part contraire à une bonne partie des aspirations de la gauche du PS.
Nous assistons là à un moment vraiment crucial, (ce n'est pas du baratin!) de l'histoire politique de notre pays. J'ai le sentiment (peut-être erroné) qu'il va s'agir là de savoir quel parti occupera l'espace du centre gauche en France. Et ce n'est pas rien. L'échiquier est complexe : un Besancenot qui monte en puissance, et surtout, un CAI (Centre à l'Avenir Indéterminé) encadrent le vieux PS. Pourra-t-il se trouver une place ? La question peut se poser, d'autant que le PS n'a jamais été si près d'un schiisme. Les deux tendances (gauche-gauche/centre-gauche) n'ont jamais été si opposées. Elles se sont affrontées avec pertes et fracas sur la question de l'alliance avec le MoDem. Qu'en adviendra-t-il lorsqu'il faudra parler de la ligne même du parti ? Le PS est une gigantesque machine à vapeur, qui écrase ses militants au profit d'une doctrine définie par les oligarques du parti, les fameux "éléphants". Si eux se déchirent, c'est tout le parti qui peut trembler. Et justement, le débat est devenu indispendable.
C'est l'heure.
Ben
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