Des municipales (II) : Trait d'humeur

Publié le par Ben

QUI EST LE PLUS FLOU DES TROIS?!

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Bonjour à tous !
 
Avec près de cinq jours de retard, il me vient enfin l’occasion d’aborder avec vous le premier tour des élections municipales. Quoiqu’en vérité, je m’attarderai tout aussi bien sur l’entre deux tours, qui, il faut bien le dire, n’a pas été sans m’inciter à quelques remises en cause personnelles.
 
Les chiffres tout d’abord : la gauche a réussi à rassembler 47% des suffrages exprimés, contre 41% pour la droite… (me semble-t-il). Quant au centre, comme il s’était allié assez aléatoirement entre gauche et droite dès le premier tour, tout en restant parfois indépendant, son score n’aurait pas de représentation réelle… disons qu’il a dû compter pour 7 ou 10%...
 
La première chose qui m’a choqué lors de ce scrutin fut la soirée électorale qui s’en suivit. L’interprétation des résultats par nos responsables politiques nationaux m’a laissé sans voix. Nous sommes loin, tellement loin, de la grande année 2007, pleine d’espoir… ! Le spectacle était pitoyable (du moins sur France 2 et France 3) : de nouveau, les deux camps se sont opposés frontalement, bêtement, à propos de ce fameux « vote sanction ».
Faut-il donc être ignare au point de croire que ces municipales n’ont été qu’un scrutin local, sans aucune influence nationale ? Faut-il donc être ignare au point de croire que le vote des français n’a été guidé que par le souci de faire trembler le gouvernement ?
 
Ou n’était-ce pas tout simplement un scrutin local, dans lequel les électeurs, comme pour tout le reste, sont influencés par un ensemble de facteurs ? Faut-il donc que tous ces gens retournent à Sciences Po, première année, Introduction à la Sociologie, chapitre : « ComposanteS du vote et démographie électorale » ?!
Dimanche soir en effet, nous avons retrouvé nos bons vieux démons obscurantistes. Une bonne vieille droite et une bonne vieille gauche, chacune campant sur sa position bornée pour avoir raison de l’autre. Que dis-je ! Position ?! Non, posture. Imposture, même.
 
J'étais le premier à espérer mieux de l’entre-deux tours. C’est l’une de mes périodes préférées : car jamais, dans ces moments de transition, il n’a été d’aussi bon ton et aussi fashionable d’être centriste. Dans les JT, le mot « MoDem » ressort toutes les deux phrases, et, assez étrangement, le PS et l’UMP se modèrent soudain, devenant compréhensifs, ouverts, presque accueillants. Presque.
Ces élections auront au moins eu le mérite de mettre en valeur les petits partis, qui, du haut de leurs 5 ou 7%, ont pu infléchir certains projets municipaux à leur profit, et gagner des élus : le MoDem en est le meilleur exemple. Toutefois, il ne faut pas oublier qu'il a aussi, localement, réalisé des scores exemplaires : je pense à Rennes ou certains arrondissement de Paris, où il se maintient au second tour ; je pense à Arras, où il est donné gagnant au second. Reste la question Paloise...

Nombreuses ont été les critiques à l'égard de la stratégie des centristes. L'opportunisme ou l'arrivisme auraient, paraît-il, été de mise. Sans doute, car nous parlons là de politique. Allez demander à l'UMP ou au PS si, lorsqu'il s'agit de lécher les bottes des soldats oranges pour gagner un scrutin, il ne sont pas opportunistes.

Il y aurait peut-être un seul urluberlu pour prétendre ne pas vouloir des centristes entre les deux tours : c'est Nabot-Naparte Ier. "Bayrou, c'est comme du sparadrap : une fois qu'il t'a collé, c'est impossible de t'en débarasser." Aveu de mépris ou crainte d'un ennemi furur? Les deux, sans doute. 
Lui et ses collègues, à l'UMP, n'ont eu cesse de saper le MoDem. "Ils refusent de travailler avec nous aux municipales, et acceptent de se rallier à la liste de la majorité présidentielle aux cantonnales. Ca n'a aucune cohérence." précise un candidat de l'Union pour la Majorité Présidentielle, évoquant la situation de sa localité. Visiblement, ils ont la mémoire courte, dans ce parti. Car j'avais cru entendre (aurais-je l'oreille bouchée?!) que les élections municipales n'avaient rien à voir avec le gouvernement où la majorité en place. Que c'était local. Bizarre, vous avez dit bizarre... Il doit sûrement falloir avoir un Master pour comprendre cela.

C'est comme pour comprendre pourquoi, si l'UMP est si cohérente, elle soutient un ex-maire PS contre le MoDem... À Pau, comme par hasard.

Vous avez dit... opportunisme? Flou?!?!
Entre la gauche et la droite, l'échange se résume à "J'ai gagné, nananère!". Ce soir, à la droite, j'ai envie de dire "C'est celui qui dit qu'y est!".

Alors en attendant, un conseil : pour voter dimanche, oubliez les discours et les magouilles partisanes. Choisissez un projet politique, un programme : choisissez votre maire.

Ben

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Publié dans Politique de Cuisine

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Ton analyse de la situation est remarquable de finesse ; nous venons de connaître une semaine qui fera date. Je souhaiterais en quelques points faire tantôt écho, tantôt ouvrir des perspectives, ou bien souligner quelques points qui m'auront parus "étonnants".<br /> <br /> 1. Pour commencer par le commencement, revenons à dimanche soir sur les plateaux télé. Tu as dit l'essentiel. Je rajoute quelques points frappants. Les discours des uns et des autres ont été biaisés par un BUG informatique ! En effet la mesure du taux de participation a, comment dire, un peu "foiré". Du coup tout ce qui a été dit ce dimanche soir sur la mobilisation ne vaut rien. Lorsque les chiffres RÉELS ont été connus, on constate que le taux de participation à une élection municipale est un des plus faibles de la Vème République. Abstention massive donc, qui s'est abstenu et où ? <br /> Quelques pistes :<br /> => faible participation dans le 16ème arrondissement à Paris, un ballotage inouï à Neuilly, dans le 7ème à Paris, la gauche à 44% dans le 6ème à Lyon... Ces "fiefs" traditionnels de la droite seraient en émoi ?<br /> => l'électorat populaire et droitier ne répond pas "présent", le Front National apparaîtrait laminé ?<br /> <br /> 2. Les maires élus dès le premier tour ! Un phoenix à Bordeaux, un "barreur" à Lyon, la mayonnaise a pris à Dijon... De bons maires ayant de bons bilans.<br /> <br /> 3. Des "bastions" de la droite passent à gauche ! Rodez, etc.. (Cf 1 relatif à la participation) contre deux villes à droite. Mais dans ce cas, ce sont deux JEUNES membres du gouvernement qui deviennent maires. Argument repris ad nauseam par la droite et félicitations du résident de l'Élysée.<br /> <br /> 4. Fallait bien l'évoquer notre président : local - pas local ce scrutin ? C'est selon. Intervention ou pas ? Profil bas, mais après 4 minutes du discours de Toulon, on le sait, la dimension nationale est dans tous les esprits dont le sien. => à noter ! Un remarquable et savoureux lapsus dû à un accès de laïcité positive (?) lui fait lancer une exhortation à aller voter "quelques soient les opinions, les croyances, et les choix". <br /> On ne se refait pas !<br /> <br /> 5. Un premier ministre au charbon, le scrutin n'est que local ! Un chef de majorité dans son rôle somme toute ?<br /> <br /> 6. Et enfin quid du MoDem ? Il aura occupé une place pour le moins centrale. Les médias ont trouvé un gimmick ! Ce jeune parti a été l'objet de toutes les attentions en dépit de son score relatif comme tu l'as souligné. Pas de stratégie d'alliance au niveau national et ce fut la déroute, à droite, à gauche dans les médias et au sein même du MoDem ! Panique générale à bord ! Mais ce parti, il faut ne pas l'oublier n'a pas un an ! Ses adhérents proviennent d'horizons différents et ne se connaissent pas encore.<br /> <br /> 6.bis : centre gauche, centre droit, centre centre ? Quels sont les nuances de l'orange ? MoDem des villes, MoDem des campagnes ? Il y a-t-il un ou des MoDem ? De grâce, laissons à ce très jeune mouvement le temps de se retrouver après cette agitation. Les priorités pour ce parti : Se compter, fédérer les individualités et les sensibilités autour d'un socle de valeurs. Et élaborer un PROJET.<br /> <br /> 6.ter : embarquement pour l'avenir ? Le MoDem, peut-être en conviendra-t-on par la suite, aura fait voler en éclats en cette semaine d'entre-deux le schéma bipolaire "classique" du paysage politique français. Les nouveaux élus oranges auront à prouver par leur action locale au quotidien leurs compétences. C'est le seul moyen d'assurer la crédibilité et à terme la pérennité de la démarche qu'a initié François Bayrou. <br /> <br /> 7. Un palois qui ne manque pas de panache ! "Prend garde à gauche, prend garde à droite !" À deux jours du second tour, ce n'est pas facile de poser un pronostic pour qui n'est pas sur place ! On souhaite au béarnais de réussir son pari "risqué". Même un échec (le cas échéant) serait à relativiser car François Bayrou aura prouvé sa constance et sa détermination à refuser les petits calculs.<br /> <br /> 8. Pour conclure, il ne faut pas oublier que le vent de l'Histoire a soufflé sur cette semaine agitée. La journée de mercredi fut marqué par une parenthèse ouverte à la suite de l'annonce de la dispartion du dernier poilu. Cet événement nous place à une charnière de l'histoire de notre Nation.<br /> Cette guerre aura été pour notre pays une épreuve. Mais c'est aussi le creuset d'où est sortie affermie la République. Les tranchées ont en effet scellé la fraternité entre français d'horizons divers. L'instituteur laïc, le laboureur catholique, l'ouvrier socialiste des hommes qui ont partagé les mêmes épreuves...
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