Une récession très frenchie

Publié le par Ben

Bonjour à tous !

 

L’ensemble des gouvernements européens semble aujourd’hui empêtré dans une récession économique d’envergure mondiale : alors que M. Fukuda, premier ministre nippon, a déclaré le 6 Août que « Le Japon semble être entré en récession », que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne traînent les pieds, et que la Chine est menacée par une immense bulle immobilière, l’Europe semble à son tour touchée. Les économistes prévoient pour 2008 et 2009 une croissance extrêmement faible (1,3% pour la France) et un net recul de l’emploi. Le tout dans un contexte international difficile puisqu’inflationniste, contribuant à tasser la consommation, moteur habituel de la croissance des économies européennes. Nous entrons dans une situation extrêmement délicate, mêlant croissance faible et inflation : c’est la terrible stagflation, qui a mis un terme aux Trente Glorieuses dans les années 1970.


 

L’Espagne a déjà engagé un plan de relance à la suite de la crise immobilière qui l’a touchée il y a quelques mois : elle devrait utiliser ses dernières cartouches très prochainement. Les gouvernements européens, en concertation permanente, n’ont pas encore pris de décision majeure. Mais une chose est sûre : la France, accablée par un déficit important, ne pourra pas sortir indemne de la crise.

Deux possibilités s’offrent au gouvernement. Ou bien relancer l’économie en réinjectant de l’argent public dans le système ; ce serait sacrifier les objectifs d’équilibre budgétaire (c’est-à-dire, ne pas respecter nos engagements internationaux). Ou bien lancer un large plan de rigueur en augmentant les impôts.

Le choix est cornélien. Mais c’est aussi une conséquence directe d’une politique, qui, sous couvert de « réforme », n’a pas résolu les grands problèmes de ce pays.

 

Je n’ai pas arrêté d’en parler sur ce blog. La France n’avait pas besoin de grands discours et de grandes dépenses pour retrouver du poil de la bête : il suffisait d’un peu de bon sens. Ce que nous vivons actuellement était déjà constatable, en partie, en 2007…

Le paquet fiscal, qui a touché à divers points (bouclier fiscal, heures supplémentaires, droits de succession…) n’a pas résolu les problèmes de fond, hormis peut-être la rigidité des 35 heures. On a jeté de l’argent par les fenêtres, qui, à défaut de pouvoir servir aujourd’hui, aurait pu être bien mieux utilisé hier, et aurait atténué les effets de la crise actuelle.

N. Saji, grand économiste japonais, de constater : « Il y a un phénomène curieux d'inflation des produits de nécessité et de déflation des autres. Lorsque les produits frais augmentent au Japon, les épouses, par exemple, repoussent l'achat éventuel d'une voiture, ce qui fait baisser leur prix».

La répartition des revenus en France est stable, c’est l’inflation qui s’est mal répartie.

 

Mais bien sûr, c’est la conjoncture internationale et l’affaiblissement de la première économie du monde qui sont à l’origine de ce retournement de conjoncture. Ce que je voudrais dénoncer ici, c’est que les maux qui nous touchent actuellement étaient en partie déjà présents auparavant, dans une moindre mesure :

 

Ø      Manque de concurrence dans la grande distribution, donnant aux produits de première nécessité une part trop importante dans les budgets modestes

Ø      Marché immobilier générant des prix trop élevés pour être durablement soutenus par les budgets et les banques

Ø      Inflation concentrée sur les produits de première nécessité (et cours du pétrole)

Ø      Manque de compétitivité à l’export, renforcée par le cours du baril

 

Car c’est bien là le gros problème : c’est l’essentiel qui est touché, c’est ce dont nous avons besoin tous les jours : le pétrole, les fruits, le riz, la maison, et le prêt qui va avec… Et tout cela sape l’ensemble du système économique.

 

En France, où le déficit est trop fort pour agir, on parie surtout sur une baisse des cours du pétrole et de l’euro, qui permettrait de donner un peu d’air à la consommation et à l’export, respectivement. Mais ni cela, ni un plan de relance ne résoudront les problèmes internes à notre système, quoiqu’en dise la ministre de l’économie, invoquant une structure « saine ».

Certes, les revendications sarkozystes d’un assouplissement monétaire n’ont cependant jamais été aussi fondées, tout en restant juridiquement difficilement envisageables… Elles allègeraient le poids de la conjoncture et sauveraient sans doute quelques marchés à l’export.

 

Mais j’ai bien peur que Nabot-Naparte Ier risque d’avoir très, très, très mal aux dents ces prochains mois…

 

Ben

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Publié dans Economie

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B
Encore une fois, merci de passer, mon cher Houhou ;) C'est un plaisir d'enrichir le débat!En ce qui concerne cet article, je voudrais déjà m'excuser pour sa qualité relativement moyenne. Mais j'ai besoin de retrouver un "rythme d'écriture" depuis le mois de Juillet (où, gagne-pain oblige, je n'ai guère eu de temps à consacrer à VdG). Je me suis donc forcé à écrire, et comme toujours, sans envie, les résultats sont très médiocres.Revenons plutôt sur ce que tu as dit.Tu as raison de souligner que "l'augmentation de la concurrence" dans la GD n'est pas une priorité. C'est parce que je me suis mal exprimé : les problèmes de concurrences dont je parle sont plus profonds. Pour avoir quelques entrées, je puis t'assurer que les marges que réalise la GD sont gigantesques : elles écrasent les fournisseurs et profitent ensuite d'un certain monopole spatial pour vendre à prix très haut. Et le pire, c'est que personne ne peut drastiquement diminuer ses dépenses alimentaires...Aussi, une réforme s'imposait. Celle qui a été proposée par le gouvernement n'aura à mon avis aucun impact. En revanche, une loi de protection des fournisseurs de la GD aurait été plus intelligente. Il faut leur redonner un poids dans les négociations. Qui plus est, pourquoi ne pas obliger la GD à afficher le prix d'achat de ses produits? Je pense que cela ferait rire pas mal de monde...En ce qui concerne le train de vie de l'appareil public, je crois qu'il faut tout relativiser. Il ne faut jamais oublier qu'une République généreuse envers ses représentants -en toute décence, bien sûr- est aussi une République qui se protège contre la corruption. Un député financièrement à l'aise sera moins tenté par les offres alléchantes de je ne sais quel lobby industriel... De toute manière, ce train de vie est un aspect minime du problème de nos finances - mais symbolique, bien sur-. La principale raison des impots n'alimentant pas les "ors de la République", mais bel et bien la mise en place de politiques décentralisées. Soyons clairs : nous avons donné des compétences aux collectivités, sans leurs transférer assez de ressources. Résultats : augmentation des impôts locaux, maintien de la fiscalité nationale (évidemment...) et postes de la fonction publique d'Etat littéralement inutiles, mais inamovibles... c'est la grosse pagaille!Je ne reviendrai pas sur le débat entre les "in" et les "out", qui concerne aussi la distinction CDD/interim/CDI au sein même du privé... et qui pose des questions sur la "qualité" de notre taux de chômage!Démocratiquement,Ben
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H
je ne suis pas certain qu'un augmentation de la concurrence dans les grandes surfaces fassent baisser les prix. Tout ce qui risque de se passer, c'est de voir des enseignes se casser la figure et laisser sur le terrain un seul acteur. Regardons ce qui s'est passé sur le terrain de la distribution de l'essence. De nombreux pompistes de proximité ont du fermé ne pouvant s'aligner sur les prix plus bas des grandes surfaces qui après avoir éliminer la concurrence de petits distributeurs ont par la suite rehaussé leurs tarifs. Il est aussi étonnant que le train de vie des municipalités, conseils généraux et conseils régionnaux ne changent pas. Taxes et impôts sous formes diverses n'arrêtent pas d'augmenter et quand ce n'est pas le cas se sont les financements de ces institutions qui diminuent mais on touche rarement au train de vie.La société française encours le risque grave d'une cassure entre ceux qui ont une profession protégée et les autres qui avec ou pas de cdi vont connaitre la précarité.En dernier les français ne comprennent pas ces augmentations de l'électricité et du gaz alors que edf et  suez-gdf sont largement bénéficiaires
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