Les centristes sont-ils de droite?

Publié le par Ben

H. Morin, membre du Nouveau Centre, l'aile la moins "à droite" de l'UMP

Bonjour à tous!

Suite à une petite pique trouvée dans un blog concurrent (qui a le malheur d'être socialiste!), je me vois obligé de me poser une grosse question : les centristes sont-ils de droite?

"Le souci avec les centristes, c’est que je les vois beaucoup plus comme ayant des valeurs de droite que des valeurs progressistes."
Gilles in Actupol

Après tout, l'un des gros crédos de la gauche pendant les présidentielles (et parfois encore aujourd'hui), était de dire que Bayrou était, est, et sera un "homme de droite" : ce serait tellement plus simple pour eux! Alors, qu'en est-il?

Réfléchissons au message du centre : après tout, c'est ce qui compte.
Les démocrates affirment qu'il faut rassembler des hommes de droite et de gauche dans un même exécutif, afin de fournir un travail éloigné des idéologies et plus proche du pragmatisme. Lorsqu'il parlait "des deux camps", Bayrou évoquait-il l'UMP et le FN?! Je ne pense pas. Donc, il désire réellement intégrer des gens du PS dans son gouvernement. Cependant, il y en a à qui ça n'a pas plu. Vraiment pas. Regardez la photo en tête de mon article : vous saurez où ils sont, les centristes de droite! Les pauvres... allez voir la vidéo "Bayrou et le départ de ses cadres" pour connaître leur sort! Et puis, lorsqu'on entend le leader centriste, dire à l'issue du premier tour raté des présidentielles : "Je ne voterai pas Nicolas Sarkozy" (ce qui lui vaut une sacrée traversée du désert!), comment le considérer comme "de droite", alors qu'il avait toutes les possibilités de finir avec un beau portefeuille, voire Matignon?! Il est en train de crever parce qu'il a marché sur les pieds de la droite, et l'on ose encore dire qu'il est de droite? JE M'INSURGE!

[Les entreprises délocalisent-elles parce que les français travaillent mal, ou parce qu'elles paient trop d'impôts?!]
 

À écouter le centre, le MoDem n'est donc pas de droite. Peut-être n'est-ce qu'une posture?

Il est certain que le MoDem n'est pas réputé interventioniste en économie. Rien que pour réduire la dette publique, il aurait fallu qu'il prenne des mesures quelque peu libérales, de façon à accroître la capacité de production de notre économie sans dépenser un sou. C'est évident, et il ne s'en ai jamais caché. L'exemple du programme de Bayrou et des "deux CDI sans charges sauf les retraites" est bon exemple de la philosophie du MoDem : libéral oui, mais pas antisocial. Dire que les entreprises françaises sont celles qui paient le plus d'impôts en Europe est une réalité ; dire que l'Etat s'endette un peu plus chaque année l'est aussi. Il y a donc un vrai problème : on paye plus d'impôts que les autres, mais on s'endette quand même?! L'Etat doit se redéployer, les français peuvent exiger mieux. La compétitivité et le social ne sont pas antagoniques, contrairement à ce que ce clivage voudrait nous faire croire.
Ne serait-ce que l'opposition farouche de Bayrou à la démarche économique Sarkozyste montre bien qu'il prend en compte les réalités de la mondialisation, et les "libéralisations" qu'elle réclame pour rester compétitif, en même temps que les besoins sociaux. Sa démarche est une vraie analyse économique ; pas une grille de lecture idéologique.
Dans un sens, c'est vrai que le Modem n'est pas "de gauche" : il refuse une augmentation de la place de l'Etat. Mais il n'est pas "de droite" non plus, car il est soucieux des conséquences sociales de ses réformes (petites retraites, smic, etc.) ; Bayrou s'était engagé et a donner des garanties sur ces aspects. Le diagnostic démocrate est de dire que le problème vient de l'incapacité des PME à grandir. Pas de l'absence de bouclier fiscal, ou d'une redistribution insuffisante...


Il n'est peut-être pas "progressiste", dirait Gilles!
Je me souviendrai toujours de ce cadre démocrate angevin, qui, se rendant auprès d'une association homosexuelle et y discourant devant des personnes dubitatives (car habituées aux interventions du PS) s'est finalement fait applaudir. Il faudrait observer l'évolution programmatique du MoDem en cette matière. Si Bayrou est par exemple toujours opposé au mariage gay, pour des raisons symboliques, il est en faveur d'une union civile. Mais plus encore, il s'était prononcé en faveur de l'adoption simple par les homosexuels. Il n'est peut-être pas si réac' que ça, Franchounet! Restons prudent avec le terme de "progressisme" : le MoDem possède d'ailleurs une large représentation homosexuelle. Du moins, de ce que j'en vois dans les quelques permanences que je fréquente. Je ne pense pas que cela soit un signe de conservatisme.
Surtout lorsque l'on sait que le MoDem rassemble dorénavant les sociaux-démocrates (anciens PS), quelques anciens Verts et des radicaux de droite. Le Mouvement créé, je le vois plus libéral-progressite qu'interventionniste-conservateur.

A ceux qui critiquent le MoDem parce qu'il est de gauche (à l'UMP)
A ceux qui critiquent le MoDem parce qu'il est de droite (au PS),

J'ai bel et bien envie de leur demander ce que veulent dire "gauche" et "droite". Ces partis là présentent toujours les mêmes programmes (plus d'Etat/moins d'Etat ; plus de sécurité/tolérance ; etc.). Ils plongent le pays dans l'immobilisme parce qu'ils sont eux-mêmes coincés dans une notion de gauche ou une notion de droite. Comment réformer un pays quand on ne sait même pas se réformer soi-même?!


D'autres sont, heureusement, plus  libres.

Ben


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Publié dans Politique

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B
L'impôt sur le revenu est beaucoup trop important pour qu'on y touche, à moins de compenser par une réforme de la TVA, si tu vois ce que je veux dire... C'est un peu comme la TIPP : ça fait c**** tout le monde, mais on ne peut vraiment pas s'en passer. Pour te donner un ordre d'idée, les trois quarts de l'impôt sur le revenu servent au SERVICE DE LA DETTE (c'est à dire seulement les intérêts)...Et pour revenir sur la quantité d'Etat dans notre économie, ce que j'essaye surtout de faire passer, c'est qu'il y en a assez des politiques bêtements redistributives genre 1933... que ce soit en baissant les impôts ou en augmentant les subventions, c'est toujours le même problème : on réinjecte bêtement.Il est vraiment temps que l'on réalise un grand audit des finances publiques, et que l'on pose clairement les problèmes de l'économie. J'ai vraiment l'impression que l'intervention de l'Etat s'est beaucoup trop éparpillée.C'est un peu comme je sais pas... une balance à dix plateaux! Pour conserver l'équilibre, il faut parfois changer la répartition des poids qu'on met sur la balance. Nous avions trouvé cet équilibre sous Jospin, on l'a perdu sous Raffarin. Trouvons ce qui ne va pas.Ca peut paraitre creux ce que je dis. Mais c'est vraiment le sentiment que j'ai.
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C
Elle est marrante, la phrase "le Modem n'est pas de gauche, il refuse une augmentation de la place de l'Etat", parce qu'elle montre bien les problèmes actuels du PS, qui n'arrive qu'à reprendre les schémas anciens, sauf que ça coince à un moment puisqu'ils ont laché l'idéologie marxiste il y a un bail et qu'ils sont infoutus de penser autre chose.Parce que honnêtement, entre ce que fait le PS quand il est au pouvoir et ce que propose le Modem, je ne vois guère de différence... Pourquoi être de gauche voudrait forcément dire vouloir plus d'Etat et des nationalisations ? ... Sinon, à propos d'impôts, certes, les entreprises en France (et non pas françaises ;-)) en paient plus que dans le reste de l'Europe. Mais faudrait voir aussi le niveau de l'impôt sur le revenu... beaucoup plus haut dans d'autres pays d'Europe. On ne peut pas raisonner impôt sans avoir une visions globale de la structure de l'impôt. Sinon, on tombe vite dans la comparaison facile et la démagogie.Et en tout état de cause, on ne peut raisonnablement prétendre réduire le déficit à court terme et baisser les impôts par ailleurs ! Là, je pense qu'on est d'accord.
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T
Cher Ben,Tu balayes dans ton article "les centristes sont-ils de droite", le spectre du paysage politique français en posant quelques très bonnes questions (comme souvent !).Je ne prétendrais pas avoir réponse à tout ! Je ne me contenterais qu'apporter quelques (petites) réflexions. 1. Sur le positionnement du Nouveau Centre et après ces récentes turbulences. Je n'ai rien à ajouter de plus à ce que tu écris à propos des néo-centristes. Leur réaction l'an passé a démontré avec ô combien d'éclat que certains seront toujours durablement timorés et figés dans le carcan d'un PPF bipolarisé. 2. Sur les lignes de clivage du paysage politique en France ?La posture néo-centriste, qui en soi ne devrait pas susciter de critiques, marque bien les limites (frontières ?) que n'OSENT pas transcender certains acteurs de la classe politique. Le refus de se déporter hors de la bipolarité droite-gauche a pour intérêt de nous indiquer clairement le côté dans lequel se rangent néo-centristes & consorts. C'est, semble-t-il, leur conviction profonde de n'avoir qu'à se borner à ne regarder que sur leur droite un horizon bleuté. Ils sont effectivement en ce sens de sensibilité "centre droit" au sens classique. Cette position, même si je ne la partage pas, est respectacle.Je m'insurge uniquement contre leurs velléités d'aller marauder sur le "terrain" MoDem. Cela me fait un peu peine de voir ces intrigues d'opérette. Comme si, tous ceux qui s'y livraient n'avaient fondamentalement rien compris à la portée (et au sens) du résultat qu'a obtenu le "troisième homme" au premier tour du scrutin présidentiel l'an passé.3. L'UDF atteignant 19% ?Ce ne sont pas près de 7 millions de "centristes" qui auront accordé leurs suffrages à François Bayrou. Les électeurs ont, je pense, été sensibles au discours pétri de raison et de valeurs humanistes que leur a tenu cet homme... et ce discours a commencé à être entendu par delà les clivages. Les faits, malheureusement pour notre pays, prouvent a posteriori que François Bayrou avait porté un diagnostic juste et lucide sur les problèmes de notre pays. Qu'aurait-il fait, si... ? Cette question se poserait parfois quand on assiste à la mise en oeuvre cahotique des politiques de l'actuel gouvernement.Mais il convient plutôt d'aller de l'avant et de définir un programme et un projet crédible d'alternative aux discours que s'efforcent à tenir (comme pour mieux s'en convaincre) les deux autres blocs. 4. Un pays qui aspire probablement au renouveau du discours politique. Je préfère écrire "transcender" les clivages alors que trop nombreux sont encore ceux qui ont le réflexe pavlovien de penser "transgresser". Les discours "classiques" et convenus opposant une droite à une gauche ne semblent plus être à même de répondre aux (légitimes) inquiétudes et espoirs de nos concitoyens. Le paysage politique français s'est tellement brouillé ces dernières années que c'est effectivement rassurant pour beaucoup de pouvoir se cantonner frileusement sur un échiquier bipolarisé. Les derniers scrutins locaux ont presque eu ceci de "positif" qu'ils permettent la mise en lumière de l'obsolescence d'un discours suranné "droite contre gauche". Et alors me direz-vous : Le Mouvement Démocrate dans tout ça ? Avant toute chose, cher Ben, je tenais à marquer une de nos (petites) différences en ce qui concerne les mots que toi et moi employons. Et il n'y aurait pas que nous !!!Là où tu écris "centriste" et pense "démocrate", je préfère écrire "démocrate" et penser "démocrate" ! Mine de rien ces nuances au niveau de la sémantique sont, à mon sens, un des points que le MoDem devra arriver à trancher. "Centriste" est selon moi un terme trop réducteur, car indirectement il nous renvoie à un positionnement entre les deux côtés clivants du spectre politique. Je suis par essence proche du corpus de pensée "social démocrate", longtemps positionné à gauche (sur son flanc droit), je n'ai pas abdiqué mes valeurs en arrivant au MoDem. Je me retrouve parfaitement à l'aise avec cet idéal de société humaniste à bâtir.J'ai fait mienne la charte des valeurs que j'ai approuvée à Villepinte car elle est à l'unisson de mes convictions démocrates. Je ne suis pas devenu (comme je pense l'immense majorité des forces oranges) stricto sensu un "centriste" en concrétisant mon engagement au sein de ce mouvement. J'y rencontre des sensibiltés authentiquement centristes, mais aussi des vertes, et des social-démocrates. On arrive cependant à tous nous retrouver sur des valeurs communes. Et pire que tout, on arrive à se parler sans s'invectiver ! Peu importeront alors nos différentes "origines" si nous partons de ce qui nous a rassemblé pour bâtir un projet d'avenir... Quant à ton collègue Gilles dont tu dis que le blog est "malheureusement" de gauche, il faudrait que tu lui envoies la charte des valeurs du MoDem. Il verrait qu'il y a sûrement moins de différences entre lui et nous qu'entre lui et Mélanchon ? Me trompé-je ? Les plus "en pointe" au PS me semblent être des personnalités comme Gérard Collomb (relire son entretien accordé à l'Express récemment) qui auraient tout compris. Il parle d'une juste compétition au premier tour pour ansuite se rassembler au second derrière celui (ou celle) qui serait arrivé(e) en tête. Car il ne faut pas être trop utopiste ! Le MoDem ne me semble pas être en mesure de parvenir à obtenir à lui-seul la majorité dans l'actuel système. D'où l'importance du projet à l'appui du discours. D'autant plus, que je verrai poindre d'ores et déjà deux prétendants sérieux à François Bayrou pour le positionnement sur le "créneau" du rassemblement, Martine Aubry et Alain Juppé. Ni droite - Ni gauche. D'accord pour le positionnement. Et après ? Le chantier auquel le MoDem devra désormais consacrer une grande part de son énergie passe notamment par la définition d'un programme ambitieux et raisonnable pour la France.Amitiés @ toutes & tous. Thierry P.
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B
Vous aurez donc tous compris que ma conclusion est "un peu, mais pas trop". Libre aux centristes ou aux hérétiques du PS ou de l'UMP de contester... je donne une vision personnelle, qui, je l'espère, suscitera des réactions.Car être provocateur fait partie du jeu, pour l'auteur ^^
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