Les caisses sont vides
Bonjour à tous,
Je m'en vais aujourd'hui vous parler un peu d'économie européenne. La crise financière américaine (qui a l'air de se calmer) a cette semaine monopolisé l'intention des médias. Mais la semaine prochaine, un autre évènement économique pourrait (ou devrait) nous interpeler.
Je veux ici parler d'un rapport de la Commission Européenne, qui devrait être publié d'ici le 30 Janvier (source : Le Monde). Le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, Joaquim Almunia, considère que la situation française en matière de finances publiques s'apparente désormais à celle de l'Italie, dont le déficit s'est fortement accentué à l'époque où Berlusconi cherchait lui aussi, à "relancer" la croissance plutôt qu'à mener une politique de rigueur. Or , l'endettement de l'Italie est catastrophique. Cela me laisse craindre de mauvais résultats en ce qui concerne la politique économique de notre empereur...
Mais il y a pire encore. La commission regrette amèrement la situation française : "Les Italiens ont l'excuse de ne pas disposer d'un gouvernement solide, mais ils ont clairement relâché leurs efforts en observant le comportement des français". C'est un principe de base, évident : lorsque l'on signe un traité (ici : le traité de Maastricht, qui incluait le fameux "Pacte de Stabilité et de Croissance"), on le respecte. A partir du moment où l'on se permet des "exceptions", la porte à toutes les exactions est ouverte. Après tout, si les français violent le traité, pourquoi pas les italiens? C'est non seulement notre image et notre crédibilité qui sont en jeu, mais aussi le risque de contagion déficitaire.
Certes, Monsieur Sarkozy avait, au début de son mandat, réussi à convaincre le Conseil de lui laisser jusqu'à 2012 pour rétablir l'équilibre budgétaire. Pourtant, la Commission lui avait fermement fixé, et le lui rappellera dans son rapport, le délai de 2010 pour revenir à l'équilibre. Elle reconnait, elle reconnait -mais regrette- que le délai de 2012 est devenu "le plus probable", sous condition que Nabot-Nabarte Ier engage les "réformes cruciales" que cela implique, et ce, dès 2008. En effet, la Commission juge que "Néanmoins, même cette trajectoire d'ajustement est sujette à des risques importants", et précise que "leur efficacité devra être testée".
Et ce d'autant plus que Bruxelles affirme que les prévisions de croissance du gouvernement sont erronées, et tablent sur une vision beaucoup trop optimiste de l'état de l'économie mondiale, à l'heure où la conjoncture est incertaine. Christine Lagarde, ministre des finances, table en effet toujours sur une croissance entre 2 et 2,5% pour 2008, alors que la Commission devrait revoir à la baisse ses prévisions (qui avaient déjà été abaissées à 2% enautomne). Selon toute vraisemblance, la nouvelle projection européenne devrait tabler autour des 1,8%.
Que l'on approuve ou non la politique du chef de l'Etat, il est clair que la Commission est franchement sceptique à son propos. Chacun sait le tollé que les deux pacquets fiscaux ont d'ailleurs provoqué au sein des élites européennes.
Durant l'ensemble du mandat de G. Shröder, l'Allemagne s'est contrainte à une politique de rigueur, réduisant la part de l'Etat dans le PIB, contractant les dépenses, au prix d'une croissance économique faible plus de 10 ans durant. C'est aujourd'hui une Allemagne assainie et regaillardie qui affiche des finances publiques en redressement. A contrario, la France paye cher son laxisme qui, depuis 30 ans, laisse courrir le déficit. Alors que toute l'Europe peut se permettre d'avoir de l'ambition, elle va devoir commencer à serrer la ceinture.
Ben