L'Empereur a parlé
L'URGENCE EST PARTOUT
(puisqu'on vous le dit!)
Attention : l'auteur prévient ses honorables lecteurs qu'il s'agit ici d'un billet d'humeur plus que d'un article critique!

Nabot-Naparte Ier lors de sa conférence de presse, hier.
L'empereur a réalisé hier sa première conférence de presse en tant que Président de la République, discipline où, comme vous savez, il excelle.
Le showman est toujours aussi doué : il sait casser le rythme, jouer sur le côté émotionnel de sa (si tragique) situation, taper sur les journalistes quand il le faut, et s'imposer. Passons.
Il a débuté la conférence par une allocution d'une heure, où il a résumé son bilan 2007 (de façon très optimiste) et annoncé ses intentions aux journalistes. Puis il a répondu à leurs questions. Sur les 650 journalistes présents, 40 étaient étrangers, et une seule d'entre eux a finalement posé une question, par manque de temps.
Il a abordé plusieurs sujets. A propos de l'international, il ne renie ni le fait d'avoir accueilli Kadhafi (ce que je conçois plus ou moins) ni d'avoir félicité Poutine (ce que je conçois beaucoup moins, surtout que le Président Russe ne se gêne pas pour faire pression sur nous à l'aide du gaz). Il prône l'agrandissement du G8 en G13 afin d'y intégrer les nouvelles puissances émergentes, et il faut soutenir cette initiative. Il souhaite aussi élargir du Conseil de Sécurité de l'ONU. Pour le coup, il s'agit d'un simple voeu pieu, et il risque de ravaler son chapeau très prochainement. Les USA, la Russie et la Chine étant plutôt réticents à cette mesure, il y a de grands risques que l'un des trois oppose finalement son droit de veto à une telle idée. Même si l'Empereur possède tous les alliés du monde. L'intention reste bien entendu défendable, même si je la soupçonne d'être démagogique.
Il y a aussi le "cas 35 heures" avec l'esprit desquelles le Président désire rompre. Lorsqu'on lui demande s'il souhaite les supprimer réellement, le Président répond : "Question suivante?". Cela me rappelle le grand débat Sarko-Royal, dans lequel elle lui demanda après qu'il ait parlé de son projet de défiscalisation des heures supplémentaires : "Pourquoi, dans ce cas, ne pas supprimer les 35 heures?". Il semblait troublé, mais elle ne fut pas assez maline pour laisser s'installer un silence gêné...
Et puis, au delà de ces sujets relativement sérieux, de nombreuses futilités ont été évoquées. Concernant l'étalage permanent de sa vie privée, l'Empereur a rappelé que ce n'est pas lui qui s'exposait, mais bien les journalistes qui le suivaient partout. Voilà qui m'étonne venant d'une personne aussi rompue que lui à la communication : il sait très bien qu'on ne demande pas aux journalistes de venir, mais qu'on leur demande de ne pas venir. Eux remplissent leur rôle en suivant le chef de l'Etat, et c'est bien normal (peu importe ce qu'ils en font). Si ce dernier souhaite passer des vacances anonymes, qu'il interdise les journalistes.
Ca me rappelle le coup de Dysneyland : s'il le veut, le Président a tous les moyens (et entre autres : les services sercrets!) à sa disposition pour qu'on lui ménage une entrée discrète. Quand il s'est agi d'organiser des petites réunions avec Eric Besson durant sa campagne électorale, il a très bien su se cacher. Sa remarque relève donc plus de l'esquive que d'une véritable réponse. Il montre sa vie privée parce que ça lui plait, qu'il l'admette. Quant aux risques que cela comporte... vous vous doutez de mon opinion. Peu m'importe d'ailleurs que "ce soit du sérieux" ; on croirait entendre un adolescent parlant de sa nouvelle copine.
"Carla [ou Cécilia, à l'époque? Je ne sais plus...] et moi, on a choisi la transparence", a-t-il plusieurs fois répété. Voilà pourquoi nous venons d'apprendre qu'il a subi une opération médicale en... Octobre. La transparence sur sa vie privée pourquoi pas, mais au détriment de celle sur la santé du chef de l'Etat? N'y a-t-il pas une légère erreur dans l'ordre des priorités?! Et dire qu'ensuite, il ose critiquer Mitterrand...
Cela me rappelle que lors de la question sur son train de vie, il s'est brutalement énervé et a renvoyé le journaliste dans ses foyers, précisant que sa hausse de salaire n'était qu'une légitimation et une clarification de ses revenus, et qu'ils étaient même au final pas si astronomiques que cela en tenant compte de la retraite. Certes. Et il a raison : au lieu d'avoir un salaire à 6500€ en pouvant piocher dans les caisses quand il le veut, il gagne 20 000€ et pas plus. Personnellement, je pense que c'est préférable. Mais il se met à s'agacer contre les gens qui critiquent cela.
Qui critique? Oui, il a des relations honteuses avec le milieu financier et actionnarial. Oui, il a des ponts pour influencer médias et relais d'information. Mais non, son salaire n'a pas créé de polémique durable, puisque même la gauche avait voté en faveur de celui-ci. J'ai donc clairement l'impression que l'Empereur manque tellement d'opposition qu'il est en train de s'en inventer une : il érige lui même les haies qu'il franchit.
Nous pourrions avoir l'impression qu'il a raison en se justifiant : la vérité est qu'il ne répond à personne, et que le scandale est moins sur son train de vie que sur l'impudeur permanente qu'il manifeste en l'exposant. Volontairement.
Alors voilà : l'urgence est partout. Le pays frôle la famine. Les caisses sont vides (je ne reviendrai pas sur cet aveu d'impuissance). Et je suppose que les marsiens nous enverront une menace d'invasion aux alentours d'avril 2012 : à écouter Nabot-Naparte Ier, le pays est dans une situation on ne peut plus catastrophique.
Mais on parle Carla et Rolex. N'est-ce pas... gênant?
Toujours est-il qu'à l'annonce de sa conférence (et de sa volonté de réformer la télévision publique), l'action de TF1 a bondi de 9,94%....
Ben
(de mauvais poil)
(puisqu'on vous le dit!)
Attention : l'auteur prévient ses honorables lecteurs qu'il s'agit ici d'un billet d'humeur plus que d'un article critique!

Nabot-Naparte Ier lors de sa conférence de presse, hier.
L'empereur a réalisé hier sa première conférence de presse en tant que Président de la République, discipline où, comme vous savez, il excelle.
Le showman est toujours aussi doué : il sait casser le rythme, jouer sur le côté émotionnel de sa (si tragique) situation, taper sur les journalistes quand il le faut, et s'imposer. Passons.
Il a débuté la conférence par une allocution d'une heure, où il a résumé son bilan 2007 (de façon très optimiste) et annoncé ses intentions aux journalistes. Puis il a répondu à leurs questions. Sur les 650 journalistes présents, 40 étaient étrangers, et une seule d'entre eux a finalement posé une question, par manque de temps.
Il a abordé plusieurs sujets. A propos de l'international, il ne renie ni le fait d'avoir accueilli Kadhafi (ce que je conçois plus ou moins) ni d'avoir félicité Poutine (ce que je conçois beaucoup moins, surtout que le Président Russe ne se gêne pas pour faire pression sur nous à l'aide du gaz). Il prône l'agrandissement du G8 en G13 afin d'y intégrer les nouvelles puissances émergentes, et il faut soutenir cette initiative. Il souhaite aussi élargir du Conseil de Sécurité de l'ONU. Pour le coup, il s'agit d'un simple voeu pieu, et il risque de ravaler son chapeau très prochainement. Les USA, la Russie et la Chine étant plutôt réticents à cette mesure, il y a de grands risques que l'un des trois oppose finalement son droit de veto à une telle idée. Même si l'Empereur possède tous les alliés du monde. L'intention reste bien entendu défendable, même si je la soupçonne d'être démagogique.
Il y a aussi le "cas 35 heures" avec l'esprit desquelles le Président désire rompre. Lorsqu'on lui demande s'il souhaite les supprimer réellement, le Président répond : "Question suivante?". Cela me rappelle le grand débat Sarko-Royal, dans lequel elle lui demanda après qu'il ait parlé de son projet de défiscalisation des heures supplémentaires : "Pourquoi, dans ce cas, ne pas supprimer les 35 heures?". Il semblait troublé, mais elle ne fut pas assez maline pour laisser s'installer un silence gêné...
Et puis, au delà de ces sujets relativement sérieux, de nombreuses futilités ont été évoquées. Concernant l'étalage permanent de sa vie privée, l'Empereur a rappelé que ce n'est pas lui qui s'exposait, mais bien les journalistes qui le suivaient partout. Voilà qui m'étonne venant d'une personne aussi rompue que lui à la communication : il sait très bien qu'on ne demande pas aux journalistes de venir, mais qu'on leur demande de ne pas venir. Eux remplissent leur rôle en suivant le chef de l'Etat, et c'est bien normal (peu importe ce qu'ils en font). Si ce dernier souhaite passer des vacances anonymes, qu'il interdise les journalistes.
Ca me rappelle le coup de Dysneyland : s'il le veut, le Président a tous les moyens (et entre autres : les services sercrets!) à sa disposition pour qu'on lui ménage une entrée discrète. Quand il s'est agi d'organiser des petites réunions avec Eric Besson durant sa campagne électorale, il a très bien su se cacher. Sa remarque relève donc plus de l'esquive que d'une véritable réponse. Il montre sa vie privée parce que ça lui plait, qu'il l'admette. Quant aux risques que cela comporte... vous vous doutez de mon opinion. Peu m'importe d'ailleurs que "ce soit du sérieux" ; on croirait entendre un adolescent parlant de sa nouvelle copine.
"Carla [ou Cécilia, à l'époque? Je ne sais plus...] et moi, on a choisi la transparence", a-t-il plusieurs fois répété. Voilà pourquoi nous venons d'apprendre qu'il a subi une opération médicale en... Octobre. La transparence sur sa vie privée pourquoi pas, mais au détriment de celle sur la santé du chef de l'Etat? N'y a-t-il pas une légère erreur dans l'ordre des priorités?! Et dire qu'ensuite, il ose critiquer Mitterrand...
Cela me rappelle que lors de la question sur son train de vie, il s'est brutalement énervé et a renvoyé le journaliste dans ses foyers, précisant que sa hausse de salaire n'était qu'une légitimation et une clarification de ses revenus, et qu'ils étaient même au final pas si astronomiques que cela en tenant compte de la retraite. Certes. Et il a raison : au lieu d'avoir un salaire à 6500€ en pouvant piocher dans les caisses quand il le veut, il gagne 20 000€ et pas plus. Personnellement, je pense que c'est préférable. Mais il se met à s'agacer contre les gens qui critiquent cela.
Qui critique? Oui, il a des relations honteuses avec le milieu financier et actionnarial. Oui, il a des ponts pour influencer médias et relais d'information. Mais non, son salaire n'a pas créé de polémique durable, puisque même la gauche avait voté en faveur de celui-ci. J'ai donc clairement l'impression que l'Empereur manque tellement d'opposition qu'il est en train de s'en inventer une : il érige lui même les haies qu'il franchit.
Nous pourrions avoir l'impression qu'il a raison en se justifiant : la vérité est qu'il ne répond à personne, et que le scandale est moins sur son train de vie que sur l'impudeur permanente qu'il manifeste en l'exposant. Volontairement.
Alors voilà : l'urgence est partout. Le pays frôle la famine. Les caisses sont vides (je ne reviendrai pas sur cet aveu d'impuissance). Et je suppose que les marsiens nous enverront une menace d'invasion aux alentours d'avril 2012 : à écouter Nabot-Naparte Ier, le pays est dans une situation on ne peut plus catastrophique.
Mais on parle Carla et Rolex. N'est-ce pas... gênant?
Toujours est-il qu'à l'annonce de sa conférence (et de sa volonté de réformer la télévision publique), l'action de TF1 a bondi de 9,94%....
Ben
(de mauvais poil)
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