Faire-part

Publié le par Ben

Mes chers lecteurs,

Il est 22h15 ce dimanche et me voici de retour de notre formidable capitale... nul doute que notre week-end fut littéralement surchargé! J'ai bien sûr joué au Français moyen, et parfaitement rempli le cahier des charges du touriste bateau en visite "à la capitale" : je ne pouvais pas louper les marches de Montmartre (et il y en a, je vous le dis!!!) ou de la Tour Eiffel, le jardin des Tuileries, le Faubourg Saint-Honoré, la Madeleine, et bien d'autres lieux célèbres encore.



J'ai aussi eu le privilège d'assister à une représentation de la Comédie Française (à l'initiative et en compagnie de Thierry P.!), la Vie du grand dom Quichotte de la Manche et du gros Sancho Pança, mise en scène par Emilie Valantin. C'était un dépoussiérage (c'est le moins que l'on puisse dire) de la célèbre pièce narrant l'histoire de ce "Chevalier Solitaire" en vérité complètement fou, prenant des vessies pour des lanternes et des moulins pour des géants (qu'il cherche bien entendu à détruire pour l'honneur de sa "Dulcinée"). Originalement mise en scène, la représentation à entre autres intégré au jeu des marionnettes à l'image des acteurs, prenant parfois le relais du jeu sans qu'aucune rupture ne soit ressentie par le spectateur - la Comédie Française n'est décidément pas réputée pour rien! J'aurais pu noter plusieurs phrases cultes de la pièce, assez intéressantes en prenant du recul et en pensant à ce qu'est, au fond, la démocratie. En voici une qui nous a beaucoup plus :

Homme : Monsieur le Gouverneur, je demande justice.
Sancho (le gouverneur) : Et de quoi voulez-vous que je fasse justice?
H : Je crie justice.
S : Mais quelle manie! Diable d'homme, quelle justice voulez-vous? Ne savez-vous point qu'il y a plusieurs sortes de justice? Parce qu'il y a la justice qui est droite, celle qui est tordue, celle qui est bancale, celle qui est aveugle, et finalement il y a la justice qui a de la chassie et de la cataracte aux yeux.
H : Seigneur, quelle qu'elle soit, je demande justice.
S : Dès lors que vous demandez justice... or ça, que l'on fasse justice à cet homme en lui appliquant trois coups de bâton!
H : Tout beau, Monsieur le Gouverneur, je ne demande pas justice contre moi.
S : Et contre qui demandez-vous justice?
H : Je demande Justice contre la Justice elle-même.
S : Et que vous a fait la Justice?
H : Elle ne m'a pas fait Justice.
S : Jusqu'ici, à ce qu'il paraît, votre requêtre relève de la Justice. Maintenant, allez ; on vous rendra justice sous trois jours!
H : Voilà qui est bien sommaire.
Greffier : Seigneur, ne saurons-nous point ce que demande cet homme?
S : Et que demandez-vous, l'ami?
H : Je demande équité et mesure.
S : En quelle mesure?
H : Toute mesure me convient.
S : Juge, allez chercher dans le tiroir de mon secrétaire en bois érotique, et parmi diverses babioles que je range là, prenez une Justice en effigie qui s'y trouve, et donnez-la à cet homme, et qu'il disparaisse.
H : Seigneur, je ne veux point d'une justice en effigie.
S : Mais, sac-à-vin, ignorez-vous qu'il n'y a d'autre justice sur cette île qu'une justice en effigie? Juge, jetez-moi cet ivrogne dehors, il n'y a aucune Justice dans ce qu'il demande.
H : A-t-on vu plus grande injustice?



Je trouve cet échange littéralement formidable : tant dans les jeux de mots que dans les questions philosophiques qu'il soustend, et je vous laisse bien sûr, les trouver par vous-même...

Nous avons aussi participé à une Journée Rencontre Citoyenne au Sénat sur le thème : L'Europe, jusqu'où et quand? Expérience intéressante, où, assis dans de confortables fauteuils de Sénateurs, nous avons pu écouter Marielle de Sarnez, Laurent Fabius et autres intellectuels européens sur le sujet (retransmission sur la chaîne Public Sénat).

Et puis, évidemment, il y a eu ZE EVENEMENT : la Convention sur l'Europe du MoDem. Si F. Bayrou s'est chargé de l'introduire et de la clôturer, c'est surtout Marielle de Sarnez qui a animé cette journée et, aux côtés d'intellectuels et d'experts renommés dans de nombreux domaines, a permis à notre pensée d'évoluer.
Car oui, mes chers amis. Je dois bien avouer ce que je me cachais, dans le fond, à moi-même ces derniers jours : un doute m'envahissait. Sur notre faculté à réussir, sur le fondement même de ce que nous faisions. Je n'osais plus écrire, car je n'osais plus réfléchir.

Mais aujourd'hui, j'ai rencontré des gens. Les Grands, bien sûrs (Bayrou, de Sarnez, Peyrelevade, Benhamias, et autres), mais surtout des "collègues", et j'ai là une petite pensée pour Chantal et Thierry, deux amis proches de la blogosphère, qui m'ont permis d'apprécier cette Convention à sa juste valeur. Chantal par son sourire, et son immeeeeeense capacité à rendre vivant tout ce qu'elle touche. Thierry pour sa culture, son esprit et son sens de l'engagement. Merci.

Et je voudrais juste dire une chose ce soir avant d'enfin rejoindre ma couette (qui me manque terriblement!). Le MoDem, c'est complètement nouveau. Dans la démarche, dans la vision, dans l'esprit, dans les objectifs, dans la fin comme dans les moyens. C'est un parti, une entité juridique, c'est un dialogue. Mais c'est avant tout des personnes fières d'être ce qu'elles sont, ce qu'elles ont été, et décidées à devenir quelque chose ensemble. Quelque chose de nouveau.
Le MoDem porte une idée de l'avenir nouvelle. Ce n'est pas rien. Nous ne sommes plus centristes, mes amis : ni centre droit, ni centre gauche. En ce jour, et je voudrais vous l'annoncer, au-delà de notre nom, choisi depuis longtemps,  nous sommes devenus, dans le contenu, de véritables démocrates : un projet est né. Ne me croyez pas sur parole : je vais passer les prochaines semaines à vous parler de ce nouveau projet en marche. Laissez-moi le temps ; laissez-nous une chance. Ne jugez qu'après avoir écouté.
Je l'ai ressenti soudain, comme une évidence, aujourd'hui. A nous entendre, tous, réunis, j'ai pris la dimension que mine de rien, au prix d'un travail silencieux, peu médiatique, un travail de fourmi, ce parti avait réussi ce que nul autre n'avait jusqu'à présent accompli : rassembler le centre droit et le centre gauche en France. C'est une Révolution historique que nous vivons : la création d'une nouvelle pensée politique. D'un nouveau courant, d'un nouveau choix, pour nous, citoyens. Et ce n'est pas qu'en France : partout en Europe : ce troisième choix émerge de manière tonitruante : en Grande-Bretagne, les Libdems viennent de dépasser les travaillistes, devenant ainsi le second parti du pays ; en Italie, la création d'une gigantesque coalition démocrate est en marche, en Allemagne, les démocrates formulent un projet de société nouveau par la voix du FDP. En Pologne aussi, bien sûr, où les démocrates libéraux viennent de prendre le pouvoir face aux conservateurs. Tous ces partis se regroupent au Parlement Européen au sein de l'ALDE (Alliance des Démocrates et Libéraux Européens), discutent et vraiment, fondent un nouveau projet.

Alors voilà, c'est ce que je voulais vous dire, du fond de mon coeur : j'y crois. Et je vais, ces prochains jours,  vous dire pourquoi. Et surtout, vous dire ce en quoi je crois. Je n'y arriverai peut-être pas, mais je vous demande simplement de nous écouter. Après tout, une seule famille politique n'a pas eu le pouvoir en ce pays depuis 1974...
Nous commencerons très prochainement avec un article consacré à cette Convention sur l'Europe, et l'avènement d'un Projet Démocrate Européen.

Et, pour finir, je me permets de vous rappeler la devise de l'Union Européenne : "Unis dans la diversité".

Démocratiquement vôtre,

Ben
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T
@ Pholcidae Merci d'avoir fait un détour par Grenoble ;-)J'approuve comme d'hab' ! Lorsque les identitarismes seront jetés à la poubelle, il faudra toutefois appliquer la technique du tri sélectif. Il conviendra de conserver notre identité de démocrate et notre identité européenne.Comme ton pseudo m'y fait penser, nous tissons patiemment mais sûrement notre toile ! @ BenLes utopies permettent de faire voler en éclats les schémas mentaux trop souvent sclérosés. Nos rêves d'Europe finiront par se réaliser et ce grâce à nous les démocrates. Nous sommes des passeurs d'Europe.@micalement
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B
Quel beau rêve que celui là, en effet. C'est possible, mais cela touche au plus profond de notre nature, comme j'ai pu l'écrire chez Chantal. Merci en tout cas, Pholcidea, pour ce commentaire enjoué ^^
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P
Merci pour ce compte-rendu Ben. Tout ça rend bien enthousiaste et consolide l'espoir sur le long terme pour l'UE...Je ne doute pas qu'avec ce cher Thierry ainsi que Chantal (bien que je ne la connaisse pas "IRL"), vous formiez un trio de choc pour ce w-e europhile!!"Unis dans la diversité": cette devise devrait être celle de toute collectivité humaine, jetant ainsi tout les identitarismes à la poubelle.Pholcidae 
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T
Je ne peux que joindre ma voix à ce concert d'éloges, cher Ben, pour ce billet plein d'entrain. Tu nous prouves qu'ensemble, nous les démocrates, nous avons cette force qui pourra soulever les montagnes. Et cela prouve que cette force est la résultante de la fédération de nos enthousiasmes, de nos personnalités, de nos caractères. A l'instar de la devise de l'Europe, nous sommes "Unis dans la diversité".Qu'importe que nous venions d'horizons différents, si notre démarche désormais est d'aller ensemble oeuvrer à porter le projet démocrate qu'attendent nos concitoyens.S'agissant de cette Convention, ce fut un plaisir pour moi de vous y croiser. Chantal évoque les "nonoss", moi je retiendrai le son et l'image ! Chantal avec son accent plein de soleil, tes rires à toi, les sourires de ma Dame F.D'une ancienne adhérente de l'ex parti gaulliste, j'ai retenu une leçon. En gros, elle disait que nos idées étaient les meilleures, elle nous trouvait parfois "tristes" ! J'ai croisé une bande de joyeux drilles au MoDem, les rires la bonne humeur ne sont pas le signe d'un manque de "sérieux", c'est bien au contraire la preuve éclatante de notre pleine forme !La route paraît ainsi moins longue...@micalement
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B
Oui, merci Chantal!D'ailleurs à ce propos, je me permets de chaleureusement recommander ton blog à mes lecteurs (regardez dans la rubrique "liens" en haut à gauche, sur la page d'accueil!). C'est très intéressant, et ça permets de découvrir les 27 pays de l'Union.
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