Le charisme de Sarkozy : un rideau de fumée

Publié le par Ben

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S'il est une chose que chacun d'entre nous peut mesurer en politique, c'est bien sûr l'exécution des promesses de nos reponsables nationaux. L'aspirant Président nous l'avait à l'époque martelé : "Je ne vous décevrai pas, je ne vous trahirai pas". Il n'a cessé de le marteler, de le répéter, comme un leitmotiv, sans arrêt. Avec une énergie sans pareille, et surtout un charisme indéniable, il a réussi à inverser la vapeur, et à faire oublier l'indécrottable mythe du politique mythomane.

Mais au fait, on en est où, monsieur le Président?

Y a-t-il vraiment eu une rupture gouvernementale?
Constatons tout d'abord la répartition des postes ministériels : François Fillon (vieux de la vieille du chiraquisme) à Matignon, Michèlle Alliot-Marie (chiraquienne) à l'intérieur, Roselyne Bachelot (chiraquienne) à la santé, Xavier Bertrand (ministre de la Santé sous Chirac) au travail, Michel Barnier (déjà là sous Chirac) à l'agriculture, J. L. Borloo (déjà là sous Chirac) à l'environnement, Christine Boutin (Vieux Débris de droite Indéterminé) à la Ville, Bernard Kouchner (déjà ministre sous Jospin)... Tous ne sont donc pas des petits novices. Ce n'est pas un problème en soi, bien sûr : il faut aussi des ministres expérimentés. Toutefois, j'ai la vague impression que le renouveau aurait pu aller plus loin. Christine Albanel, ou Xavier Darcos, par exemple, sont assez illustratifs de ce que la droite est capable de fournir en sang neuf. Il me semble tout de même que l'UMP est une assez grosse institution pour fournir assez de nouveaux ministres.
Alors bien sûr, il y a eu l'"ouverture" : Kouchner, Besson, Morin. Le ministère des affaires étrangères et le ministère de la Défense traitent des domaines dits "réservés" aux président : c'est là où il est le seul à intervenir, par rapport à son premier ministre. Ces deux ministères sont donc pilotés de bout en bout par le Président. Quant à monsieur Besson, à la Prospective, il a hérité d'un marocain strictement technique.
En somme, l'ouverture, c'est une opération médiatique.

Bien sûr, mais tout de même : le gouvernement agit de façon plus moderne!
C'est vrai. Nous avons devant nous un gouvernement plus dynamique, plus volontaire. Les réformes sont élaborées avec énergie, et le style général change, plus décontracté. On est en train de démythifier la République, et personnellement, je ne suis pas sûr qu'à terme, ce soit si bien que cela. Je voudrais aussi préciser que ces derniers temps, le terme moderne rime avec américain. Ne confondons pas.

Tant qu'il respecte ses promesses...
Sur le papier, N. Sarkozy et ses compères sont sur la bonne voie. Si on se contente de regarder de loin, il tient effectivement ses promesses.
Service minimum : la loi a complètement dénaturé les promesses du candidat. Nous n'aurons pas 3h de transports matin et soir, mais juste un préavis de 48 heures. Le reste sera le fruit de la négociation entre syndicats et patronat. Je vous laisse conclure ce que vous voulez....
Les emprunts immobiliers : le candidat promettait la déduction pour tous les ménages français. Finalement, elle ne concerne que ceux qui ont acheté un logement il y a peu (combien déjà?!), et dont c'est le premier logement.
Régimes spéciaux : les négociations sont toujours en cours. Pour l'instant, le gouvernement a cédé 7% de salaire en plus en fin de carrière, ce qui représente un coût astronomique, dont je ne me souviens plus du montant exact, hélas. Désolé.
Travailler plus pour gagner plus : je vous renvoie à mon article : Sarkozy sur la défensive
Réforme des Universités : Une réussite indéniable.
Traité simplifié : Il a été mis en oeuvre, et sera prochainement voté. Même si je ne suis pas d'accord sur le principe même, et les modalités du contenu dudit traité. Là n'est pas le sujet. Il est en train de le faire.

Espérons que la suite se passera mieux... il en va de la confiance des français.

Il a des idées nouvelles!
Résumons les trois courants de la droite historique en France : 
Le Gaullisme institutionnel (hérité du bonapartisme) : Il revendique un pouvoir exécutif fort et indépendant. La présidence Sarkozy va évidemment dans le sens d'un renforcement de l'exécutif.
Les libéraux : ils préconisent le retrait plus ou moins fort de l'Etat du système économique. Les baisses d'impôts sont là pour nous le prouver.
Les conservateurs : ils sont pour défendre les valeurs "morales" ou considérées comme telles. La vision Sarkozyste de la famille ou de l'Ordre sont illustratives à ce propos.

Nicolas Sarkozy sait très bien parler, et, comme Mitterrand, fait passer comme des lettres à la poste des énormités. Et ce, à la chaîne. Toutefois, il s'est aussi engagé à obtenir des résultats. Pour le coup, les belles phrases ne suffiront plus.

Au final, la rupture, c'est quoi?!
Le Fouquet's.

Ben


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Publié dans Economie

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