Le dumping fiscal

Publié le par Ben

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La Chine se développe....



Qui donc n'a jamais entendu les mots "dumping fiscal"?! Là encore, un sujet  très à la mode, et comme je n'ai pas envie de parler de la visite de Khadafi à Paris, je préfère m'y attarder.
Concrètement, le dumping fiscal, c'est quoi? Il s'agit tout simplement d'un cercle viscieux, dans lequel des pays, dans le cadre de la mondialisation qui les met tous en concurrence les uns contre les autres, sont amenés à réduire leur taux d'imposition afin de supporter la concurrence.
Pour simplifier, imaginons qu'un pays A va très mal : il baisse ses impôts pour redonner de l'air à ses entreprises. Il va mieux. Mais pendant ce temps, le pays B décline. Pour s'aligner sur A, il doit donc lui aussi baisser ses impôts pour résister. Et ainsi de suite...

Depuis quelques temps, et surtout en Europe, on a beaucoup considéré que la baisse des impôts serait à terme bonnes pour la croissance. Et de fait, depuis une quinzaine d'années, à chaque épisode un peu difficile pour l'économie, le gouvernement baisse les impôts (la France était jusqu'à présent relativement épargnée par cette pratique). L'Etat donc, depuis une trentaine d'années, perd peu à peu de son poids, contractant ses recettes, et par un phénomène logique, se voit amener à contracter ses dépenses aussi. Autrement dit : il réduit ses dépenses sociales, se retire peu à peu de l'économie pour se concentrer sur ses fonctions dites régaliennes (c'est à dire indispensables : police, justice, armée).
Ainsi, lorsque Nicolas Sarkozy démontrait que la baisse des impôts générerait des emplois et des bénéfices, il a été approuvé par les français. A juste titre. Mais n'est-ce pas une vision court-termiste?

Dès que les autres pays auront à leur tour baissé davantage leur taux d'imposition, nous nous retrouverons à la case départ sur le plan de la répartition des atouts.
Et que ferons nous lorsqu'il n'y aura plus d'impôts à supprimer? L'Etat n'aura plus aucun levier d'action, ni aucun moyen de pression pour relancer la conjoncture. Nous serons condamnés à subir les aléas du marché, avec les conséquences qu'ils entraînent. Pire : il se peut que les grands groupes aient un pouvoir d'influence énorme sur les responsables politiques. Je suis certes pessismiste, mais je pense que ces craintes ne sont pas infondées.


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... mais les bidonvilles se multiplient à Paris





















Aussi, nous devons conclure des choses simples de ces observations : le véritable débat que nous devrions avoir sur la scène politique n'est pas celui du "plus" ou du "moins" d'Etat. Ce qu'il nous faut, c'est du mieux d'Etat. C'est comprendre que certains domaines ont besoin de l'aide publique plus que d'autres, comprendre que des entreprises pâtissent de la mondialisation, et que d'autres réussissent. Voilà ce que les idéologies, qu'elles soient interventionnistes ou libérales, nous empêchent de comprendre. 

Mais nous avons choisi la voie du retrait de l'Etat, de ce fameux "dumping fiscal", qui utilise la mondialisation pour justifier de thèses néoclassiques, qui, par définition, ne sont que des idéologies. La concurrence, sensée tirer vers le haut, est en train de nous niveler par le bas.
Non seulement nous continuons à nous endetter et à baisser régulièrement les taux d'imposition, mais en plus, nous ouvrons un boulevard aux futures élites étrangères, qui seront mieux formées et beaucoup plus nombreuses que nous. Entre temps, nous aurons perdu nos ouvriers, notre sécu et nos retraites.

Nous aurons toujours besoin de l'Etat. L'Etat-providence est un progrès. N'en faisons pas un souvenir.

Mais alors, comment éviter un phénomène aussi ravageur, et aussi destructeur de cohésion populaire? Il y a à mon sens une anomalie et un dérèglement majeur dans le système économique actuel, qui pourrait rapidement poser problème si l'on n'agit pas. Entre autres, on voit bien que la mondialisation est en train de faire accéder l'économie et le commerce à l'échelle mondiale. En revanche, la puissance publique, elle, est restée au niveau national, voire régional dans le meilleur des cas. Il y a donc un problème d'échelle entre le politique et l'économique, qui aboutit à un "laisser faire' universel entre les frontières, et à la possibilité pour les grands groupes de taille mondiale de faire pression sur des gouvernements devenus ridicules face à eux.

C'est en ce sens qu'il nous faut construire l'Europe. Car sans cela, je crains que nous n'aboutissions à un nouveau XIXè siècle sur le plan des caractéristiques sociales, où, sous prétexte de "libéralisme", nous laissions les inégalités courrir, grandir... et avec elles, la haine du capitalisme. Or, un capitalisme dont le peuple ne veut pas est un capitalisme condamné...

Ben

Note : L'auteur souhaite préciser qu'il n'est pas altermondialiste!
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Publié dans Economie

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