Vendredi 13 juin 2008
Mes chers amis!

J'avais prévu de vous parler inflation, mauvaise croissance, et crise du capitalisme, mais...

Quelle triste nouvelle! Nous venons d'apprendre l'échec du Traité de Lisbonne en Irlande, repoussé par ses citoyens à hauteur de 53% d'entre eux. C'est un nouveau coup d'arrêt à la construction européenne, plus douloureux encore que le premier, sans doute.

Il faut dire que le premier ministre irlandais, en plus d'être franchement très peu charismatique, est entré en campagne extrêmement tard.


Les idées ne manquaient sans doute pas pour faire campagne... c'est la volonté qui a pêché.

Le symbole est dur : l'Irlande, réputée comme l'une des nations les plus européennes d'Europe, botte en touche. Le tout dans le contexte d'une participation électorale minable (45% environ), hélas devenue habituelle dès qu'il s'agit d'Europe.

Quel gâchis! Un pays qui a engrengé des millions - non! des milliards ! - grâce à l'Europe. A croire que les Irlandais, comme les Français, et sans doute beaucoup d'autres, ne se rendent plus compte de ce qu'ils ont gagné, et de ce qu'ils ont à perdre.

Notez que le NON l'a remporté grâce à une mobilisation importante des agriculteurs et des faibles revenus. Sociologiquement, c'est en effet toujours la classe agricole qui sait mobiliser le camp anti-Européen lorsqu'elle s'estime lésée. Les intellectuels ayant une très forte tendance à approuver le projet continental.

Cela étant dit, il ne s'agit pas de faire comme si 80% des français auraient fermement voté oui dans le même cas. Le fait est que l'Europe est profondément impopulaire depuis une dizaine d'années. Les référendums n'ont pas lancé un cycle viscieux : ils l'ont révélé. C'est leur seul mérite. L'institution statistique Eurostat parvient à des résultats effrayants quant au soutien populaire à Bruxelles, Francfort et Luxembourg.











Alors voilà, nous y sommes : il y a un fossé entre le peuple et les institutions européennes. La Commission pourra faire ce qu'elle veut : il y a dorénavant un problème. Un problème de fond. Que faire?


Il faut repartir sur des bases saines. Sarkozy, lorsqu'il a défendu l'idée de son mini-traité, voulait faire vite et bien. C'était sans doute politiquement et institutionnellement compréhensible. Mais dans le fond, c'était du rafistolage.
Dire que "La France est de retour dans l'Europe" comme un roquet fier d'avoir ramené son os relevait de l'ineptie si l'on avait pas demandé l'avis des Français avant. Résultat : l'Europe reste profondément impopulaire, pour une simple et bonne raison, la même qui a conduit au refus irlandais....

ON N'Y COMPREND RIEN!

Comment peut-on imaginer assainir la situation en rédigeant 350 pages d'amendements complètement illisibles puis en les adoptant au Parlement sans demander l'avis aux premiers concernés?

Il est peut-être temps de poser les vrais problèmes. Un VRAI traité simplifié adopté par le peuple, plutôt qu'un traité compliqué au parlement. Vous n'avez qu'à relire mon précédent article... : il serait temps de se rendre compte que les Européens sont mécontents de leurs institutions communes.
En tout état de cause, nous ne devons pas lâcher l'Irlande. Nier l'avis des irlandais, c'est commencer à admettre que l'Europe n'est pas démocratique mais technocratique. C'est en fait le début de la fin. Que tous les partisans d'un "contournement juridique du refus irlandais" se rabrouent : ils nous conduisent à l'échec assuré. Nous n'avons pas trois millions de solutions :

1. Refaire voter les irlandais. C'est ce qui s'est passé pour le traité de Nice. Quelques mois après avoir voté NON, les irlandais, au prix d'une campagne pédagogique incroyable et terriblement épuisante pour la classe politique du pays, ont changé d'avis et voté OUI lors de la seconde tentative. Cela aurait le mérite de calmer la crise et de montrer que dans le fond, l'Europe bien expliquée reste populaire.

2. Rédiger un nouveau traité "refondant complètement" l'Europe. L'avantage de cette solution est qu'elle donnerait vraiment l'impression de renouveau, si elle va dans un sens de démocratie plus directe dans la prise de décision européenne. Mais à quel prix? Car ni les dirigeants nationaux, ni les lobbys bruxellois, ni les fonctionnaires européens ne seraient gagnants dans l'affaire...

Ben
Par Ben - Publié dans : Europe
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Commentaires

Ton billet cher Ben est écrit à chaud ! Comme beaucoup d'européens, je reçois comme toi ce coup de massue en pleine tronche !
Mais gardons la tête froide ! Je ne te reprendrais juste que sur un mot. Il ne s'agit pas d'un coup "d'arrêt" à l'Europe, juste un coup de frein ! Cette fois, il est un peu rude, il laisse une marque sur notre route !
Mais depuis les débuts, convenons-en, combien de crises la construction européenne aura-t'elle traversé ? De la Communauté Européenne de Défense à aujourd'hui, la liste est hélas longue ! Mais cahin-caha, la construction de l'Union a avancé malgré tout... Allons donc de l'avant comme l'a dit Walter Hallstein qui fut le premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967 : "L’Europe est comme une bicyclette, elle doit rester en mouvement sinon elle chute"
Ce fossé (gouffre ?) entre les peuples et les institutions, c'est bien beau de le reconnaître avec des effets de manches et un ton incantatoire ! Mais tu le rappelles justement en citant les résultats de l'eurobaromètre, le scepticisme est là, bien présent !
Je vais pousser un coup de gueule sur VdG !
C'est vraiment prendre les citoyens pour des billes que de leur chanter "Europe ! Europe !" et d'être sourds à leurs attentes au quotidien !
Les "Pères de l'Europe" nous ont offert la plus beau rêve qui soit, une Europe de paix entre les peuples, une Europe de peuples frères, unis malgré leurs diversité. Je dirai même que cette diversité c'est notre richesse.
Pour revenir à l'Irlande, tu pointes avec raison les couches sociologiques qui ont fait pencher la balance du mauvais côté.
Un taux de participation dérisoire ! Une mobilisation plus forte des nonistes et voilà la messe est dite.
C'est depuis 1979 une constante, l'Europe ne déchaîne pas les passions. Les politiques le savent, mais c'est une faute grave a porter à leur actif de n'avoir jamais rendu désirable l'Europe.
Je souhaiterais même qu'on en parle une bonne fois pour toute de cette hypocrisie des politiques qui ont toujours su instrumentaliser les "technocrates de Bruxelles" comme les boucs émissaires de leur échecs !
Le NON du peuple irlandais est d'autant plus incompréhensible quand on se penche sur ce que l'Europe leur a apporté en terme de richesse. Deux chiffres sont éloquents !
Il s'agit du PIB/habitant en parité de pouvoir d'achat par rapport au PIB/habitant moyen européen (base 100)
En 1986, la parité était à 60%
En 2006, la parité était à 144% faisant de l'Irlande le deuxième pays le mieux classé derrière le Luxembourg !
Les irlandais qui ont dit non sont ceux qui ont des craintes pour leur "pré carré" face à la globalisation.
Là où je suis d'accord avec toi Ben, c'est quand tu dis qu'il ne faut pas laisser en rade ce peuple, ni surtout le stigmatiser ! Bien au contraire, nous devons nous montrer d'autant plus proche d'eux !
Les irlandais ont rejeté à 53,4 % ce texte, certes ! Mais n'oublions pas que le taux de participation n'a été que de 53,1 %.
N'oublions pas les autres ! La majorité du peuple irlandais était soit au mieux pour la ratification, soit au pire sceptique.
Restons optimistes et surtout engageons-nous avec détermination pour faire avancer notre projet démocrate d'une Europe nouvelle et de la faire aimer comme nous y a invités François Bayrou lors de la Convention sur l'Europe du 8 juin dernier.
@mitiés,
Thierry P.
Commentaire n° 1 posté par Thierry P. le 13/06/2008 à 22h29
Je crois bien pour ma part qu'il s'agit de la plus grave crise qu'ait connu la construction européenne depuis ses débuts. Aux débuts de l'aventure européenne, la crise était le fruit de gouvernements; il suffisait donc d'attendre un changement de gouvernement ou de convaincre celui-ci de chnager de position, et la construction recommencait. Il y a eu la crise des référendums échoués sur le TECE. Ce deuxième traité tué par la volonté populaire faît naître une crise plus grande encore; tout simplement parce que c'est le deuxième et la lassitude est là; immense. Les "technocrates", qui existent bel et bien malheureusement, vont avoir du mal à relancer l'Union. Il va leur falloir du temps, du temps pour digérer. La preuve en est de leur volonté de poursuivre la ratification partout en Europe. c'est complètement absurde. ils semblent tellement abbatus qu'ils se lancent dans une fuite en avant irresponsable.
Pour ma part, européen convaincu, cette énième crise me fait plus chaud que froid. Tout simplement car avant d'être européen, je suis démocrate (pas du Modem, juste de la Démocratie...) et l'Union Européenne n'est pas démocratique! Et le traité qu'on nous proposait ne comportait que des leurres de démocratie. Les peuples semblent sentir cette absence de démocratie. Ils ne le savent pas forcément (car tous ne sont pas des juristes suffisament aguerris pour lire ce genre de traité), mais ils ont raison! L'Union n'est pas du tout démocratique!!
Cette crise devra être salvatrice; qu'elle serve à réinventer l'Europe en profondeur! Je pense même que les résultats à un référendum européen pourraient être bien meilleurs si on proposait plus d'Europe, mais de la vraie Europe; de l'Europe humaine et démocratique.
Un nouveau processus devra être engagé pour créer un nouveau traité; encore plus fondateur, mais ce processus doit être beaucoup plus ambitieux que tous ceux qui ont été engagés jusqu'à présent. A crise immense, il nous faut un remède immense! Une consultation populaire doit être engagée dans toute l'Europe; de la démocratie participative non pas à l'échelle des quartiers comme ça ce fait déjà, mais à l'échelle européenne! Que les 500 millions de citoyens européens participent chez eux, dans leurs quartiers et villages à des débats, nombreux, institutionnalisés, sur l'Union, sa nature, ses missions et son avenir! 500 millions d'européens appelés à débattre, pendant un an, deux ans..., ce serait autre chose que 1 400 000 votants aux confins occidentaux de l'Europe!
Il ne faut pas avoir peur d'engager un tel processus. Beaucoup de raisons expliquent le "non" au référendum, mais je ne crois pas du tout que ce soit parce que les européens seraient moins pro-européens qu'avant. Au contraire même, les nouvelles générations aiment l'Europe et en profitent. Notamment les jeunes irlandais! Mais aimer l'Europe ne signifie pas aimer l'Union européenne. Et aimer l'Union européenne ne signifie pas valider tout ce qu'elle réclame par la voie de ses "représentants", qui ne la représentent pas du tout car: 1. personne ne les connait. 2. ils n'ont d'autre légitimité que d'avoir été nommés par... euh...?? personne ne sait!
Je voudrais ajouter une chose; il faut si on veut que les européens votent oui à un référendum sur l'Union que de tels référendums soient organisés partout. Il est évident que d'être les seuls appelés à voter sur telle ou telle question a fait penser aux irlandais qu'on essayait de cacher quelque chose aux autres! Il faut également que le traité soumis au vote soit issu à la base d'une consultation populaire (et pas seulement des gouvernements européens; la photo de cinquante hommes en costumes cravatte noirs au fronton d'un bâtiment officiel de Lisbonne... ça ne fait plus rêver les européens! c'était beau à en pleurer en 51! aujourd'hui, c'est sinistre et froid! L'Europe doit faire rêver!). Il faut enfin arrêter de culpabiliser les électeurs; faire passer les "nonistes" pour des ingrats face à l'Europe (que de remarques de ce genre indignes les irlandais recoivent en ce moment) ou pire des criminels! On a toujours l'impression que voter "non" à ce genre de référendum fait de vous un paria, une personne fermée, presque un rasciste. Je dirais même que voter "non" à un référendum fait de vous un débile! Vous avez voté non mais c'est la faute aux politiciens qui n'ont pas fait assez de "pédagogie"! Vous étiez contre car vous n'avez pas compris! Vous auriez compris, vous auriez été emballé! (Ce qui est faux, moi qui suis pro-européen et sérieux, quand j'ai connu le contenu de ce traité; j'ai été contre!)
Mais les citoyens européens ne se laissent plus faire! Ils sont devenus responsables! Ils réfléchissent à l'Union sans tout gober. Ils comprennent que oui ou non à un traité, ce n'est pas oui ou non à l'Europe! Ce serait presque comme de dire que voter non à un référendum constitutionnel national, ce serait dire non à la France et être ingrat vis-à-vis d'elle; c'est juste absurde.
Les citoyens européens aiment l'Europe. Aujourd'hui, l'Europe est mûre pour passer à un autre niveau de débat que "l'Europe apporte la Paix, c'est merveilleux! faut vraiment être un salaud pour voter contre elle"!
alors Vive l'Europe, mais avant tout Vive la Démocratie et vive la Liberté!
Commentaire n° 2 posté par Pierre le 14/06/2008 à 15h21
Merci Pierre, pour ce très beau commentaire!
Je suis complètement d'accord avec toi. J'estime que le système actuel est un véritable déni de démocratie - malgré les progrès minimes qui ont pu être accomplis au fil des traités pour le Parlement Européen -. J'ai toujours eu le sentiment qu'au fond, les Etats étaient bien content que la politique reste nationale : en quelque sorte, ils se préservaient politiquement en ne donnant à Bruxelles qu'un pouvoir "scientifique", technique, administratif, bref : en faisant de l'Union un technocratie.

Mais du jour où nos dirigeants accepteront l'idée que l'Europe peut devenir une force politique - pire, une force politique de premier plan! - comme elle doit l'être, alors nous avancerons. Et des nouveaux enjeux politiques naîtront une mobilisation politique. C'est tout.

Mais pour que de telles possibilités se développent, il faut :
1. La volonté politique de le faire, de la part à la fois des eurodéputés, des dirigeants nationaux, des fonctionnaires européens et de la lobbycratie Bruxelloise
2. La simplicité institutionnelle retrouvée de sorte à ne pas étouffer un débat politique dans la techno-bureaucratie.
3. ... et la médiatisation qui découlera des nouveaux enjeux! A ce propos, j'ai eu un petit débat avec Thierry P. à l'adresse suivante, dans les commentaires :
http://bgr.hautetfort.com/archive/2008/06/13/un-democrate-au-senat-2-2.html#comments

Au boulot, démocrates de tous bords!

LE PATRON
(lol)
Commentaire n° 3 posté par Ben le 14/06/2008 à 17h13

@ Ben
Je souscrit entièrement à ton dernier commentaire. Toutefois, je souhaiterais nuancer ton argumentation quand tu écris : [...au fond, les Etats étaient bien contents que la politique reste nationale : en quelque sorte, ils se préservaient politiquement en ne donnant à Bruxelles qu'un pouvoir "scientifique", technique, administratif, bref : en faisant de l'Union un technocratie....]
Tu n'es pas sans méconnaître, cher Ben, le fait que les politiques communautaires sont cadrées par les traités. Ces fameux piliers, avec, en la matière, une primauté accordée au principe de subsidiarité.
Mais je ne vais pas me livrer à un cours de peur d'achever nos lecteurs sonnés !
Et d'ailleurs, moi aussi, je ne sais plus à quel traité me vouer ce soir ^^.
La commission agit donc sur la base des impulsions décidées par le Conseil de l'Union (chefs d'États et de gouvernement). Ainsi indirectement la politique de la technostructure est orientée, me semble-t'il par les gouvernements nationaux.
Après, il est vrai que l'euro jargon, ce volapuk technocratique est austère. Pour avoir eu personnellement l'occasion de décrypter des directives, j'en conviens le tube de doliprane s'imposerait parfois !

@ Pierre
Bien sûr, je crois noter que nous ne sommes pas postés sur la même rive du fleuve Démocratie !!! ("démocratie participative" marque son homme LOL)
Mais je partage pour ainsi dire la totalité de ton long et brillant raisonnement ! (serais-tu le clone socialiste de Ben ^^ ?)
Les crises ont émaillé toute les étapes de la construction. Tu fais un distingo subtil entre les crises émanant des "gouvernements" sans conséquence et celles consécutives à des rejets par les peuples. Oui, je dénonce avec vigueur ce déni de démocratie qui consiste à vouloir construire hypocritement l'Union à l'insu des peuples. L'exemple le plus criant aura été ce qu'il nous aura été donné d'assister en France ! La version "officielle" est que le candidat qui a été élu avait été explicite : "le référendum ce sera non".
Mais j'ai lu aussi que lors des négociations à l'automne dernier, une des conditions sine qua non pour aboutir à un accord aurait été "l'obligation" faite à la France de recourir à une ratification par la voie parlementaire.
Pour se prévaloir d'un succès, cette petite Ingérence dans nos affaires interrieures n'a pas froissé qui que ce soit !
De cette crise actuelle faisons une occasion pour (re)donner la parole aux peuples.
À ce que tu nommes "démocratie participative", Pierre, je préfèrerais, pour ma part, le vocable "États Généraux"
Tu cites les villes et les quartiers et je rajouterai ce formidable vecteur qu'est internet.
Oui pour sûr, les "doléances" des citoyens peuvent aider à réinventer l'Europe. Une Europe rêvée et désirée par les peuples. Qu'importe le temps que cela prendrait. Si les objectifs de cette consultation sont clairs, l'enthousiasme et l'adhésion des peuples seront à n'en pas douter au rendez-vous.
Il va de soi que le référendum s'imposerait !
Mais un vrai référendum avec une seule circonscription et une date symbole, le 9 mai, qui aurait été préalablement décrétée jour férié et chômé en Europe ! Tout au plus, il conviendrait de se pencher sur le cas de l'Allemagne où, à mon souvenir, le référendum est difficile (voire impossible ? je vérifierai) à mettre en oeuvre.
Cette audace d'aller de l'avant en faisant confiance aux peuples les politiques en auraient-ils le courage ? J'en douterais presque !
Mais qui, sinon les citoyens, a le dernier mot en démocratie ?
En l'espèce, on ne pourrait pas soulever l'objection que les représentants ne représentent parfois qu'eux-mêmes.
Je ne suis pas le moins du monde populiste quand je dresse ce constat.
L'Europe peut faire rêver et entraîner une vague d'adhésion (d'amour oserai-je avancer) si les citoyens participent à l'écriture de son dessein !
On ne peut que le souhaiter et l'appeler de tous nos voeux.
Nous autres Démocrates, pouvons compter sur l'élan que saurait donner François Bayrou à ce projet nécessairement transpartisan.
Et chez vous, Pierre, il doit bien y avoir des talents, toi peut-être ?

Nous ne sommes pas sur les mêmes rives du fleuve Démocratie, Pierre, mais un pont est vite construit si on le juge indispensable à la satisfaction de l'intérêt général.
Alors ensemble, pour bâtir cette Europe nouvelle, faisons nôtre l'appel de Ben :
"Au boulot, démocrates de tous bords" et je rajouterai de bonne volonté !
@micalement,
Thierry P.

Commentaire n° 4 posté par Thierry P. le 14/06/2008 à 22h17
En ce qui me concerne dans ton commentaire Thierry :

Ce que j'affirmais, c'était que précisément parce que ce sont nos dirigeants, et eux seuls, qui avaient construit ce système que nous en étions arrivés à ce qui est à peine une technocratie, mais plutôt une lobbycratie (le terme est VDGesque!). Au fond, ils n'ont pas voulu créer un étage politique de plus, qui les aurait sinon dépassé, au moins gêné. Et c'est pour ça que l'idée de Pierre est géniale : elle transcende même nos dirigeants et leur Conseil - qui n'est rien d'autre, bien souvent, qu'une conférence diplomatique, hélas! -, mais n'en rajoutons pas non plus.

Pour moi, il faut sortir l'Europe des Etats. Il faut des représentants des Etats, bien sûr, mais retirer de la prise de décision ce qui décident déjà au niveau national. Ils ont bien assez de choses à faire comme ça!

Mais je suis bien conscient d'être un euro-fanatique extrêmiste... ce commentaire décrivant davantage mon idéal qu'autre chose.
Commentaire n° 5 posté par Ben le 14/06/2008 à 22h22
@ Ben
Ne grillons pas les étapes !
Oui, in fine pourquoi pas une Europe dont la gouvernance serait telle que tu la décris !
Où bien peut-être essayons de rêver ! Tentons l'expérience à moindre échelle autour d'un noyau renforcé d'États.
Mais apprenons à mieux nous connaître avant de généraliser ce mode de gouvernement !
Commentaire n° 6 posté par Thierry P. le 14/06/2008 à 22h50
Ce non irlandais commence à faire couler beaucoup d'encre ; j'espère que cela sera dans le bon sens, celui de la démocratie, et que beaucoup de nos concitoyens se prononceront à ce sujet. Nous ne sommes pas des marionnettes, même si nous avons conscience d'être manipulés par les instances politiques de tous poils.

J'espère à présent que les autres nations emboiteront le pas à l'Irlande, histoire d'enfoncer un peu le clou. Il est grand temps au peuple européen de montrer qu'une poignée de "nantis", ne peut pas mettre "main basse" comme cela sur la démocratie. Il y aura toujours des "moutons", mais, grâce à Internet, un bon nombre d'entre ces derniers commence à voir clair.

J'espère que cela ne finira pas en révolution. Celle, pacifique, suffirait bien, après... c'est une autre histoire, et il y a du souci à se faire. Je ne sais pas s'il ne faudrait pas, dans un futur très proche, "canaliser les gens", en leur redonnant espoir, à travers François BAYROU, qui me semble être bien "l'homme de la situation", mais cela passera par une opération "table rase" du "concept" actuel. Comment ?...
Amitiés
Bénédictine
Commentaire n° 7 posté par Bénédictine le 15/06/2008 à 14h33
Petite rectification, un peu tard:
Je parle de démocratie participative tout simplement parce que j'en ai l'exemple dans ma commune (la ville d'Angers). J'utilise donc cette expression parce que je visualise assez concrètement ce que c'est qu'une réunion de citoyens appelés à débattre sur un sujet sans avoir, à ce moment là de la vie citoyenne, de pouvoir décisionnaire; et que là où j'en vois, c'est de la démocratie participative. Mais c'est en effet dans mon esprit la même chose que des Etats-généraux. Peu importe le nom.
Et l'emploi de cette expression "ne situe pas son homme"!
Commentaire n° 8 posté par Pierre le 16/06/2008 à 22h11
Certes... il reste le gigantesque point d'interrogation autour de "qui organise", dans "quel but", "comment encadrer", etc... toutes ces questions déterminent au fond l'utilité ou la stérilité d'un débat.

Cela dit, ta remarque m'interloque, Pierre... pour avoir un peu participé aux essais participatifs angevins, j'ai pu remarquer deux choses :

1. Cela créait des sortes de "notables des quartiers". C'est-à-dire qu'au fond, ce sont toujours les mêmes qui interviennent et qui acquièrent ainsi un statut spécifique et une légimité. Leur démarche n'étant pas toujours désintéressée.

2. Soit, ces comités étaient noyautés par l'opposition, les rendant littéralement inutile.

Du moins, est-ce le constat que j'ai pu, très vite, dresser...
Commentaire n° 9 posté par Ben le 16/06/2008 à 22h55
Oh vraiment Ben, qd je dis "je visualise", c'est vraiment que je vois à quoi ressemblerait techniquement de tels débats (grand gymnase, bcp de chaises, micro, intervenants divers...). La "démocratie participative" locale et version socialiste n'est pas j'en conviens très au point!

pour ce qui est des gigantesques questions que tu viens dénoncer, je me permettrais de ne pas y répondre! (je suis un peu fatigué, mais promis, je vais y réfléchir!)
Commentaire n° 10 posté par Pierre le 17/06/2008 à 00h22
François Bayrou a estimé récemment que le Traité de Lisbonne était un traité à minima qui ne va pas favoriser la relance européenne. Il ajoutait : « L’Europe est à repenser ».

Je crois que l'Europe nécessite un nouveau cahier des charges et que nous devons préparer un projet politique avec des propositions concrètes et ambitieuses. Mais aucune de ces propositions n'aura de sens si elle n'est pas présente dans tous les Etats-membres. Il est donc essentiel de mettre en place un mouvement européen qui porte nos valeurs humanistes et démocrate et qui soit visible, à la fois des dirigeants institutionnels de l'Union et des citoyens européens.
Commentaire n° 11 posté par BGR le 17/06/2008 à 11h19

La démocratie participative est la quintessence de l’expression de la voix du peuple (qu’elle émane de Grenoble (LOL) Angers ou d’ailleurs. Dans l’antiquité, l’agora permettait le débat entre citoyens. Voici brièvement exposée une petite théorie relative aux "Etats Généraux" du XXI° siècle !

Ces débats au plus près des citoyens européens n’auraient pas pour vocation de dégager des solutions décisionnaires dans un premier temps, Pierre.
Ils auraient pour but de collecter ce que j’appellerai les doléances des citoyens (attentes, critiques, espoirs, rejets, vision de l’Europe...).

Pour avoir travaillé sur les Cahiers de doléances antérieurs à la tenue des Etats Généraux de 1789, j’y ai trouvé beaucoup de matière (du local au national, on y abordait toutes sortes de thèmes)

Ben n’a pas tord de relever les travers que cet exercice de démocratie participative peuvent engendrer. Déjà en 1789 (!) c’était le cas. J’ai pu constater que dans certains secteurs d’une paroisse à l’autre, les formulations étaient rigoureusement identiques (preuve de l’existence du copié-collé au temps de la plume d’oie !). Comme si des "notables" avaient voulu orienter alors les débats. Plus proche de la réalité (mais en histoire rien n'est patent), j'avais pu avancer la thèse que les rédacteurs de ces cahiers types étaient avant tout des petits notaires du coin à qui on avait fait appel en masse, n'oublions pas dans cette société d'antan prévalait un fort taux d'analphabétisme)

La tenue de tels débats participatifs de l'Europe ne saurait émaner des citoyens. Il faut cela va de soi une autorité pour les organiser (Union, Etats, comité indépendant...)

Cadrer les débats et encadrer les sessions est bien sûr un pré-requis pour ne pas que cela tourne à la foire d’empoigne où celui qui beuglerait le plus fort aurait raison. Imaginons un peu le bin’s à l’échelle d’un continent ! Il en faudrait des chaises, Pierre, pour asseoir tout le monde. Je crois pour ma part à l’intérêt de l’internet. Mais pour ne pas assister à une forme de démultiplication des alias, il faudrait étroitement surveiller l’inscription des internautes.

Mon idée est que la contribution à ces débats doit se faire au grand jour. Dans un gymnase pas de problème, il y a le public. Sur internet, il faudrait être dûment identifié (pas nécessairement sous son vrai patronyme cependant, un pseudo validé lors de l’inscription suffirait.

Après quelle analyse pour étudier tout ce qui aurait été recueilli ! Il y aurait je pense matière à esquisser un avant-projet comportant des « propositions concrètes et ambitieuses » comme le dit si bien mon ami BGR que je salue au passage : Salut toi J.

Les options ensuite à retenir pour adopter ou pas ce texte afin de lui conférer un caractère décisionnaire sont nombreuses (assemblée constituante  et/ou référendum européen à l’échelle européenne, autant de référendums que d’Etats, ratification parlementaire (on voit que cette option n’est pas celle qui entraine l’adhésion des citoyens)

Je sais que je ne viens pas de réinventer l’eau chaude, mais c’est bon de temps en temps de l’écrire. Préciser les concepts permettent de les rendre accessible au débat.
@micalement

Commentaire n° 12 posté par Thierry P. le 18/06/2008 à 11h11
 
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