Dans la chaleur de la cuvette grenobloise, j'ai l'honneur en ce 10 Mai de souhaiter un Joyeux Anniversaire au Chef de l'Etat français, Nabot-Naparte Ier, pour sa première année passée au
pouvoir!
C'est certain, il y a eu de l'action! Rappelons nous : le pacquet fiscal, Kadhafi, le divorce, Carla, Dati et ses cabinets, Bolloré et ses yachts, la franchise médicale, le rapport Attali dans le
vide, les commissions sur tous les problèmes pour résoudre tout et n'importe quoi, l'ouverture bidon, et surtout, ooooh surtout : LES CAISSES SONT VIDES.
Car au fond, c'est surtout cela qu'il faut voir.Huit
mois à peine après avoir annoncé la rupture, la "France d'après", le président avouait, bras ballants, son incapacité à faire quoi que ce soit pour améliorer le niveau de vie des
français. Est-ce une chiracisation? Est-il incompétent? A-t-il trop dépensé? Un peu, certainement. Mais le vrai problème n'est pas là. Il est politique, et politique
seulement.
Nous sommes engagés dans un système électoral, qui, en raison du caractère monarchique et tout-puissant qu'a pu prendre l'idée de la Présidence de la République, conduit les candidats y aspirant
à réaliser des séries de promesses plus abracadabrantesques les unes que les autres. On a l'impression que le Président peut tout changer, qu'il peut tout faire, qu'il peut nous
promettre plein de choses.
Mais le voilà, le mal français! Il est là! Et pas ailleurs! On "fait rêver", on promet, on rassure... et on
dépense à tout va pendant un an. Puis, pour les quatre années qui suivent, on essaye de tenir les finances publiques à bout de bras. En changeant de gouvernement au bout de deux ans et demie,
on a une petite chance de passer pour un deuxième mandat (qui sera lui, marqué par l'inaction la plus totale).
La vie politique française se résume à cela. Je pense m'être assez appesanti sur la dette pour ne pas y revenir (pour des infos, allezici).
Mais il y a un second problème : comment réformer?
Je pose la question parce que le bilan de Sarkozy, au bout d'un an, est franchement minable, exception faite de la réforme des universités. Il n'y a rien qui puisse nous permettre d'affirmer que la
France a "changé", surtout quand on compare aux débuts de Mandat de Giscard (majorité à 18 ans, etc.), Mitterrand (ouverture des médias, réformes sociales, politique familiale, etc etc.) et même
Chirac (reconnaissance de Vichy, fin du service militaire). Qu'on se le dise :la France n'a pas bougé, et elle ne bougera pas pendant 4
ans, voire 9.
Je sais, je suis pessimiste! Mais c'est pourtant visible : le pays a besoin de réformes énormes, d'une refonte complète du système de l'Etat. Et des réformes aussi larges ne
passent pas avec une majorité aussi mince.
Comment tenter de réformer au fond, structurellement, quand on a contre soi 75% de la nation?!
C'est, vous vous en doutez bien, le diagnostic démocrate, qui avait promis, au regard de la profondeur de notre crise, un gouvernement de coalition et d'union
nationale pour les 5 ans de présidence Bayrou. C'est hélas, je pense, ce que nous devrons reproposer en 2012 : car la situation sera pire encore.
C'est le constat que tout français moyen fait en parlant politique avec son collègue au café de 10 heures : après un an de présidence, les "syndicats" sont trop forts pour laisser le
gouvernement faire ce qu'il veut. C'est évident : dans l'état actuel des choses, le paysage politique et social français est à ce point clivé qu'il est impossible de gouverner plus d'un an,
car alors, avec l'érosion (normale) de popularité, on se retrouve coincé entre les attentes de son propre électorat et les pressions sociales énormes de l'opposition. Deux forces
contraires vous tiraillent et vous forcent à cesser de réformer et à vous contenter de "gérer".
Et ces forces sont d'autant plus puissantes que vos promesses électorales étaient bidon.
Ben
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