Mardi 15 juillet 2008

par Ben

Mes chers amis,

 

Je vous écris (enfin !) pour vous parler, peut-être un peu tard, du défilé du 14 Juillet. Je n’aborderai pas la polémique autour du don de la Légion d’Honneur à notre « Gris-Gris » national(e) : vous vous doutez bien de ce que j’en pense.

 

La question qui s’est posée est celle de la présence de Bachar El-Assad aux festivités. Le Président de la Syrie n’est pas réputé très « fréquentable » sur la scène internationale, la Syrie n’hésitant pas à occuper le Liban contre les règles du Droit International, et étant en hostilité avec Israël. Cela dit, ces deux aspects semblent aller dans le bon sens. Le Chef d’Etat est aussi accusé du meutre de Rafik Hairi, et soupçonné d’être l’hôte de militants islamistes du Hamas.

Il faut dire qu’el-Assad n’est pas un homme comme les autres : il est assez provocateur pour être né un 11 septembre… ! Mais ça ne l’empêche pas de faire beaucoup d’émules, dans son pays : en 2007, ses citoyens l’ont réélu avec 97,62% des voix. (Hum… Silence, dans le fond !).

 

Alors évidemment, sa présence lors d’une cérémonie symbolisant les droits de l’homme dérange et fait grincer des dents.

 

J’avoue avoir moi-même beaucoup hésité sur ce qu’il fallait dire de sa présence. Mais je pense tout d’abord que contrairement à un certain Général libyen, il a fait toutes ses études en Grande-Bretagne, et a reçu ses savoirs d’un pays des plus humanistes. Il a aussi donné des preuves de sa bonne foi lors de la crise du Liban, acceptant de finalement retirer la plupart de ses troupes (quoique qu’il y conserve une influence énorme). Il soutien le projet de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), ce qui prouve qu’il accepte le dialogue avec l’occident.

 

Mais surtout, pour prendre un angle de vue plus realpolitic, il faut observer que l’échiquier diplomatique au Proche-Orient est clairement bloqué pour la France et l’Union Européenne. D’habitude, elles ont tendance à apporter leur compréhension à l’égard de la cause palestinienne, apportant un contrepoids à la diplomatie américaine. Mais avec l’arrivée du Hamas au pouvoir en Palestine, elles ne possèdent plus d’interlocuteur acceptable. Et ce d’autant plus que l’Iran fait tout pour renforcer la radicalisation, et fournit en armes les terroristes islamistes. Il faut donc trouver de nouveaux interlocuteurs, de nouveaux « leviers » (l’image me semble bonne) pour faire pression sur la situation là-bas. L’axe Israël-Washington est si solide, si inconditionnel, que l’Etat juif peut se permettre d’ignorer le Vieux Continent. Il faut trouver un moyen d’entrer dans la danse : la Syrie est le meilleur. Du moins à court terme.

 

C’est une analyse strictement personnelle : mais je ne vois pas comment la France pourrait tenir la position Chiraquienne plus longtemps avec le Hamas au pouvoir. Les apparences, les grands discours et les déclarations d’intentions grandiloquentes cachent selon moi une faiblesse diplomatique et une absence relative d’influence sur le terrain. J’ai vraiment l’impression que la France joue parfois de son prestige et son charisme, mais que son aura s’arrête là.

Or, comme chacun sait, la diplomatie est un rapport de force : nous devons trouver cette force, cette position sur l’échiquier.

 

Tout dépendra bien sûr d’el-Assad, et rien ne dit qu’il sera assez respectable. Mais je pense que le jeu en vaut la chandelle. Pour une fois… je suis d’accord avec l’Elysée.

 

Ben

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Samedi 12 juillet 2008

par Ben

Merci à Thierry de me permettre de publier un article sans avoir à l'écrire! N'oubliez pas que vous aussi, vous pouvez utiliser la tribune de VdG! Mais attention : vos écrits n'engagent que vous...

Bonne lecture...

Ben



Est publié sur le blog de Corinne Lepage son point de vue éclairant à la suite de l'annonce de la construction du deuxième réacteur EPR.
http://corinnelepage.hautetfort.com/
C'est l'occasion pour moi de vous inviter (sans engagement de votre part) d'aller de temps en temps consulter le blog de Mme Lepage qui est des plus intéressants.
Bon, Ben n'en prend pas ombrage, VdG est très bien aussi !

Je garde un excellent souvenir de Corinne Lepage ayant eu l'occasion de travailler pour elle en lui fournissant une "synthèse" qu'elle m'avait demandé. Pendant trois jours, j'ai trimé dur pour me montrer à la hauteur de la confiance qu'elle m'avait accordé. Elle partagea mon analyse ;-))
@mitiés
Thierry P.

07.07.2008

Corinne Lepage: la pieuvre nucléaire

 

 

 

"La décision annoncée par le Président de la république de construire un deuxième EPR révèle s’il en était besoin, la gravité de la situation française au regard du fait nucléaire. Notre prisme de plus en plus déformé à l’égard de l’industrie nucléaire est en passe de nous plomber sur le plan intérieur comme sur le plan international.
Entendons nous bien. Il ne s’agit pas de sortir du nucléaire ou de contester le nucléaire a priori même si nos élites ont la fâcheuse habitude de nier tout inconvénient. Il s’agit de mesurer les ravages que le choix aujourd’hui de l’EPR va provoquer dans le domaine de l’économie, de la recherche, de la gouvernance,et de la politique étrangère.
Sur le plan économique d’abord, la réalisation d’un puis de deux EPR, sans aucune étude d’impact économique et sociale préalable aboutit à préférer créer 400 emplois là où la même somme, soit 2 fois 3,5 milliards d’euros aurait permis, si elle avait été investie dans les énergies renouvelables d’en créer entre 50 et 100 000. De plus, la création de ce deuxième EPR, alors qu’EDF elle-même indique que nous n’en n’avons aucun besoin avant 2020, va ruiner l’industrie et l’effort naissant en faveur du renouvelable, directement concurrent du nucléaire. Car le nucléaire ne nous apporte rien pour remplacer le pétrole dans le transport et a été un formidable encouragement au gaspillage énergétique, au retard français dans le développement de l’efficacité énergétique et l’industrie du renouvelable qui dopent l’économie de nos voisins. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette décision de surcapacité volontaire va tuer l’intérêt économique des énergies alternatives puisque EDF ou Suez devront vendre leur électricité nucléaire qui ne se stocke pas et a une efficacité énergétique très faible.
Alors pourquoi cette précipitation alors même que les immenses difficultés rencontrées par Areva dans la construction de l’EPR en Finlande comme à Flamanville justifierait au contraire une réflexion de fond sur la filière de troisième génération ?
Il faut chercher la réponse non pas dans une nécessité énergétique qui n’existe pas ou qui justifierait une solution en faveur des ENR mais dans le mécano financiaro-industriel consistant à permettre à Bouygues de mettre la main sur Areva après avoir marié GDF et Suez sur le dos des abonnés au gaz qui ont et continuent à  payer la facture . Cette décision s’inscrit donc dans le choix de privatiser l’énergie y compris le nucléaire, la création d’un nouvel EPR étant destiné à orner la corbeille de la mariée. Or, cette privatisation nous fait courir un risque immense en terme d’indépendance nationale et  de sécurité Alors que l’Allemagne s’interroge sur les fuites de radioactivité d’un de ses laboratoires souterrains, a-t-on imaginé ce que représenterait pour l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire françaises un problème de cette nature ?
Mais, les effets pervers ne s’arrêtent malheureusement pas là. En effet, le fléchage de l’immense majorité des crédits publics vers le secteur nucléaire et le CEA privent de moyens des pans entiers de la recherche française en particulier dans les nouvelles énergies et focalisent par exemple sur le plateau de Saclay, les moyens quia auraient pu aller vers les universités.
Or, tout ceci se fait dans l’opacité qui est précisément une des grandes caractéristiques du choix nucléaire français. Si nous sommes si réticents à informer le public, si le secret défense joue un rôle si fort et en parfait décalage avec les pays démocratiques, c’est largement du au poids du nucléaire  qui ne vit que du secret, refuse les informations sur les risques, sur les coûts réels et contamine l’ensemble de la société même s’il dispose d’un droit spécifique dérogatoire du droit commun non seulement sur l’accès à l’information amis aussi sur le droit de polluer l’air ou l’eau. Or, bien loin de s’améliorer, la situation se détériore et contribue à la malgouvernance française.
Enfin même la politique internationale est fortement impactée par le retour au tout- nucléaire.. Pomme de discorde en Europe où le choix français n’est pas majoritaire loin de là qui participe du différend avec Madame Merkel , accusée de ne pas relancer le nucléaire  tout en défendant Siemens que Bouygues voudrait bien voir chasser. Instrument de la diplomatie française qui conduit à vouloir vendre des centrales à tous les pays du monde à commencer par ceux qui n’offrent aucune garantie ni en terme de sécurité ni en terme de dissémination et de devoir soutenir ces « clients «  y compris dans les plus mauvaises causes. Après la responsabilité historique que nous portons sur les risques en terme nucléaire qu’ont fait courir au monde l’Irak puis l’Iran, nous souhaitons aujourd’hui doter la Libye, l’Algérie et pourquoi pas un jour la Syrie de centrales nucléaires. Toute décence et toute défense des droits de l‘homme s’effacent devant l’impératif commercial et les liens profonds que le nucléaire impose de tisser avec les acheteurs. Ainsi, la diplomatie du nucléaire tend à s’imposer faisant dans le domaine international comme  dans le domaine interne l’alpha et l’omega de la politique française . Si l’industrie du nucléaire actuelle et future s’en réjouit, rien ne dit que la nation française y trouve son compte."

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Mardi 8 juillet 2008

par Ben
Mes chers amis,

Figurez-vous qu'avec le début de ces vacances d'été arrive aussi pour moi une fracassante entrée dans cette merveilleuse caste qu'est "La France qui se lève tôt". Je m'adonne en effet - je vais m'adonner jusqu'à la fin du mois - aux joies des pérégrinations environnementales et endosse chaque jour depuis lundi le prestigieux costume d'"agent de collecte", doux euphémisme "d'éboueur".
Or, je commence à 5:30 du matin.
Par conséquent, j'ai l'encéphale un tantinnet trop ramolli pour vous pondre un joli billet - Thierry aurait adoré!- sur les 35h et la récente loi sur le sujet. Quelqu'un veut le publier ici à ma place??

DONC, pour compenser (et rédiger un article pour vous faire revenir!), j'ai décidé de faire mon premier coup de gueule de l'été. Et je vais parler ROND POINT. Retour à l'auto-école, quitte à gêner certains de mes mauvais conducteurs de lecteurs, et à les faire rougir. Car il s'agir bel et bien d'une mission d'intérêt général : faire connaitre de la code de la route à ce sauvage qu'est le conducteur français!!!!


Première chose : les trajectoires de rond point (ou : comment éviter l'anarchie)
Etant personnellement un maniaquo dépressif, je ne supporte pas les gens qui, pour continuer tout droit au-delà d'un rond point, passent allègrement par la file de gauche, coupant la route à tout le monde deux fois de suite, sans vergogne. Même si les pires sont évidemment ceux qui, pour aller directement à droite, passent aussi par la file de gauche du rond point...

Un rond point doit se prendre comme ça :




(Tous ceux à qui il viendrait l'idée de contester la valeur artisanale de ce magnifique dessin sont priés de s'en abstenir!)

C'est pourtant pas compliqué : si on va globalement à droite (c'est-à-dire qu'on prend une direction dont l'angle est inférieur ou égal à 180°, à droite de ma ligne violette!), on RESTE sur la file de droite. A partir du moment où on prend plus à gauche (à gauche de ma ligne violette), on emprunte la file de gauche. Et on se replace sur la file de droite avant sa propre sortie.
Si un jour vous avez le malheur de me rencontrer sur votre chemin, et que vous êtes décidé à emprunter la file de gauche pour aller tout droit, sachez que j'ai tendance à fortement ralentir pile poil au niveau de votre sortie, de sorte que vous soyez obligés de faire une tour supplémentaire... (bah oui quoi! Ne soyez pas à gauche pour rien!). C'est parfaitement légal dans la mesure où si vous êtes à gauche, vous continuez à tourner. Et ça vous fait les pieds.

Et d'une.

Deuxième chose : le clignotant
Je ne sais pas exactement si en tournant à gauche, il faut mettre le clignotant correspondant pendant le rond-point, ou se contenter de ne rien faire. Les commentateurs me diront surement ça...? En revanche, il y a une chose à retenir : quand on sort du rond-point, on met son clignotant droit. DANS TOUS LES CAS. Y compris si on va-tout-droit-et-qu'on-est-bien-sur-la-file-de-droite. Il faut donc clignoter entre votre propre sortie et celle d'avant.
Pourquoi?
Tout simplement pour que la personne qui souhaite s'engager dans le rond-point sache qu'elle peut passer, puisque vous allez tourner. Je ne compte plus le nombre de fois où je dois m'arrêter pour rien, car un pauvre glandu refuse obstinément de mettre son clignotant quand il sort du carrefour. Je ne manque pas, bien sur, de le lui signaler d'un "geste du bras manifestant mon agacement"...

Voilà le meilleur moyen, je crois, pour que vous vous souveniez de moi : demain matin, en allant au boulot, TOURNEZ et CLIGNOTEZ !

Ben
(Français moyen, donc râleur)

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Vendredi 4 juillet 2008

par Ben
Bonjour à tous!

Je vous écris très très rapidement pour vous indiquer que la vidéo de l'intervention d'Eva Joly lors de la Convention sur l'Europe du MoDem a été ajoutée à VdG.TV...  (ici)
Pour le coup, j'en avais les larmes aux yeux. Voilà une autre femme à qui on donnerait bien un Nobel, tant elle est emplie de courage et de ferveur. L'un des plus grands moments de ma courte vie de militant...

Bonne soirée,

Ben

PS : N'oubliez pas! Si vous souhaitez parler de votre été (vos lectures, vos coups de gueule, vos divagations intellectuelles...), dites le moi!!! VdG vous publiera, et sans censure!

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Jeudi 3 juillet 2008

par Ben
Mes chers amis,

Vous l'avez tous entendu, et il faudrait vraiment être un membre de la toute dernière  tribu néopaléolithique du fin fond des Pyrénées orientales pour ne pas le savoir : Ingrid Bétancourt a été libérée, hier, par les soldats de l'armée Colombienne. Avec elle, treize autres détenus ont été délivrés.



Je ne le nie pas : c'est bien sûr un grand évènement, une profonde consolation pour les familles et tous les militants associatifs qui ont participé au combat pour sa libération.
Du moins est-ce ce que les médias veulent nous présenter. Quoique je partage la joie de tous, je
ne renie en rien ce que j'ai précédemment pu écrire.

Je risque sûrement d'être traité de vieux con en écrivant cela, mais je conteste profondémment la couverture médiatique qui en a été faite. Pire : ça m'insurge!

Premièrement, il ne s'agit pas d'une grande victoire pour le monde associatif, il ne s'agit pas de la victoire des impuissants manifestants parisiens ou autres : c'est la victoire de l'armée Colombienne. On a eu droit, aujourd'hui, à une espèce de version médiatique des faits, monolithique, consistant  à dire que "le combat n'avait pas été inutile"... mais il s'agit bien d'une victoire militaire, et rien d'autre. Les associations n'y sont pour rien, ou presque (je suis conscient de grossir le trait, mais j'espère, en vous choquant, faire réagir). Je reste persuadé qu'il aurait été impossible de libérer l'otage par la négociation simple. La Colombie a usé de la poudre et de la ruse, et c'est elle qui a gagné.

Deuxièmement, il ne me semble pas que "la France soit en liesse" comme j'ai pu l'entendre à la radio ce soir. Certes, comme tout le monde, je suis très heureux pour elle, et il est vrai que le cas Bétancourt était un grand symbole. Mais la couverture médiatique de l'évènement est ridicule par sa démesure. Je suis sûr que la majorité des Français n'est pas sortie de chez elle à 22h pour klaxonner dans toute la ville... c'est bien, voilà tout. Quand je pense que dans certaines bourgades, on fait carilloner les clochers!!! On est pas en train de libérer le pays, quand même! On va où là?! Ca frise le ridicule.

Troisièmement, le fait que l'on nous ait imposé à la fois cet évènement comme seul élément de l'actualité (France Inter y a consacré 13 des 15 minutes de son journal ce matin!!!), et une version unique de son déroulement, permet de mieux cacher certains détails intriguants... Tout ce que je sais est qu'hier, elle semblait très en forme et beaucoup moins maigre que sur les photos que l'on avait d'elle auparavant. Et qu'un avion sanitaire français avait atterri en Colombie il y a quelques semaines... son équipage "a disparu dans la nature" peu de temps après.

Quatrièmement, ce pseudo-engouement pour la libération d'otages est à double tranchant. Nous sommes à deux doigts de la crise diplomatique avec Bogota, qui est sidéré de constater à quelle vitesse la France a pris pour elle l'évènement. Ingrid, élue du peuple colombien (comme le rappelle si bien L'Hérétique) quitte son pays dès demain pour le pays de la langue de Molière! Dans notre joie, on oublie qu'elle est avant tout de là-bas, et que l'armée aussi bien que le gouvernement Colombiens sont perplexes devant le déroulement des choses. Il s'agit de leur victoire, et il s'agit d'une Colombienne : et pourtant, c'est la France qui se réjouit, la France qui revendique le combat, et la France qui l'accueillera !!!!!!

Alors oui : je suis un vieux con. Mais parfois, j'estime qu'il faut avoir un certain sens des réalités. Et pour moi, la libération d'une femme qui était encore inconnue il y a 6 ans et qui était à l'époque une candidate anonyme aux présidentielles de son pays (2% dans les sondages) est certes une bonne nouvelle pour la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, mais ça ne changera pas non plus ma vie.

NA!

Ben
La Voix alpine, voix grinçante en ce jour

Article modifié à 20h10.
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Mardi 1 juillet 2008

par Ben

Bonjour à tous,

 

Au risque d’être un peu en retard, j’ai choisi de vous parler aujourd’hui de la réforme de l’audiovisuel annoncée il y a peu. Il y a deux aspects au problème : le premier concerne le nouveau mode de financement des chaînes publiques, et le second la nomination du président de France Télévisions.

 

Avant de parler de la réforme en elle-même, j’aimerais parler de la forme qu’a pris son annonce. C’est une nouvelle démonstration de la monocratie présidentielle en vigueur, dans laquelle il peut selon son bon vouloir, contrôler le travail législatif et l’orienter. Qui plus est, au-delà du fait que l’annonce de la suppression de la pub sur les chaînes publiques correspond assez bizarrement à un pic bas de l’action de TF1 en bourse, je m’interroge sur la volonté réelle du président de modifier le mode de nomination du responsable du groupe de télé publique. Cela prend les airs d’une diversion pour éviter d’avoir à parler du financement. Mais la n’est sans doute pas la principale question…


 

Comme vous l’avez sans doute tous entendu, les chaînes publiques vont donc être dorénavant exemptées de publicité de 20h à 6h, tous les jours, se privant ainsi de près de 800 millions d’euros de financement. En contrepartie, il a été annoncé la création d’une taxe sur les chaînes privées et des fournisseurs d’accès à internet.

C’est un affaiblissement certain du service public de la télé. Tout d’abord, faire dépendre des bénéfices d’acteurs privés une partie de ses ressources revient à dire que la télé publique est soumise aux aléas économiques que subiront ces acteurs : il suffit qu’il y ait, demain, une crise grave à TF1 ou à Neuf Cegetel pour que France 2 perde plusieurs millions… Qui plus est, la démarche est – je trouve – profondément hypocrite et malhonnête. Le gouvernement s’est toujours refusé à augmenter la redevance audiovisuelle pour financer les projets du Chef de l’Etat. Pourtant, il ne fait nul doute que pour compenser la taxe qu’ils vont subir, les fournisseurs d’accès internet la répercuteront sur leurs tarifs… c'est-à-dire qu’au final, c’est le consommateur qui paiera tout de même. Avec à la clef, une fracture numérique encore plus profonde… Et puis enfin, la question de fond, qui est celle de rendre la télé publique indépendante de l’audience, est une profonde ineptie. On nous annonce qu’il faut réformer la télé publique parce qu’elle perd de l’audience, et qu’on veut l’en rendre indépendante. Je reste persuadé, pour m’être moi-même plaint des ravages de la concurrence dans la télé, qu’une télé publique totalement coupée de l’audience n’est pas non plus souhaitable… Pour moi, il s’agit surtout d’un problème de concurrence déloyale, au vu des programme pitoyables et abrutissants qu’osent passer certaines chaînes privées… pour le plus grand bonheur de je ne sais quelle « ménagère » qui ne demande pas à la télé de l’aider à comprendre le monde.

 

Le deuxième point est celui de la nomination du Président de France Télévisions. L’argumentaire présidentiel était de dire qu’il « ne voit pas pourquoi il ne serait pas nommé comme tous les autres présidents de service public ». Le président ayant du charisme, il en convaincra sûrement pas mal en disant cela. Mais comme d’habitude avec ses petites phrases qui semblent logiques au premier abord, il suffit de réfléchir deux secondes à ce qu’il a dit pour pouvoir contester : nous parlons ici de l’une des composantes sensibles et essentielles de toute démocratie éclairée. Chacun sait, et l’Europe en est la meilleure preuve, qu’il n’y a de démocratie que de démocratie dotée d’information, c'est-à-dire de médias libres. Sera-ce le cas ? Le président de France Télévision sera donc, selon la réforme, nommé par le gouvernement, avec approbation du Parlement à 65% et accord du CSA (je tiens à préciser que les membres du CSA sont eux-mêmes nommés par la majorité au pouvoir… : 3 de ses membres sont nommés par le Président de la République, trois autres par le Président du Sénat et 3 autres par celui de l’Assemblée Nationale. Or, depuis le quinquennat, l’exécutif est assuré d’avance d’obtenir la majorité politique au parlement).  En fait, je pense que tout dépendra de l’attitude du Parlement. En tout état de cause, j’ai bien peur que dans la pratique, cela ne crée une relation de dépendance entre le président du groupe et le gouvernement. Au fond, on a deux hypothèses en pratique : soit le Président de la République arrive à nommer un de ses « pions » et prend contrôle des chaînes, soit il peut faire pression sur le responsable de la chaîne en menaçant de le remplacer ou de ne pas le renommer… où va-t-on ?! C’est un nouveau coup évident pour la démocratie. Le personnel de France 2 a déjà annoncé son intention de s'opposer au projet, tandis que le président de TV5 a annoncé sa démission.

A ce propos, j’aimerais vous faire méditer une petite pique lancée par Mitterrand lors d’un des grands débats des élections présidentielles : « C’est la gauche qui nationalise, mais c’est la droite qui étatise. »

 

Le tout est à ajouter dans un contexte de flicage croissant des internautes (ce qui, pour moi, constitue une introduction de l’Etat dans la sphère privée, sous couvert de « propriété intellectuelle ») et de déclin rapide de la presse écrite. Mais rassurez-vous : VdG est un vrai bastion !!!

 

Ben

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Samedi 28 juin 2008

par Ben

Mes chers amis,

 

Me voici de retour, après avoir longuement « TGV-médité » à propos du sujet d’aujourd’hui ! C’était sans compter sur Thierry P., qui, une nouvelle fois, a usé de sa plume grandiose chez l’un de mes confrères, pour écrire sur la Turquie et l’Europe. Vous pouvez trouver cet article ici, je vous le conseille.

Au départ, je comptais laisser une petite trace de mon passage avec un : « Bravo Thierry, encore un billet brillant! Quelle plume! ». Mais finalement, j’ai décidé d’écrire ce petit article, comme un écho au sien.

 

La Turquie, futur membre de l’UE ?



 
Je vous préviens tout de suite que j’ai évacué la question géographique, puisque Thierry s’en est très bien chargé ! Voici donc quelques petites remarques, « en plus » !

La première sera celle de rappeler, d'abord, que la Turquie est un pays laïc depuis les années 1920, et de manière largement plus stricte (et même parfois ridicule) que la France. Imaginer la Turquie comme on imagine le Maghreb ou la Palestine, de ce point de vue, serait une immense erreur. La Turquie est musulmane, certes, mais laïque... jusqu'à peu, par exemple, le port du voile était interdit dans les universités du pays (alors qu'en France, il est autorisé!). Aussi, l’argument consistant à dire que la Turquie serait un cheval de Troie pour les islamistes relève largement de la démagogie. Pour moi, c’est jouer avec la peur, jouer avec la méconnaissance qu’ont les citoyens de ce pays.

 

La seconde chose à dire, je pense, c'est qu'au fond, au lieu d'interroger en permanence l'identité de la Turquie, il faudrait aussi se poser celle de l'Europe. Je me souviens, en décembre, à la nouvelle de la nomination d'un nouveau gouvernement Belge, avoir fait une comparaison entre les luttes intestines du petit pays et l'Union Européenne. Et au fond, l'Europe, c'est avant tout le rêve que les différences et les identités puissent enfin vivre ensemble. L'hymne européen de nous rappeler :"Plus de luttes, ni de frontières. Plus de haine, plus de pleurs. Tous unis sur notre Terre, bâtissons des jours meilleurs."

Alors bien sûr, je ne veux pas dire que l'Europe est un projet mondialiste! Cela dit, je pense que refuser l'Union à la Turquie (et refuser la Turquie à l'Union) pour les seules raisons culturelles est une erreur profonde. Devrions nous rappeler que lorsque les bombes daignent enfin s'y taire, les campagnes des pays des Balkans sont magnifiques, parsemées, au milieu des champs et au gré des hameaux, de minarets comme la France de clochers? Et qui contesterait leur droit à faire partie de l’Union ?

 

Au final, à propos de la Turquie, j’ai souvent l’impression que l’on se pose les bonnes questions, mais en donnant les mauvaises réponses. Il s’agit bien de corriger une pensée souvent erronée dans l’imaginaire collectif de l’ouest-européen. Il se trouve qu’étant dans une école un peu ouverte sur le monde, j’ai pu rencontrer quelques personnes turques venues passer leurs études dans notre pays. Et le jour où j’ai parlé d’Europe avec Ebru (coucou !), jeune étudiante turque, voici ce qu’elle m’a répondu : « On est trop différents. Je pense que ce ne serait pas une bonne idée d’entrer dans l’Union Européenne. On peut très bien être bons voisins sans se taper dessus et en s’aidant, sans forcer les turcs à devenir européens. On n’est pas européens dans la culture, en Turquie. » La question première n’est sans doute pas de savoir si l’Europe veut de la Turquie, mais plutôt si les turcs veulent de l’Europe ! Notre démarche m’agace tant elle est imbue d’elle-même ! Surtout que cette tendance semble délicate à déterminer… les urnes turques oscillant régulièrement entre europhilie et simple euro-amitié.

 

Cela dit, comme je l’entendais aussi, la Turquie n’est pas non plus orientale. Elle est en plein boom culturel, mondialisation aidant : les jeunes s’affirment, la société bouge, fait la fête, travaille… la Turquie est en train de rattraper notre mai 1968 ! Imaginer un pays dans un carcan islamique, je le répète, est erroné. Quoiqu’évidemment, comme partout ailleurs, les campagnes sont sans doute plus conservatrices que la ville, la société, l’économie, la pensée turques se modernisent à pas de géants.

La Turquie n’est donc pas européenne, elle est européanisée. Quand on y pense, c’est assez déprimant pour eux ! Ils ne sont pas vraiment européens, mais pas vraiment orientaux non plus. Mais les dirigeants Turcs sont intelligents : et ils essayent de faire de leur pays non pas un membre d’un « camp » ou l’autre, mais plutôt une sorte de carrefour des cultures, des civilisations, un curieux mélange d’orient et d’occident. Et si l’Europe ne participe pas à ce mélange, si elle n’attire pas les faveurs de la péninsule, alors nul doute qu’elle aura perdu une grande bataille géostratégique du début du XXIè siècle.

 

Ben

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Mardi 24 juin 2008

par Ben
Mes (très) chers lecteurs,

Je voudrais d'abord m'excuser de vous avoir littéralement assomés avec mon précédent article. Visiblement, il ne vous a guère inspiré de commentaires, si ce n'est quelques soupirs sans doute las face à un article aussi long...

Ensuite, je voudrais vous rassurer : non, je ne suis pas mort ! Il se trouve que je suis en train de littéralement quadriller la cuvette Grenobloise. Sous plus d'une trentaine d'écrasants degrés, j'arpente cette immense cocotte minute météorologique afin de trouver de quoi me loger aux côtés de l'âme soeur (vous ne soutirerez aucune autre info à ce propos! Rappelez-vous en bien : on ne mélange pas le privé avec le public. On a assez critiqué Nabot-Naparte pour ça!). Ca prend du temps... car je n'ai que trois jours pour trouver

UN JOLI T2 OU T3 PROCHE D'UNE LIGNE DE TRAM OU DE BUS POUR MOINS DE 650€ DE LOYER!!!!!!

(Je dis ça comme ça....!)

Donc, j'avoue qu'une fois rentré, il est difficile de se replonger dans Le Monde et la politique... tout en s'estimant en vacances!

Alors voilà, je vous propose de nous retrouver Samedi ou Dimanche pour un nouvel article sur VdG!
Notez que j'ai quand même, ce soir, pris le temps de rafraîchir le Tutorial sur les institutions européennes.

Notez aussi que j'attends une contribution externe à propos des problèmes de l'immigration, réalisée je l'espère avec brio par ??? (veut-il que je donne son nom?). Je me permets de le préciser pour qu'il se sente obligé!!!! Cela ne doit pas vous empêcher de  me faire parvenir tous les billets que vous souhaitez. Et ce, alors que j'ai bien l'intention d'adapter VdG aux temps de vacances. Eeeeh oui, même les politiques ont des vacances! Pour moi, la politique est comme la physique pour l'étudiant en sciences : ne vous étonnez donc pas que j'aie aussi besoin d'une pause!

Tout billet qui parlerait donc de culture, d'un livre que vous avez lu, détesté ou adoré, de coups de gueules insolites (je crois d'ailleurs que je vais finir par en faire quelques uns...), de vie associative, de listes de courses, de la psychologie humaine, de l'influence du cours du Dow Jones sur la libido des putois du Canada... BREF : de notre quotidien, aussi bien que de grandes idées, est bienvenu et bien venu!! Cela m'allègerait la charge estivale!

Sur ce, bonne soirée à tous,

Ben (qui reste, malgré les airs qu'il essaye de prendre, un artisan du web!)

PS : Voyez ! Je suis même capable de faire un article aussi long pour ne raconter que quelques petites nouvelles!!



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Jeudi 19 juin 2008

par Ben

Bonjour à tous !

 

Voici donc, comme promis, un article sur le libéralisme. Je me propose de le décliner en plusieurs grandes affirmations, que j’expliquerai et justifierai au fur et à mesure. C’est plus simple, et plus clair pour tout le monde. De plus, l'article étant long, cela vous permettra de le lire en plusieurs fois! Cela peut vous paraître assez pénible, rébarbatif, trop technique... n'hésitez pas, bien sûr, à demander des clarifications en commentaire, je me ferai une joie de m'améliorer en pédagogie! Mais j'essaye d'expliquer des choses qui ne sont pas si simples, et qui, pourtant, permettent de mieux comprendre notre situation...

 

Plus de concurrence ne nuit pas au consommateur, au contraire

Le libéralisme ne fonctionne qu’avec la concurrence. Lorsqu’en cherchant à acheter un produit, vous avez le choix, vous pouvez comparer les prix et les qualités, vous pouvez choisir celui que vous estimez le meilleur, au bon prix. En revanche, si le choix est très réduit, alors il y a des risques que les vendeurs s’entendent entre eux. C’est le cas par exemple de la téléphonie mobile, où les opérateurs ont clairement établi des prix de connivence, délibérément plus haut que ce que nous pourrions obtenir s’il y avait une véritable concurrence. C’est aussi vrai pour la Grande Distribution, qui réalise des marges importantes car chaque marque dispose d’un monopole géographique (et d’une faculté de pression sur les fournisseurs). La loi Sarkozy n’y changera d’ailleurs pas grand-chose. Il est à noter que les magasins où les petits prix sont rois (les magasins dits de hard-discount) voient leurs chiffres d’affaires exploser depuis quelques mois.
>> Le système de distribution actuel manque de concurrence dans de nombreux secteurs (GD, téléphonie, verrerie, etc.)

 

Le libéralisme est un modèle qui ne fonctionne pas pour certains secteurs fondamentaux

Il y a un autre constat simple à faire. Puisqu’il y a un phénomène naturel qui tend à l’agrégation des marques (à la formation de grands groupes, de holdings), on peut se demander ce qu’il devient du libéralisme lorsqu’il est appliqué à des secteurs fondamentaux (l’énergie, l’eau, les transports, par exemple). Comme il s’agit de secteurs dans lesquels on peut difficilement réduire sa consommation sans y perdre sa santé, ce sont les derniers achats auxquels on renonce. Et ainsi, si une entreprise arrive en situation de monopole, elle aura une influence énorme sur le système de consommation tout entier, quand bien même elle n'en aurait pas l'intention : elle peut, à elle seule, faire chuter la consommation de tous les autres produits en augmentant ses prix. C’est pourquoi la politique européenne de concurrence dans le secteur énergétique me met hors de moi. De même, certains secteurs sont par nature non rentables (exemple : les lignes TER). Si on les abandonnait au privé, ils mourraient. On ferait mieux de créer des grands services publics européens !

>> La notion de service public à la française n'est pas une tarre en soi lorsqu'elle est appliquée dans tels secteurs, dans lesquels la concurrence ferait plus de mal qu'autre chose. L'Europe en aura besoin, il faut qu'elle sorte de son endoctrinement et de la concurrence à tout va.

 

La recherche du seul profit mène droit à la catastrophe

C’est un argumentaire qui revient de plus en plus souvent dans la dénonciation de la crise actuelle. Au fond, un modèle économique dans lequel on recherche plus à enrichir une classe dominante plutôt qu’investir est voué à l’échec. Ce constat est de plus en plus pressant de nos jours : le système économique engraisse de plus en plus les grands actionnaires, sans pour autant retrouver une part substantielle de ses profits dans l’investissement. L’argument des libéraux est d’affirmer que les entreprises peuvent justement investir grâce aux actionnaires qui leurs fournissent des fonds. Problème : les actionnaires ne sont pas de grands altruistes, et exigent des entreprises qu’elles ne s’endettent pas ! Les démocrates proposent de longue date de faire varier les impôts sur les entreprises en fonction de la répartition des bénéfices entre les dividendes et l’investissement pour palier à ce problème, par exemple.
>> Il faut relier l’économie réelle au monde financier, le capital au travail, pour booster l'investissement mondial. Le libéralisme dans le monde financier ne conduit qu'à agrandir la fracture entre deux mondes, et détruit la logique et le but même du système boursier, qui est d'aider les entreprises. Pas les exploiter.

 


Libéralisme et inégalités de revenus

C'est un débat difficile. En ce qui concerne la France, on a pu constater qu’elle est l’un des pays occidentaux où la différence entre les 10% des plus hauts revenus et les 10% des plus bas revenus a le moins bougé depuis 50 ans. Le graphique ci-dessous le démontre.

(Source : Le Revenu salarial et ses composantes, évolution et inégalités de 1978 à 2005, INSEE)

Où est le problème, alors ? Selon moi (et c'est diagnostic strictement personnel, mais qui permet sans doute de résoudre l'altercation entre J. Peyrelevade et E. Todd lors de la Convention du 8 Juin), tout est lié non pas à la répartition des revenus, mais à la répartition de la baisse des revenus réels. C'est-à-dire que tout est lié à la répartition de l'inflation.
Je m'explique. Quand on voit que le prix de certains légumes ont explosé, en triplant, tandis que celui des écrans plasma a augmenté de trois "pichenettes", on comprend pourquoi les pauvres sont proportionnellement plus pauvres, et les riches plus riches. Imaginons! Dans un petit budget, l'alimentaire représente par exemple 40% des dépenses. Chez quelqu'un d'aisé, cela en représente 10%. Donc quand les prix augmentent de 20% dans les produits alimentaires :
40% du budget augmentent de 20% chez les petits revenus --> pouvoir d'achat en chute libre
10% du budget augmentent de 20% chez les gros revenus --> pouvoir d'achat quasiment inchangé
L'écart se creuse, alors même que les salaires n'ont pas bougé.
Ce n’est pas une affaire de salaire : c’est une affaire d’évolution des prix. Ils explosent dans les produits de grande consommation, et sont très stables sur les produits de luxe. Pour palier à ce problème, il faut trouver des solutions structurelles : augmenter la concurrence dans la Grande Distribution, inciter à la baisse les prix de l’immobilier et de l’énergie... bref, serrer la ceinture sur tout ce qui est indispensable. Cela dépend bien sur, aussi, des marchés internationaux… Là est une question plus grande encore, et sans doute, une possibilité d’amendement au libéralisme qui ne serait pas inutile. Mais est-ce possible?



Libéralisme et inégalités de croissances
La question s'est posée, lors de la Convention sur l'Europe, de savoir s'il fallait protéger ou non le système social Européen. C'est-à-dire mettre en place des droits de douanes à la sortie de l'espace Schengen, pour compenser la grosse différence des salaires. J'ai tendance à considérer une telle solution comme un ultime recours.
Tout d'abord, il faut rappeler que grâce à la BCE que Nabot-Naparte Ier aime tant, l'Euro a été maintenu à un niveau très haut. Cela nous permet d'importer nos produits de l'étranger pour beaucoup moins cher : pensez que sans la politique rigoureuse de la BCE, vous paeriez votre essence 40% plus cher! En conservant notre monnaie forte, nous perdons des chances d'exporter, certes, mais nous pouvons continuer à consommer. Ensuite, il faut tout simplement rappeler que pas mal de pays européens s'en sortent très bien malgré les différences internationales de salaires. Il suffit d'adopter une nouvelle forme de souplesse dans l'emploi, par exemple, ou une nouvelle répartition de la redistribution étatique.
La question du protectionnisme européen reste posée. Je pense que si cette idée aboutit sur un projet concret, il faudra en manier la dose avec rigueur et prudence. Le protectionnisme souvent, se retourne vite contre son auteur. Mais une chose est certaine. Si nous voulons augmenter la qualité environnementale de notre système économique et conserver un modèle social solidaire alors que nous n'avons pas l'élan pour cela, nous devrons y recourir. Hélas.

J'ai volontairement choisi de ne pas vous assomer avec d'autres questions plus importantes encore : la question environnementale, par exemple. Je vous laisse le soin d'y réfléchir... tout haut.

Ben

publié dans : Economie communauté : Mouvement Democrate
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Jeudi 19 juin 2008

par Ben

Bonjour à tous,

Je suis sur que la plupart d'entre vous s'attendaient pour aujourd'hui à un nouvel article brillant rédigé d'une main de maître - la mienne, of course - pour vous éclairer sur ce monde obscur qui est le nôtre.

Que nenni!

Il n'en est rien, au grand regret, j'en suis sûr, de vos esprits endoloris par le poids du quotidien et de vos encéphales grillés par un trop plein d'exposition solaire! Car aujourd'hui, je vais vous lire mon courrier.
Avouez que CA c'est de l'évènementiel comme on en fait nulle par ailleurs. Sarkozy est le premier président de la République de l'histoire de ce pays à divorcer en fonction. Chiche : je serai le premier blogueur à lire mon courrier en public!

Alors voilà. Deux lettres.

-------
La première :

"
Monsieur,

Vous avez sollicité, par courrier, un emploi ... (
GNA GNA GNA GNA
)  ... été 2008.
J'ai le regret ... (
GNA GNA GNA GNA GNA
) ... considération distinguée. [Tu parles!]

Le chef des RH,
Danielle Trucmuche
".

------
La seconde :

"
Cher ami,

Vous avez décidé, il y a quelques semaines, de vous engager au sein du Mouvement Démocrate. Je suis aujourd'hui heureux de vous adresser votre carte d'adhérent.

Rejoindre le Mouvement Démocrate, c'est offrir un choix nouveau à notre pays, c'est affirmer une volonté d'indépendance, une autonomie de pensée et d'action. Ce projet que nous portons ne pourra être défini, porté et défendu que par un mouvement politique assuré de lui-même, décidé à résister aux menaces et aux tentations.

Dans un grand pays comme la France, il est d'importance nationale qu'une alternative démocratique soit construite et présentée aux français.

Ce combat n'est pas seulement notre combat, c'est aussi un combat pour le pluralisme en France.

Cet état d'esprit, je veux que nous l'appliquions aussi au sein de notre famille politique : que le débat soit libre, que l'on choisisse ensemble et que l'on soit solidaire des décisions prises.

Ensemble, continuons à construire le premier parti politique du 21è siècle.

Avec ma fidèle amitié

(signature)
François BAYROU
"



==> Aaaaah! ENFIN! Il faut dire que j'ai adhéré au parti le 6 Décembre, en ligne... c'est à dire qu'en y réfléchissant, "il y a quelques semaines", selon Bayrou, signifie... 28 semaines!!!! Un petit peu plus d'une demi-année...

Cela n'empêche pas le moment d'être incroyablement émouvant. Je ne cache pas avoir ressenti quelques picotis sur la nuque en ouvrant mon courrier, cet après-midi! JE SUIS FIER D'ETRE DEMOCRATE (... avec sa carte!). Je suis désolé, chers lecteurs... je n'ai pas résisté à la tentation de vous le dire! C'est la mode, nan, de tout dire?!

Sur ce,

Ben

PS : L'article de demain est déjà prêt : il parle de libéralisme, en relation avec les commentaires de l'article précédent. Ceci dit, j'avoue ne pas aimer publier deux articles le même jour... je préfère vous faire revenir le lendemain, c'est meilleur pour l'audience - fulgurante, vous vous en doutez - de VdG!

publié dans : Politique communauté : Mouvement Democrate
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